C comme causerie parisienne

black and white black and white chairs france

Hier matin, les élèves ont apporté un objet qui « symbolise le séjour à Paris » et Madame est impatiente d’entendre des impressions un peu plus circonstanciées que le premier jet qu’elle a recueilli jeudi.

Bien sûr, la plupart ont joué à fond « les touristes » et se sont offert un porte-clé tour Eiffel, un briquet Montmartre, une « boule de neige » Notre-Dame, un sweater Hard Rock Café Paris.

Très nombreux aussi ceux qui veulent conserver en souvenir de cet « inoubliable voyage » chaque ticket des lieux visités. Malheureusement, ceux qui ne les avaient pas encore mis en lieu sûr ont eu une maman qui est passée par là et qui a tout jeté à la poubelle avant de mettre le linge en machine 🙂

Il y a, évidemment, des tas de photos avec le groupe d’ami-e-s pour la vie, principalement devant la tour Eiffel illuminée dans la nuit – tant pis si les ami-e-s pour la vie sont un peu flou-e-s ou à peine reconnaissables – et devant le mur des « je t’aime ».

– Moi, dit F*, j’ai apporté mes baskets, parce que j’ai vraiment eu mal aux pieds.

Il avait eu deux bonnes idées: se commander des baskets neuves par Internet et les étrenner à Paris 🙂

Photo de Marta Siedlecka sur Pexels.com

C comme challenge

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Vous l’aurez sans doute aussi remarqué, on dit de moins en moins ‘défi’ et de plus en plus ‘challenge’ 🙂

Celui que par chez nous on propose pour le mois d’avril, c’est comme l’an dernier à la même époque « dertig dagen zonder klagen« : essayer de vivre tout un mois sans se plaindre.

Dans l’hebdo féminin que lit ma mère, on incite ces dames à un challenge maison propre et bien rangée: « en 21 jours, nous allons faire souffler un vent de fraîcheur dans votre habitat« .

D’où le choix de l’illustration qui a servi de consigne un jour chez lakévio 😉

C comme canne à pêche aux souvenirs

rainbow-trout-stream by-jon-q-wright

Impossible, impensable, de laisser filer tout un printemps et tout l’été sans la traditionnelle excursion d’un dimanche dans les Ardennes.

Les grands-parents, parents et enfants embarquent dans deux voitures et les voilà en route. Tôt le matin, parce qu’il faut profiter de sa journée et que de nombreuses étapes sont prévues. D’abord pour les dévotions de grand-mère, puis pour la soif de grand-père. C’est dans l’ordre des choses, après les cierges et les prières, c’est tout juste l’heure de l’apéro et on se trouve pile-poil dans une ville où la bière trappiste est excellente: Rochefort.

La petite, évidemment, a choisi de voyager dans la voiture de grand-père, ses conversations sont plus rigolotes. Même quand il parle de ciment blanc, de brouettes ou de truites.

Dans sa voiture on rit tellement qu’on en oublie presque d’avoir la nausée.

Alors quand on lit Une partie de pêche. Un jeudi, de bon matin, debout sur une roche, je laissai flotter ma ligne dans le tourbillon des belles eaux claires. Ah, quel bonheur, quand au bout de quinze à vingt minutes, en allongeant et retirant lentement l’amorce sur l’eau agitée, tout à coup une secousse répétée m’avertit que le poisson avait mordu et qu’ensuite le bouchon descendit comme une flèche habilement lancée.

C’était un gros ! Je le laissai filer, et puis, relevant la gaule à la force du poignet, une truite colorée fila dans les airs et se mit à sauter au milieu des ronces coupées et des herbes pleines de rosée.

On ne peut que se souvenir de grand-père, qui nous faisait nous tordre de rire chaque fois qu’il disait: Vu que la truite coûte cent francs de moins dans les Ardennes que chez nous, je fais des économies en allant les manger là-bas. Alors je vous invite tous, comme ça j’économise six cents francs 🙂

Sacré grand-père.

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Truite arc-en-ciel par Jon Q. Wright et consignes chez Lakévio, que je remercie: 

Une partie de pêche.

