I comme i

Mettre les points sur les i, se dit l’Adrienne, de puntjes op de i zetten, mais on n’en met que sur le i minuscule, comment ça se fait?

Tout à fait le genre de questions pour lesquelles Madame pouvait toujours compter sur un élève par classe – l’indispensable élève aux questions qui permettent à tout le monde de respirer un coup.

Et en même temps garantissent 100 % d’attention 😉

– D’où ça vient, cette cédille sous le c? a demandé un jour un de ces précieux élèves questionneurs.

Mais jamais aucun ne s’est inquiété de l’absence de point sur le i majuscule.

Jusqu’à hier soir, que tout à coup l’Adrienne se le demandait.

Alors bien sûr elle a cherché, il n’y a rien de plus ennuyeux que des questions sans réponse 😉

La question a fait l’objet d’une étude de Pierre-Michel Bertrand, Le point du i. Précis d’érudition pointilleuse.

On peut écouter l’interview ici, la réponse y est donnée.

Sinon, bien sûr, il reste wikisaitout.

Source de l’illustration ici.

29 commentaires sur « I comme i »

  1. Le gothique ! Comment n’y ai-je pas pensé ! Quand j’étais dans le secondaire, mes condisciples qui étaient dans l’option commerce étudiaient l’allemand ou l’espagnol et les pauvres qui choisissaient l’allemand avaient encore des pages en gothique et je me demandais bien comment ils s’y retrouvaient dans le cursif où ils étaient confrontés à des accordéons de traits obliques liés à des verticaux…

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  2. Et le y muni de deux points mais qui reste un y, vous connaissez?
    C’est un de mes anciens élèves, Léopold le Hardÿ de Beaulieu, qui m’en avait parlé.
    Avant lui, je n’y avais jamais fait attention. Pourtant, à l’époque, Etienne de Callataÿ était déjà un économiste célèbre.

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    1. Je ne le connais que dans le nom de Callatay et ça me fait penser à une discussion vue hier, d’un couple qui veut donner un nom occitan à son bébé mais l’administration française refuse l’accent sur le u (dans Artus)

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  3. Je me rappelle qu’il ne fallait surtout pas mettre de point sur le « iota », sinon paf ! Une faute.
    Je n’aurais jamais pensé que c’était lié à l’alphabet gothique.
    En revanche, je me suis demandé plus tard si ça n’avait pas un rapport avec le « point baladeur » qui va sur le « vav » hébraïque.
    Ce point qui donne au « vav » le son « ou » s’il est sur le côté, le son « i » s’il est placé au dessous (!) et le son « O » s’il est au dessus.
    Bon, le son « Vé » s’il n’y a pas ce « nikoud ».
    Merci pour ces lumières, Adrienne.
    Tu viens de faire naître 10.000 questions nouvelles dans le souk qu’est ma cervelle…

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    1. j’ai vu une illustration des lettres utilisées par Gutenberg, sur le i il n’y a pas encore le point mais une petite barre horizontale.
      J’aime le souk dans ma tête et avec les élèves après la lecture du bon bramin de Voltaire chacun arrivait à cette conclusion, de préférer le souk dans sa propre tête 😉
      « Tout le monde fut de mon avis, et cependant je ne trouvai personne qui voulût accepter le marché de devenir imbécile pour devenir content. De là je conclus que, si nous faisons cas du bonheur, nous faisons encore plus de cas de la raison. »

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  4. ARTICLE très intéressant !
    Il a suffi d’un point sur le i
    [POINT sur le I]
    pour dérIver sur le jambage
    avec un point sur le J
    pour que j’y souscrIve !
    Signe ou poInt di-a-cri-tique !

    J’aIme et j’adooore !
    Mille MERCIIIiiis !

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  5. J’imaginais justement hier une séance d’atelier d’écriture où l’on serait obligé·e :
    – d’utiliser un maximum de mot contenant un c cédille
    – de lire ensuite son texte sans tenir compte de ce c cédille.

    Vous voulez un apercu de la lecon ?

    OK, je sors mais je suis sûr que si je le fais on va bien s’amuser ! !

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  6. Incroyable ! J’adore les questions « minuscules », j’adore apprendre et oublier immédiatement, ce petit point du temps entre les deux moments est enchanteur. J’ignorais l’exception d’Istanbul, mais mon clavier ne veut rien savoir de cette particularité, un point c’est tout… Lumineuse journée d’érudition dame Adrienne. brigitte

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    1. mes élèves n’étaient pas des enfants donc en principe moins enclins à poser des questions (c’est une habitude qui se perd à l’adolescence ;-)) c’est pourquoi je prenais toutes les questions au sérieux, ça encourage à les poser 😉

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  7. Quand j’ai découvert l’alphabet cyrillique, je me suis aperçu qu’en version cursive le T cyrillique devenait m, et que le Delta (D) cyrillique s’écrivait g, j’ai eu un moment de flottement…

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