I comme incroyable!

C’est tout de même incroyable, se dit l’Adrienne en traversant la place du marché de la ville voisine, incroyable par les temps qui courent, pandémie et écologie, tant de raisons pour repenser sérieusement certaines choses…

En ce lundi midi, on était en train de démonter la grande patinoire qui avait été installée pour la période des fêtes.

Or pendant toute cette période, il a fait exceptionnellement doux, des températures record jamais notées, allant jusqu’à 15°C.
Et là, maintenant qu’on démonte, il gèle.

Puis l’Adrienne a repris sa petite auto pour rentrer chez elle.
Mais à la sortie de la ville voisine, paf! grand contrôle de police!

Avez-vous ceci et montrez-moi cela, et puis ce papier-là aussi! Bon, soufflez là-dedans… non! plus fort!

Vous connaissez le scénario.

Mais l’Adrienne, ah! l’Adrienne avait oublié à la maison son portefeuille avec son permis de conduire.

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photo prise à une expo à Bruxelles en septembre 2019

I comme intime

Agriculture | Pierre Rabhi, le respect de la Terre
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Ni pendant son enfance, ni à l’adolescence, jamais mini-Adrienne n’a tenu de journal intime.

Par contre elle a écrit plusieurs romans (LOL).

Et pendant les vacances en famille, elle tenait un journal fort complet sur le séjour: l’itinéraire détaillé avec les kilométriques et l’horaire, les visites culturelles, les repas avec tout le menu, les occupations des journées, que ce soit la baignade en rivière ou les courses au super U, et quelques considérations propres à l’âge de la chroniqueuse.

Chaque été, un cahier.

Une écriture qu’elle croyait appartenir au domaine de l’intime jusqu’au jour où elle a découvert son cahier entre les mains paternelles: le choc!

Par bonheur, elle ne disait jamais que du bien de lui, aucun mal de sa mère, aucune plainte concernant le petit frère.

Ce n’était donc pas non plus un journal intime 😉

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Mais elle y parle chaque année du monsieur de la photo ci-dessus que le père a parfois fait poser, au marché, derrière l’étal de fromages de chèvres.

Tellement la famille était fan 🙂

Malheureusement c’est dans les albums de la mère, à 850 km d’ici.

Sans quoi vous auriez pu voir qu’à l’époque, il portait des chemises blanches 🙂

I comme Isabelle

Ne demandez pas à l’Adrienne pourquoi mercredi matin en allant en ville elle avait précisément ce refrain-là aux lèvres.
Pensait-elle à son père, dont c’était la chanteuse préférée, ou était-elle simplement heureuse de ce matin froid et bleu, rouge et or?
Les voies musicales sont impénétrables 😉

I comme Indonésie

100ème devoir de Lakevio du Goût

devoir de Lakevio du Goût_100.jpg

Une jeune femme court sous la « drache«  et on pense d’abord chansons, Singing in the rain, Un petit coin de paradis contre un coin de parapluie, Toute la pluie tombe sur moi

Puis on se demande ce qui alimente les conversations chez le coiffeur ou le boulanger, dans les pays où le soleil brille toujours.

Pour finalement en venir à tous ces clichés qui ont la vie dure.
Pluvieuse, la Bretagne?
Voyez les statistiques en bas de ce billet: la ville française qui reçoit le plus de jours de pluie sur l’année, c’est Pontarlier: 134 jours.
Pluvieuse, la Belgique? 131 jours de pluie à Malmedy – ce qui confirme la sentence de belle-maman: à Ostende il ne pleut pas, le vent emporte les nuages à l’intérieur du pays 😉

Bref, pour ceux que le climat intéresse, voyez tous les graphiques par continent ou subcontinent ici.

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., Budget Direct
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Merci à Monsieur le Goût pour le tableau et la consigne:

Mais où va-t-elle ? Pourquoi ? N’aurait-elle pas pu choisir un autre moment ? Mais pourquoi diable semble-t-elle si pressée ? D’ici lundi vous aurez sans doute eu une idée. Et peut-être en aurais-je eu une…

., Budget Direct
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I comme irréductible

6802

Le petit enfant de Flandre joue aux cartes sur les genoux de son arrière-grand-père, inlassablement, pendant des heures, « broek af ». Aucune difficulté, on dépose ses cartes, une à une, la plus élevée l’emporte jusqu’à ce que l’un des deux joueurs n’ait plus rien en main. Pas besoin de stratégies, seul le hasard détermine qui l’emportera. Le petit enfant n’a que cinq ans et ne se rend pas tout de suite compte que tous ses efforts ne serviront à rien : parfois il gagnera, parfois il perdra.

