I comme Isère, misère!

Béline a gardé la doudoune et le duvet. Elle a horreur d’avoir froid et ce matin, avec le temps qu’il fait, elle aurait préféré rester près du feu.

Et elle a dû quitter la maison si tôt qu’elle a à peine eu le temps de déjeuner, alors évidemment elle a des vertiges et en route elle a dix fois frôlé la catastrophe. Elle espère qu’elle ne devra pas prendre ces risques chaque matin, dorénavant!

Mais voilà son copain Panurge qui arrive dans la cour! Elle s’empresse d’aller froufrouter de son côté, du sirop plein la voix en s’adressant à lui, comme dans un film d’amour qu’elle a vu l’autre soir.

Et lui, le pauvre, dans un vieux réflexe machiste, se dit « J’emballe, j’emballe sec! Cette nana, elle est à moi, je le sens, ça va marcher comme sur des roulettes! »

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Ecrit pour Les Plumes d’Asphodèle chez Emilie avec les mots imposés suivants: DUVETHORREUR – AIMER – TEMPS – FEU – FROUFROUTER – VERTIGE – SIROP – FROID – FRÔLER – FILM – ROULETTE – RISQUE – RÉFLEXE

Emilie a rajouté six mots à la collecte.  On pouvait laisser de côté les trois derniers (ci-dessus en italiques). Mais j’ai fait la totale 🙂 

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On a parlé de l’Isère dans nos quotidiens de Flandre, pour cette affaire du plus haut comique…

Voir les articles en français ici et ici, deux exemples parmi des tas d’autres.

J’ai surtout aimé les prénoms des élèves à quatre pattes, j’espère qu’il y avait parmi eux une Béline, en hommage à Molière 🙂

I comme inspiration chez Lali

NOVOSSADIOUK (Sviatoslav)

Cher Journal,

Tu verrais comme je suis mal installée, ici, chez l’oncle Bertrand!

Tout dans cette maison est mal arrangé.

A commencer par le secrétaire sur lequel je t’écris et qui est placé de telle sorte que ma main fait de l’ombre sur le papier.

Tout, absolument tout ici est agencé pour des gauchers.

Ma pauvre chère maman avait bien raison: c’est la maison du diable.

Ta Blandine

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Tableau de Sviatoslav Novossadiouk et consignes en vos mots chez Lali, que je remercie.

I comme inspiration chez Lakévio

Fanny Nushka Moreaux contemporary French artist

Au moment où ils sont entrés dans le parc, la jeune femme qui était assise sur un banc s’est levée, serrant une pochette rouge vif contre sa cuisse et tenant un gobelet de café dans sa main soigneusement manucurée.

Instinctivement, Isabelle sentait qu’Aymeric avait les yeux sur cette fine silhouette, alors elle a lancé un peu vite, un peu aigrement:

– Tu l’as vue, celle-là! en décolleté plongeant et en mini-short à Bruxelles au mois de mars! Elle s’est trompée de quartier!

– C’est justement pour que je puisse te la présenter qu’elle est là. C’est ma sœur.

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Une silhouette dans la rue qui attire votre œil, dit Lakévio à propos de cette toile de Fanny Nushka-Moreaux, Une journée ensoleillée (2014). On ne distingue pas encore les traits mais on y projette toujours quelque chose.

I comme influence

 

jacqueline Gnott- keys

Ce n’était que fort tardivement que sœur Marie de la Miséricorde avait senti la vocation. Il avait fallu d’abord qu’elle perde l’éclat de sa jeunesse et que l’ergot du seigle ravage sa famille. Mais elle y a vu l’influence divine et c’est tout naturellement qu’elle s’est dirigée vers le couvent où sa tenue correcte et son assiduité aux offices l’ont très vite fait accepter.

La plupart du temps, sœur Marie de la Miséricorde est à l’atelier des brodeuses. Elle coud au petit point de précieuses dentelles aux bordures de velours grenat pour Monseigneur l’évêque pendant que d’autres, plus habiles, brodent des symphonies de couleurs, de fleurs et d’oiseaux sur les ornements liturgiques.