Un jeudi, de bon matin, debout sur une roche, je laissai flotter ma ligne dans le tourbillon des belles eaux claires. Ah, quel bonheur, quand au bout de quinze à vingt minutes, en allongeant et retirant lentement l’amorce sur l’eau agitée, tout à coup une secousse répétée m’avertit que le poisson avait mordu et qu’ensuite le bouchon descendit comme une flèche habilement lancée.

C’était un gros ! Je le laissai filer, et puis, relevant la gaule à la force du poignet, une truite colorée fila dans les airs et se mit à sauter au milieu des ronces coupées et des herbes pleines de rosée.

(d’après Erckmann-Chatrian)

Doublez le texte (au moins !) grâce à l’ajout d’adjectifs, adverbes, conjonctions, propositions conjonctives, relatives, etc… Bref, noyez le poisson !

 

C comme colère

leo-putz autumn-1908

S’il croit que je vais lui demander la permission! Non mais! Pour qui se prend-il? Je fais ce que je veux!

Ce sont mes cheveux, après tout! J’ai bien le droit de les couper, si ça me chante! On n’est plus au dix-neuvième siècle!

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tableau de Léo Putz – Autumn -1908 (détail) et consignes chez Lakévio, que je remercie: « Mais qu’a donc bien pu écrire Saul Smitger à Miss Sarah pour que celle-ci soit si en colère ? » 

C comme chaud!

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Oui, vous avez bien vu, on se baigne en plein air, il fait -4° C et il y a un vent à déraciner les arbres (c’est peut-être aussi pour ça qu’il n’y en a pas à des kilomètres aux alentours, il n’y pousse que de la mousse ;-)) mais on fait trempette: l’eau est à 38°, elle sort de terre plus chaude encore et passe d’abord par la centrale électrique d’à côté (centrale géothermique).

Vous comprenez alors d’où vient ce flou de la photo: on se baigne dans des vapeurs d’eau chaude qui ont en prime une légère odeur d’œuf pourri et ça vous rappellera sûrement ce jour-là, où au cours de chimie votre prof vous en aura fait profiter aussi, de préférence en fin de cours, sauf s’il est sadique 😉

L’eau est bleutée et opaque, à cause des minéraux qu’elle contient, la silice pour l’aspect laiteux, et des algues bleues. Tout ça est paraît-il excellent pour la peau.

Se non è vero… è ben trovato, parce que commercialement ça marche du tonnerre, il faut réserver sa place longtemps à l’avance et on y arrive par bus entiers…

Photo prise le premier janvier 2019 et info ici.

 

C comme couleur(s)

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En passant devant un petit magasin de vêtements, l’Adrienne, la célèbre reine du shopping, est tombée en arrêt devant une robe en tricot torsadé et col roulé.

Bleu nuit.

Était-ce l’effet du soleil ou de la brise marine, nul ne le sait, mais un élan de folle témérité l’a poussée à entrer. Et à poser la question:

– Vous avez ce modèle-là en d’autres couleurs?

Hélas non, mais pas de souci, il faut l’essayer, a dit la dame, et vous verrez…

C’est généralement à ce moment-là que l’Adrienne prend ses jambes à son cou: l’essayer, ça veut dire tout un travail inutile dans une cabine surchauffée et une vendeuse qui va s’acharner à vous complimenter outrageusement, vous apporter trois autres modèles qui vous iront très bien aussi, si, si, vous verrez… de sorte qu’au bout d’un quart d’heure d’efforts de part et d’autre, il devient complètement malséant de sortir sans avoir rien déboursé. 

– Non, dit l’Adrienne, ce n’est pas la peine, le bleu marine me donne le teint blafard et maladif…

– Vous auriez peut-être voulu du rouge, dit la fine mouche.

– Du rouge? s’étonne l’Adrienne, qui avait complètement oublié qu’elle portait ce jour-là – comme tous les autres – son manteau rouge, son sac rouge et son écharpe rouge.

On pouvait même voir le col de son pull, rouge aussi.

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photo prise à Ostende le vendredi 2 novembre, en fin de journée