Le grand-père est le roi de la manille mais jamais l’enfant n’a eu l’idée de lui demander comment ça se joue.

Grand-mère fait des « patiences » et ça semble bien plus amusant, même si parfois elle grommelle que « c’est mal parti » ou que « ça ne sent pas bon ».

Le père refuse de jouer aux cartes : il connaît toutes les règles mais préfère regarder jouer les autres. Il leur donne des points mentalement. Il sait qui est fort, qui a commis des erreurs, « de beste stuurlui staan aan wal », c’est depuis le rivage qu’on voit le mieux les écueils sur la route des bateaux.

L’enfant devenu grand a décidé de faire comme le père : inutile de le prier ou de le supplier de faire le quatrième, non ! les cartes, il n’y touche pas !

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écrit pour le défi du samedi 680 où Walrus – merci à lui – proposait le mot whist.

I comme inventeur

– Plus tard, dit petit Léon, quand je serai grand, je vais inventer la machine à remonter le temps.

– C’est une très bonne idée, fait Madame.

– Comme ça, vous pourrez voir Mozart!

– Super! dit Madame.

Puis il ajoute:

– Et revoir votre papa.

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Il commence à drôlement bien me connaître, cet enfant.

I comme ils

Parmi les nombreuses choses qui agacent Madame de B***, il y a ces petites phrases qui commencent par « Ils » et se poursuivent souvent au conditionnel.

Le degré d’agacement dépend bien sûr de la personne qui émet l’opinion et du thème choisi.

Ainsi, tout en bas de l’échelle de l’agacement, se trouvent ses deux fils, qui ne manquent jamais de savoir mieux que les entraîneurs quel Diable rouge il aurait fallu sélectionner et à quel endroit du terrain il aurait fallu le mettre.

Ils ne semblent pas se rendre compte qu’ils sont un peu ridicules, surtout qu’ils ne s’avisent des changements nécessaires qu’après que le match a été joué.
Alors elle se contente de hausser les épaules et d’avoir un sourire indulgent.

Depuis un an maintenant, elle s’agace beaucoup de tous ces experts autoproclamés, comme sa voisine Nadine, qui sont plus fûtés que les scientifiques et n’arrêtent pas de dire qu' »ils feraient mieux de… »

Jusqu’à présent, elle a réussi à se retenir de rétorquer « vous feriez mieux de vous taire. »

Ses petits-enfants n’échappent pas à la règle générale, que ce soit dans le domaine de l’écologie, de la discrimination, du féminisme, de la justice…
Sauf que là, elle intervient chaque fois d’un « qui sont ces Ils? »

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Texte écrit en réponse à la question 17: Ils vont vraiment les abattre?

Photo d’une ancienne fabrique de ma rue – avec cheminée d’usine et parc aux grands arbres – le tout abattu pour y construire des appartements. Photo prise à la sauvette un matin d’hiver en allant à l’école.

I comme imagination

Si vous pensiez comme l’Adrienne qu’on avait touché le fond le jour où on a décrété qu’il fallait avoir la peau de la même couleur que celle de l’auteur qu’on se propose de traduire, évidemment vous vous trompiez.

Excès d’optimisme, disons.

Dans les semaines qui ont suivi, d’autres voix se sont mêlées au débat.
Pour l’élargir, oui oui 😉

Par exemple, pour jouer le rôle du homo dans un film, il faut veiller à ce que l’acteur soit homo.
On ne parle pas du cas inverse, vu qu’alors de nombreux acteurs se retrouveraient sans boulot.
Ni bien sûr de toutes les autres questions que ça soulève.

Mais la palme – si on peut dire – vient d’être remportée par la branche américaine du vénérable Pen International.
Vous savez, cette institution qui garantissait le droit à l’imagination en littérature?

« We defend the imagination and believe it to be as free as dreams« , nous prenons la défense de l’imagination et croyons qu’elle est libre comme le rêve, « We believe the imagination accesses all human experience, and reject restrictions of time, place, or origin« , nous croyons que l’imagination peut accéder à toutes les expériences humaines et nous rejetons des restrictions de temps, de lieu ou d’origine.

Et c’est là, Mesdames et Messieurs, que les plus woke de la branche américaine ont trouvé à redire.

Bref, allez voir ici si ça vous intéresse: d’un petit bond allègre on passe d’imagination à mensonge puis de mensonge à racisme-sexisme-fascisme.

C’est absolument fascinant de perversité.