Adrienne se fait des cheveux

La fin de l’année scolaire, vous savez ce que c’est – ou vous ne le savez pas mais allez l’apprendre 🙂 – c’est avoir des journées si remplies de trucs divers, les prévus et les imprévus, que vous ne réussissez plus à gérer votre quotidien.

Le ménage ne se fait plus, le lave-linge est plein, le frigo est vide, vous vivez de pain et de tomates… et malgré tout ça, vos cheveux continuent de pousser.

Malheureusement, votre coiffeuse n’est ni philosophe, ni disponible. En tout cas pas les deux seules demi-journées où vous pourriez caser le quart d’heure nécessaire à une coupe de cheveux.

Ce qui fait que vous mettrez les pieds en Albionie avec une vraie tête de Beatles 🙂

C’est le nom que le grand-père de l’Adrienne aurait donné, soyez-en sûrs, à la coupe plus que négligée qui lui tombe sur les yeux en ce moment.

Croyez-vous  que ça se remarquera, à un mariage anglais, ce laisser-aller capillaire? Ou le trouvera-t-on continental? so sixties?

A comme archéologie

Des archéologues louvanistes reconstituent les visages d’anciens habitants de Sagalassos

Des archéologues de la KU Leuven ont, en collaboration avec l’université turque de Burdur, reconstitué les visages d’un homme et d’une femme de Sagalassos, cité antique située au sud-ouest de la Turquie. Ces deux humains ont vécu respectivement au début du 3e et entre les 11e et 13e siècles après Jésus-Christ. Sagalassos est l’un des sites antiques les mieux conservés de Turquie. Cette ville fut fondée au 5e siècle avant Jésus-Christ et complètement abandonnée au 11e siècle, à la suite de tremblements de terre, invasions et épidémies de peste. Depuis 1990, des fouilles archéologiques y sont menées sous la direction d’une équipe de la KU Leuven (université catholique de Louvain).

La reconstitution des deux visages a pour but de mieux mettre en images la vie quotidienne à Sagalassos au moment de son apogée, a expliqué le professeur Jeroen Poblome, actuellement à la tête du projet de recherche, lors de la présentation du résultat à la presse ce lundi.

L’homme romain, baptisé Rhodon, était vraisemblablement âgé de plus de 50 ans au moment de son décès et appartenait à la classe moyenne. Les fractures et troubles articulaires repérés sur son corps témoignent d’une vie rude. La femme byzantine, Eirènè, avait 30 à 50 ans lorsqu’elle est morte. Elle a moins souffert de troubles articulaires. Elle a été enterrée de manière plus austère que Rhodon, qui a été retrouvé entouré de cadeaux funéraires.

Pour leur redonner un visage, une équipe de l’université de Burdur a d’abord réalisé un “scan-3D” des crânes. Leurs traits ont ensuite pu être déduits avec une précision de 75%. Pour la couleur de la peau, des yeux et des cheveux, les chercheurs se sont basés sur les caractères dominants de la population actuelle de la région. Des sources historiques ont été mobilisées pour la coiffure et la coupe de la barbe.

Les deux visages sont à découvrir dans la bibliothèque de la KU Leuven jusqu’au 25 juin. Ils retourneront ensuite sur leur terre natale pour une grande exposition sur Sagalassos qui se tiendra à Istanbul cet automne puis au musée de Burdur.

 

source: ici – hier l’Adrienne a pris le train pour Louvain, c’est pourquoi elle confie au journal le soin de rédiger son billet de ce dimanche, surtout que l’ordi ne veut pas télécharger les photos qu’elle a prises elle-même 🙂

Tous les billets sur le voyage d’août 2016 à Sagalassos sont ici 🙂

Adrienne aime…

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… les beaux carrelages anciens 🙂

Celui-ci appartient à une ancienne élève qui a merveilleusement bien rénové un ancien magasin du centre ville. L’Adrienne y a emmené Monsieur Neveu – vu que, comme vous le savez déjà, il a un faible pour l’élégance masculine 😉

Elle a ainsi pu faire d’une pierre deux coups:

– Tu permets que je prenne une photo de ton carrelage? a-t-elle demandé à A* pendant que Monsieur Neveu faisait ses essayages.

– Prenez toutes les photos que vous voulez! a répondu A*, institutrice reconvertie dans la mode pour hommes..

A comme Atomium

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Quand samedi soir Walrus et son épouse ont su que l’Adrienne, pourtant fan de l’Atomium au point d’en avoir fait son avatar, ne l’avait jamais visité ni même vu de tout près, ils ont fait un détour et permis une halte photo dont voici le résultat.

La photo n’est pas de telle qualité mais l’Adrienne s’en f…, elle a vu le machin authentique briller de mille feux et elle est toute contente 🙂

Mille feux de gratitude en son cœur aussi!

A comme Asphodèle (ter)

agriculture barn clouds countryside

C’est muni d’un léger sac de voyage que Muanza est parti pour le pays des moulins à vent et des tulipes.

Après les nids-de-poule et la folie de la circulation autour d’Anvers, la route continue tout droit, entre les champs de blé en herbe, parsemés de fleurettes jaunes indiquant que l’année d’avant on y a cultivé du colza.

Dans la voiture, chacun veille à alimenter la conversation et essaie de voir un peu de beauté dans le paysage.

A Breda, c’est sans malice que Muanza leur promet, en leur serrant la main, qu’il leur écrira bientôt. Aura-t-il seulement un timbre, du papier et un stylo, se demande Marie, et connaît-il notre adresse par cœur?