Cette vie lui plaît, la douceur des jours qui s’écoulent a un effet lénifiant et le corps comme le cœur y trouvent leur compte. Sœur Marie de la Miséricorde ne reçoit jamais de visite et elle en est bien contente. Le passé est le passé, qu’il reste enfoui à jamais.

Elle en est là de ses pensées quand une main posée sur son épaule et une voix qui chuchote à son oreille viennent fracasser cette belle sérénité:

– Sœur Marie de la Miséricorde, quelqu’un vous attend au parloir…

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Aquarelle de Jacqueline Gnott et consignes chez Lakévio, que je remercie: dix mots à caser, histoire de trouver des serrures à ces clés: tardivement – symphonie – éclat – bordure – ergot – influence – grenat – correct – fracasser – parloir

 

I comme inspiration chez Lali

lali 607

Marjorie court aussi vite qu’elle peut, tenant solidement son parapluie à deux mains. Elle aurait dû écouter la météo, elle se sentirait moins ridicule à galoper sur ses bottes à hauts talons, tout juste bonnes pour la parade.

Dans cet ouragan de neige, François n’a pas assez de ses deux mains pour tenir son parapluie (inefficace), sa mallette et son écharpe qui s’envole.

Derrière lui, Jean court à toutes jambes, le cou enfoncé dans les épaules, le manteau au vent. Voilà bien trois ans qu’on n’avait plus eu de bourrasque pareille.

André a attaché son vélo à un poteau, abandonnant la lutte: il préfère encore rentrer à pied, il viendra le reprendre plus tard, quand la route sera déblayée.

En polo rayé à manches courtes, pantalon flottant en toile grise, son petit feutre mou vissé sur le crâne, Romain se balade tranquillement. Une main en poche. Il lit sous le blizzard. Sous ses pas, la neige fond.

Le soir, il a sa mère au téléphone:

– Alors, mon chéri, comment ça s’est passé, cette publicité pour Damart?

consigne et source de l’image chez Lali.

I comme inspiration chez Lali

lali608

Je ne suis pas dupe. Elle fait semblant de lire. Elle ne tourne pas les pages. Elle a ce sourire niais comme chaque fois que cet autre est là. Je l’ai à l’œil, celui-là.

Je ne l’aime pas. Je n’aime pas ce machin qu’il installe au milieu de la pièce, à gauche de la fenêtre. Ma place préférée, quand il y a du soleil.

Je n’aime pas tous ces trucs qu’il sort de son sac, ces tubes, ces pinceaux. Ça pue.

Je n’aime pas qu’il reste là des heures à la regarder faire semblant de lire avec ce sourire bête vissé sur son visage. Ça va mal finir, cette histoire.

Je darde sur lui le feu jaune de mon œil unique. Je sais qu’il a peur de moi.

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tableau et consignes chez Lali, que je remercie.

I comme idée et inspiration

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Je vous ai déjà parlé de ces commentaires indésirables qui, pour une raison que j’ignore, s’attachent en particulier à un billet sur Hubert Haddad.

Peut-être ici un début d’explication 🙂

What you said made a bunch of sense. But, consider this, what if you were to create a awesome headline? I ain’t saying your information isn’t good., but suppose you added a title that grabbed a person’s attention? I mean H comme Hubert Haddad – Adrienne is a little vanilla.
You might peek at Yahoo’s home page and see how they create news headlines to get people interested.
You might add a related video or a picture or two to grab readers excited about everything’ve got to say.

Ce qui permet d’apprendre une nouvelle expression, it is a little vanilla… expression qui n’est pas dans mon Cambridge en ligne ni dans mon Van Daele.

Et en même temps une belle illustration du spice up your English!

Ah! les joies d’internet 🙂

en photo, des pâtisseries bruxelloises qui montrent bien que je ne suis pas vanilla, mais plutôt dark chocolate ou raspberry 🙂