F comme foin

« J’ai toujours pensé que la beauté du monde était destinée à nous faire oublier la brièveté tragique de nos vies. […] Par exemple en nous livrant en brefs éclairs ces promesses d’éternité qui jaillissent d’un miroitement de feuilles de trembles dans le soleil, d’un tapis de coquelicots ondulant dans le velours des blés, d’une épaule de forêt appuyée contre le bleu du ciel, ou de la danse des flocons de neige papillonnant dans la nuit. […]

[Le] parfum de foin coupé m’a toujours bouleversé, et j’ai fait en sorte de ne jamais m’en éloigner, car c’est pour moi le vrai parfum du bonheur. »

Voilà, s’écrie joyeusement l’Adrienne, Christian Signol et moi, nous avons un point commun 🙂

Christian Signol, Les vrais bonheurs, Albin Michel, 2005, p.11 à 17

Info et illustration ci-dessus sur le site de l’éditeur ici.

F comme Freÿr

Ce que l’Adrienne a vu de plus beau pendant ces cinq jours en bord de Meuse dinantaise, c’est le château et les jardins de Freÿr.

La preuve, c’est là qu’elle s’est complètement laissé aller avec l’appareil photo, alors que généralement elle fait comme à l’époque des rouleaux de films kodak: cliquer à bon escient pour ne pas gâcher de pellicule, même si on est passé à l’ère du numérique 😉

Tout est beau, à Freÿr, à commencer par son environnement en bord de Meuse et la route qui y mène, le long de forêts et de falaises.
La magnifique allée d’arbres, la drève du château, et le château lui-même, au dedans comme au dehors.

Un joli belvédère.
Les splendides jardins et une remarquable collection de citronniers pluri-centenaires.
Deux belles orangeries.

Bref, vous avez compris 🙂

photos prises à Freÿr le 30 juillet dernier

F comme futur proche

– Tu as passé une bonne semaine? demande Madame à Fleur.

C’est la quatrième fois que, de vendredi en vendredi, Fleur vient combler quelques lacunes dans ses connaissances du français.

Chaque fois Madame lui conseille de faire un planning pour ses révisions et d’y intercaler un peu de FLE.
A commencer par du vocabulaire et des conjugaisons.

Chaque fois Fleur répond qu’elle va le faire mais que d’abord elle doit encore s’occuper d’autres cours.

– Je comprends, dit Madame, mais essaie… Un quart d’heure ici ou là, c’est peut-être possible? Et c’est plus rentable que plusieurs heures d’affilée.
– Je vais essayer, dit Fleur, et Madame voit, entend, comprend qu’au bout de la semaine, elles en seront toujours au même point: dans le futur proche.

F comme Flirt Flamand

Les activités en intérieur sont encore interdites, sécurité sanitaire oblige? Qu’à cela ne tienne, la Foire du Livre de Bruxelles sera virtuelle.

Pas de longue queue donc pour la dame au chapeau (noir) qui lui sert d’armure – et au verre de champagne fétiche, mais rassurez-vous, elle ne partira pas ivre, la flûte pleine se réchauffe doucement sur le coin de la table…

Envol virtuel vers la Suisse, à l’honneur cette année, et une initiative belgo-belge qui, sous des airs légers, veut nous faire prendre conscience de ce qui se passe au niveau culturel chez ceux qui parlent l’autre langue nationale – ou plutôt l’écrivent.

Comment faire éclater cette frontière qui coince lecteurs et écrivains sous leur clocher?

Car comme l’écrit Jeanne Labrune, les rencontres font partie des Choses qui rendent heureuse:

« La mousse sur le café qui sort du percolateur.
Elle ressemble parfois au pelage d’un tigre du Bengale, parfois à l’écume de la mer.
L’amour avec quelqu’un qui ose aimer.
La mousse du savon. L’eau tiède sur la peau.
Le menton d’un homme couché et les lignes droites de son visage.
L’arrivée dans un pays étranger.
Une nuit blanche pendant laquelle on écrit.
La première neige qui tombe à gros flocons et le dernier jour de gel.
Le premier matin froid piquant et le premier matin tiède. »

***

La rencontre entre Amélie et Monsieur Neveu avec photo du chapeau et du champagne, c’est ici.

Écrit pour les Plumes d’Émilie – merci Émilie! – avec les mots imposés suivants: SAVON – CHAMPAGNE – IVRE – éCRIRE – éCLATER – INTéRIEUR – ENVOL – LINGER(E) – LéGER(E) – SéCURITé – COINCER – MOUSSE – AIR – AIGUILLE – ARMURE

F comme file

Photo de cottonbro sur Pexels.com

La presse l’avait annoncé pendant le week-end de Pâques: dès le mardi 6 avril, les Belges de 18 ans et plus pourraient s’inscrire sur une liste d’attente, de sorte que s’il reste quelques doses de vaccin en fin de journée, on puisse les appeler pour leur en donner une.

Que rien ne se perde.

Excellent principe!

D’ailleurs à ce propos l’Adrienne avait eu un échange assez musclé – courtois mais ferme – avec un des responsables politiques de sa ville, un jour qu’il faisait sa pub en vantant l’excellente organisation du centre de vaccination.

Il lui avait alors certifié et juré ses grands dieux qu’aucune dose ne se perdait, qu’en fin de journée elles étaient données aux bénévoles, à la police, aux pompiers…

D’accord, avait dit l’Adrienne, mais quand ceux-là aussi seront tous vaccinés?