Puis ils se quittent très vite, les émotions à fleur de peau. Pas question de montrer qu’on essuie une larme et qu’on a dans la gorge comme un goût de sel et de sable, qui rend la voix toute bizarre. Alors on se tait.

Tout a déjà été dit.

***

Photo de Pixabay sur Pexels.com

écrit pour les Plumes d’Asphodèle, reprises par Emilie Berd, avec les mots imposés suivants: SAC – MOULIN – BEAUTÉ – POULE – FOLIE – VEILLER – MALICE – ESSUYER – SEL – SABLE – BLÉ – PAPIER – PARSEMER – PEAU

A comme Asphodèle

trevarez

C’était l’époque d’avant le portable et l’abonnement internet: Pierre et Marie rentrent de leur voyage en Bretagne sans affoler le compteur, en musardant. Ils ont pris le temps d’admirer l’envers et l’endroit du décor, les tarabiscots et les moulures, toutes les folies architecturales roses et noires de Trévarez, jusqu’au tréfonds du Finistère où des fantômes en nuisette hantent les greniers.

Chaque pays a ses traditions et ses arcanes, n’est-ce pas 🙂

Ils font confiance à Muanza et ne s’inquiètent pas de l’état dans lequel ils retrouveront la maison, les chats, le jardin. Il y aura des fèves, des haricots, des petits pois à cueillir, bien sûr, mais Muanza aura probablement tondu la pelouse. C’est déjà ça.

– C’était bien, la Bretagne, dit Pierre en s’engageant sur la dernière bretelle d’autoroute. On y a bien mangé. On ne s’est pas fait arnaquer sur le prix des vins… et l’autoroute est gratuite!

– Je me demande ce qu’aura fait Muanza, pendant tout ce temps…

Pierre rigole:

– Tu verras qu’il sera installé devant le cent trente-sixième épisode de McGyver. C’est son heure.

***
Il n’y avait plus eu de jeu chez Asphodèle ni ici depuis le 2 août 2014, auquel ce texte fait suite.

Merci à Emilie d’avoir repris le flambeau!

Les mots imposés étaient NUISETTETRADITIONTRENTE-SIXIÈME – FÈVE – NOIR – TRÉFONDS – ENVERS – TARABISCOTBRETELLEMUSARDERABONNEMENTARCANEAFFOLERARNAQUER

La photo ci-dessus est de Yann Gwilhoù et représente le château de Trévarez — https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=28299107

Adrienne s’amuse avec François Bon

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proposition 1, des images mentales (à partir de Henri Michaux, en rêvant à partir de peintures énigmatiques – écrire trois paragraphes https://youtu.be/fCcC1WQRqag

Couchée sur le plancher, elle regarde le plafond. Tout blanc, avec des ombres ici et là, dues aux inégalités de la couche de plâtre et aux petites aspérités.

Elle fixe toujours le point central, où il y a un trou de forme irrégulière, véritable cheminée vers le grenier, par où s’échappe la chaleur du radiateur ouvert au maximum.

Dans la salle de bains, on ne risque pas l’étouffement. En plus de ce trou dans le plafond, où pendouille un fil électrique avec une ampoule à 40 watts, il y a presque deux centimètres d’espace sous la porte, qui tremble à grands bruits dans ses gonds à chaque passage de camions. Et il en passe beaucoup.

proposition 2, écriture avec écrivain (à partir des Rêves de rêves d’Antonio Tabucchi) – écrire un paragraphe https://youtu.be/iMoSkiH3XzI

Couchée sur le dos, elle se demande chaque fois si les nuages dans la peinture blanche sont dus à son manque de talent de peintre, à une mauvaise préparation du support, comme disent les fiches de bricolage vantant un primer plus coûteux que la plus luxueuse des peintures, ou aux jeux de lumière à travers les motifs des rideaux. Et comme il lui est impossible de ne faire qu’une chose à la fois, tout en examinant le trou, l’ampoule, la peinture blanche, les ombres et la lumière, elle compte seize fois jusqu’à vingt en se brossant consciencieusement les dents sous toutes les faces et donne de grands coups de pédales en l’air parce que la kiné le lui a conseillé pour muscler le ventre et le dos.

proposition 3, quand Kafka s’amuse (renversements et variations sur un thème, dans le Prométhée de Kafka) – énumérer quatre possibilités https://youtu.be/EUIAOzgLC9A

Couchée sur le plancher de la salle de bains, elle se dit qu’elle pourrait faire venir un homme de l’art, il arrangerait ce trou, placerait une jolie lampe, par exemple celle qu’elle a achetée dans ce but, voilà plus de cinq ans déjà. Elle pourrait demander à un menuisier de réparer le parquet et les faux plafonds, là où l’électricien a fait des dégâts. Elle pourrait rappeler à Monsieur l’Entrepreneur qu’il lui a promis une armoire encastrée à côté du lave-vaisselle, encore un trou à combler, c’est fou le nombre de trous qui ont été faits dans cette maison sous prétexte de la mettre aux normes et d’isoler ce qui pouvait l’être. Un trou dans une des plaques de faux marbre, un coin brisé et perdu dans la plinthe en céramique bleue, le trou des cheminées qui ne servent plus et tant de petits trous dans le carrelage. Elle pourrait mais ne fera rien, elle est la reine de l’inertie.