7 paires?

A l’expo au Musée de la Tapisserie, à Tournai, l’Adrienne s’est arrêtée un moment devant cette œuvre ‘Sans titre‘ dont elle ne savait que penser.

Des petits carrés blancs épinglés sur fond blanc, sont tricotés ou crochetés ou simplement « déchiquetés » dans du tissu, et portent chacun une nominette (comment appelle-t-on ça en France?) avec un verbe pronominal.

On constate qu’il s’agit souvent des mêmes verbes qui reviennent.
On s’interroge sur le sens de tout ça.
On commence à assembler les verbes deux à deux, jusqu’à former sept couples: se tendre/se détendre, se salir/se laver, s’user/se réparer, se couvrir/se découvrir… mais on doute que ce soit la bonne explication du sens de l’œuvre.

On consulte la brochure reçue à l’entrée.
On y explique que ces verbes « renvoient à l’individu » et que l’œuvre « interpelle et pose une réflexion sur l’être et le devenir. »

Ça rappelle une discussion qu’on avait eue avec un voisin artiste très reconnu en Flandre, dont la conclusion était: si moi – artiste – je décrète qu’une chose est de l’art, alors c’est de l’art.

Point barre.

21 commentaires sur « 7 paires? »

    1. ça m’a rappelé les petits échantillons qu’on faisait avant de commencer un tricot, pour vérifier quel nombre de mailles serait nécessaire, vu qu’on n’utilisait jamais la laine préconisée dans les explications du modèle 😉

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  1. Ce qui m’énerve là-dedans, c’est qu’on veut toujours nous expliquer ce que nous devrions comprendre ou ressentir. Pour moi si ça ne m’émeut pas, c’est sans intérêt. Toutes les explications du monde n’y changeront rien.

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  2. C’est aussi ce que nous expliquait le professeur d’histoire de l’art à l’Université : est art tout ce qu’un créateur décide que ce l’est. Le champ est large…

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      1. Là c’est peut-être la démarche inverse : c’est nous qui disons que tous ces maîtres du passé sont des artistes, eux se considéraient sans doute plutôt comme des artisans accomplis.

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  3. C’est de l’art pour l’artiste – il crée, il fait de l’art », il expose – et forcément pour le spectateur, le visiteur, s’il va à sa rencontre et s’interroge – quelle que soit son appréciation.
    En général, j’aime bien quand on invite les mots dans une œuvre d’art. As-tu vu une corrélation entre la variété des points de tapisserie et le sens des verbes ? On dirait que ceux-ci se rapportent tous au devenir d’un tissu : s’éclaircir, se couper, s’user…

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    1. non, on peut trouver le même verbe sur différents « échantillons », c’est la première chose que j’ai vérifiée sur place 😉
      et oui, les verbes ont un rapport avec le tissu, le vêtement, mais selon la brochure ils « renvoient à l’individu »

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    1. oui, en effet, et le plus drôle de l’histoire c’est que tout en voulant se moquer du marché de l’art, on entre dans le jeu qu’on veut critiquer et l’œuvre atteint une valeur marchande incroyable…

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    1. Attention, tu sautes une étape ! L’artiste peut déclarer qu’il a fait de l’art, mais ça ne veut pas dire que n’importe quel quidam peut se déclarer artiste 🙂

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  4. Tout ceci est très amusant : pour moi c’est « j’aime », ou « je n’aime pas » quand l’oeuvre ne me parle pas.
    Comme qui disait : les goûts et les couleurs sont comme les coups et les douleurs ». La tapisserie que tu nous montre n’en est pas une à mon sens : la première syllabe à éliminer….

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