Bref, le gouvernement a dû se faire la même réflexion et a fini par installer la fameuse liste d’attente qu’il refusait auparavant.

Vous devinez la suite: mardi, vers dix heures et demie, l’Adrienne se rend sur le site ad hoc pour s’inscrire. Elle y apprend qu’elle est le numéro 261 321 et qu’il y a 183 432 personnes avant elle dans la file d’attente.

Et ça, rien que pour la Flandre!

Le temps d’écrire ce billet, environ une demi-heure, il y avait encore 177 201 personnes dans la queue.

Si ça vous amuse, vous pouvez calculer le nombre d’heures qu’il faudra avant qu’elle reçoive ses dix minutes pour s’inscrire sur la liste 🙂

***

ajout de ce midi, une belle illustration signée Kroll:

F comme femmes

71ème devoir de Lakevio du Goût.

devoir de Lakevio du Goût_71.jpg

C’est bien ma veine!

Juste le week-end de Pentecôte, qu’on est quatre jours à la mer, qu’il fait beau, et tout et tout!

Paf!

Moi qui aime tant me laisser porter par les vagues… jouer avec elles comme quand j’étais une gamine…

Évidemment, j’ai mes règles!

***

Le tableau proposé par Monsieur le Goût pour ce lundi m’a rappelé les histoires de ma grand-mère Adrienne et l’énorme progrès réalisé en deux ou trois générations pour rendre les règles un peu moins inconfortables pour les femmes.

***

Pourquoi cet accoutrement si différent ? Pourquoi est-elle là. Pour se baigner ? Pour s’amuser ? Pour regarder les autres ? Pour autre chose ?
Pourtant elle se distingue de tous. Pourquoi ? Si vous le savez, dites le lundi…

F comme femmes

Est-ce que les femmes doivent être nues pour entrer au Metropolitan Museum ?

Femme séductrice, déesse ou diablesse, elle ne manque pas dans nos musées et notre histoire de l’art, mais comme sujet – non comme artiste – et de préférence nue.

Telle cette Maja desnuda proposée ce lundi par Monsieur le Goût.

Les clichés sexistes sur la place des femmes dans l’art ne manquent pas, tenons-nous-en à celui-ci, qui est de Gustave Moreau et tout à fait représentatif:

« L’intrusion sérieuse de la femme dans l’art serait un désastre sans remèdeQue deviendra-t-on quand des êtres […] aussi dépourvus du véritable don imaginatif viendront apporter leur horrible jugeote artistique avec prétentions justifiées à l’appui ? » source ici.

En France, l’école des beaux-arts est devenue mixte en 1897 mais les femmes n’avaient pas accès aux ateliers ni aux concours. De plus, leurs cours étaient payants alors qu’ils étaient gratuits pour les hommes. Et seuls le portrait, le paysage ou la nature morte leur étaient autorisés.

« Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un homme traitant une femme d’égale à égal, et c’est tout ce que j’aurais demandé. Car je sais que je les vaux. » Berthe Morisot, 1890.

source ici.

Sophie Calle, Le Mari, 1995 (source ici)

F comme far breton

C’est même pas vrai! a crié Madeleine en se retournant. Mais moi je l’avais bien vu, qu’elle dépeçait sa quatrième pâquerette dans l’espoir d’arriver à « il m’aime à la folie » au lieu du « pas du tout » qu’elle obtenait chaque fois.

Bien sûr, les autres ça les faisait drôlement rigoler, surtout Charlotte qui avait un jules depuis trois semaines et rêvait déjà des prénoms de ses futurs bébés.

– Tu veux que je te montre comment tenir le cerf-volant? a demandé son jules.

Mais Madeleine ne lui en a pas laissé l’occasion et faisait de grands gestes des bras et des mains pour qu’on comprenne qu’elle était la championne interceltique du cerf-volant. Nous, on ne regardait que le jules, qu’on trouvait beau comme un acteur de cinéma, avec ses lunettes de soleil.

– On va se baigner? j’ai proposé.

Parce que j’aurais aimé savoir s’il était aussi beau en slip de bain qu’en costume croisé.

***

merci à Joe Krapov qui nous offre généreusement des photos de famille et des gâteaux pour cette consigne. J’ai choisi charlotte, madeleine et far breton 🙂

F comme formidable!

Biobest

C’est hier seulement que l’Adrienne a pris le temps de lire son journal du 3 décembre pour y trouver cette merveilleuse et rassurante nouvelle: une entreprise originaire de la Campine est leader mondial dans ‘l’élevage’ des insectes utiles.

Des milliards d’insectes par an qui sortent de leurs serres ou chambres climatisées pour être utilisés dans la lutte contre les pucerons, pour polliniser des cultures, ou pour d’autres choses encore comme on peut le lire ici.

Or, en choisissant d’utiliser des insectes, on fait coup double, puisque dans ce cas on s’interdit forcément les traitements chimiques qui les tueraient.

Une entreprise créée en 1987 par un vétérinaire campinois qui au début ‘produisait’ uniquement des bourdons, principalement pour la pollinisation des plants de tomates: grâce aux bourdons, la production augmentait de 40%.

On comprend que c’est exactement ce genre d’argument qui convainc les producteurs 😉

Bref, voilà une lecture qui fait du bien.