J comme j’étais bignole

lakévio119

Sur ma porte, j’ai vissé la plaque ‘PORTINAIA’ comme ça c’est bien clair pour tout le monde: ici est la concierge, c’est ici qu’il faut s’adresser si on veut un renseignement ou faire monter le courrier.

C’est aussi chez moi qu’on vient frapper quand une ampoule est grillée dans un couloir ou quand les enfants du 403 jouent avec l’ascenseur.

Mais généralement, je n’ai pas besoin qu’on vienne me le dire: c’est moi la première qui remarque que la dame du 702 n’est pas sortie pour la promenade du chien ou que les volets de monsieur Cordaro n’ont pas été ouverts. Alors je vais voir s’il y a un problème.

Je connais mon métier et on me respecte. Je surveille les poubelles, je réprimande les contrevenants, je porte les médicaments à la vieille dame qui ne se déplace plus, je préviens les familles en cas de besoin…

La plaque, je sais bien qu’elle ne devrait pas être là.

Soi-disant qu’on n’a pas besoin de concierge, dans ces blocs d’appartements.

***

Mon vieux petit Robert ne connaît pas le mot bignole, qui aurait dû se trouver à la page 165 entre bigleux et bignone mais je fais confiance à Lakévio que je remercie pour le tableau et les consignes:

Quand j’étais bignole: à l’image de l’extraordinaire Renée du roman L’élégance du hérisson, faites le portrait, à la première personne, d’une concierge étonnante.

 

44 commentaires sur « J comme j’étais bignole »

  1. Très beau portrait encore ! Bientôt il va nous falloir béné-voler aux organisateurs de ce monde-ci le statut d’être humain et le droit de vivre ensemble sans être les esclaves de leurs machines à rentabilité maximum !

    P.S. Le mot bignole, j’ai dû le rencontrer soit chez San Antonio, soit chez Léo Malet (Nestor Burma) et je l’ai retenu parce que j’aime bien l’argot de Pantruche !

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  2. Bravo ! Et ce livre, MERVEILLEUX, (ainsi que le film tiré de l’histoire !) je vais aller regarder l’actualité de cette auteure. Merci dame Adrienne, que c’est bon de voir des gens qui ont le souci des autres et qui mettent du cœur dans leur ouvrage. Belle journée à toi. brigitte

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  3. J’avais adoré ce roman, mais j’ai zappé qu’on en a fait un film… Quoique ça me revient, avec Josiane Balasko dans le rôle de la concierge, je crois? Je suppose qu’on le passera bien à la téloche un jour…

    Très beau texte, Adrienne, tu en as vraiment fait une concierge attachante!

    Biz,
    lulu

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  4. J’aime moi aussi les vieux mots d’argot. Ta « gardienne » est aussi attachante que la mienne à qui j’ai voulu rendre hommage. Je frémis à l’idée de son départ. Heureusement qu’il y a encore des braves gens qui se soucient des autres…
    Merci, Adrienne.

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  5. Nous en connaissions une qui savait tout sur les habitants de notre immeuble.
    Hélas, comme elle avait un goût prononcé pour la « romance porno Zola » il se répandait dans le quartier des bruits délicats à assumer par ceux qui en étaient la cible…
    Fort heureusement si elle était indiscrète et « rumoristique » elle était assez honnête et un cerbère efficace.

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  6. Je connaissais ce terme comme argot franchouillard mais jamais je n’ai eu l’idée de le rechercher dans un dictionnaire. Aujourd’hui en recherchant sur internet, je trouve bien « bignole » en tant que concierge en argot mais à ne pas confondre avec la première personne du singulier du présent de l’indicatif du verbe « bignoler ».
    Bonne soirée Adrienne

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  7. Je n’avais jamais entendu ce mot.
    Une belle personne, celle dont tu parles.
    Dans mon quartier, nous nous rendons ce genre de services entre voisins (sans le changement d’ampoules dans le couloir 😉 )

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  8. Quelqu’un qui fait bien son métier, et même plus, comme ta « dame de cœur », c’est si précieux.
    Pas pu commenter tes derniers billets, mais je les ai lus, et j’ai pensé à toi et aux profs de français en lisant une chronique dans La Libre du jour, « Réquiem pour un prof », à propos des nouveaux programmes de français (ou la fin de l’enseignement de la littérature). Je te l’enverrai si cela t’intéresse. Voyons si on les trouve en ligne.

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  9. Dans les villes (et même les campagnes-dortoirs), qui pratiquent le « chacun pour soi », il est précieux d’avoir quelqu’un sur qui compter pour les petites choses (bricoles qui riment avec bignole) qu’on ne peut plus assumer.
    Ta dame en est un exemple.

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  10. De l’argot parisien : Je sais maintenant ce qu’est une bignolle. Merci Walrus

    Et le titre J comme bignole ?? Aussi logique que la terre est bleue comme une orange ?

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  11. Voilà un nouveau mot. Mon tout vieux dictionnaire « portatif » de 1854 ne connaît pas, ni le Larousse. Pourtant en ligne j’ai trouvé. Tu m’as fait penser à la concierge de l’immeuble à appartements à Paris : son portrait tout craché !

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