C comme cyclamens

Chaque année à la fin de l’été, l’Adrienne ne manque pas de tomber en arrêt – et en amour – devant le parterre de cyclamens sous le hêtre pourpre.

Et de le prendre en photo, encore et encore 🙂

Il était donc temps de vous le faire partager et pourquoi pas, d’en faire une bannière…

Bel automne à vous tous!

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Photo prise le 22 septembre dernier

C comme charmeur

Photo de Magda Ehlers sur Pexels.com

C’est arrivé quelques fois: l’Adrienne dans son jardinet reçoit un « bonjour » d’un petit garçon qui passe dans la rue et il n’en faut évidemment pas plus pour qu’elle soit charmée.

Alors la fois suivante, elle engage la conversation.

Il n’avait jamais vu de figues ni de figuier, elle lui montre donc les fruits, verts à l’époque, et lui explique qu’ils doivent devenir violet foncé.

– Dès que tu vois qu’ils ont la bonne couleur, tu sonnes à ma porte et je t’en donne. D’accord?

Alors l’autre jour, au moment où elle se demandait s’il allait oser, vu que les fruits étaient déjà bien colorés vers la mi-août, il était là.

Deux jours plus tard, il était de nouveau là.
Un peu gêné, embarrassé:

– C’est mon père qui m’envoie, dit-il. Il aime tellement ça!
– Pas de problème! je vais te remplir ton sachet.

Puis il ajoute:

– Mais il n’aime pas les petites figues. Il dit que les grosses sont meilleures.

On sent bien que c’est du service commandé, exactement comme quand on envoyait mini-Adrienne chez le boulanger en insistant beaucoup qu’elle n’oublie surtout pas de préciser qu’on voulait le pain « bien cuit ».

Au retour, le pain était retourné et inspecté des deux côtés et on n’était jamais content:

– Tu as oublié de dire qu’on le voulait « bien cuit »?

La même sorte de réflexion attendait sûrement le petit garçon rentré chez lui avec un sachet où l’Adrienne avait mis des grosses et des petites figues:

– Tu as bien dit qu’on préfère les grosses?

Et il pourra répondre:

– Oui, mais la dame elle a dit que les petites et les grosses, c’est tout pareil.

C comme catastrophes

Si vous trouvez que vous avez déjà bien assez de sujets de vous alarmer, que ce soit au niveau privé, familial, national ou international, n’allez pas plus loin: nous sommes tous saturés de crises, de pénuries, de drames et de larmes.

Mais, vous vous en doutez, il y a toujours pire.

Et les scientifiques ne manquent pas de nous le rappeler.

Pour ceux qui veulent se faire peur, c’est ici.

Vous êtes prévenus 😉

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photo d’une époque où il y avait encore des nuages dans le ciel et des arbres debout, avec des feuilles vertes.

C comme covid

Pourra-t-on retourner à Paris cet automne?
Voir l’expo Rosa Bonheur?
Flâner dans les ruelles?
Compter les derniers bouquinistes?
Vérifier la réputation des garçons de café?

Ou attendra-t-on décembre et les décors de Noël dans les grands magasins?

Ce n’est pas l’envie qui manque 🙂

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Merci à Monsieur le Goût pour son 130e devoir de Lakevio:

C’est le dernier devoir de l’année. Alors je me fais plaisir.
J’abandonne Montmartre pour les quais de la Seine.
Cette toile de John Salminen me plaît. C’est une raison suffisante pour que je vous demande ce que vous pensez en voyant cette « boîte » de bouquiniste. À moi elle évoque comme dit Françoise Hardy « Tant de belles choses ». Et à vous ? Peut-être ne serez-vous pas encore partis en vacances lundi.

Comme un roman

– Mais comment t’as su que j’étais là? s’étonne Nadine.
– Écoute, dit Marie-Paule, c’est vraiment pas difficile! Tu crois que tu te caches mais tu gardes tes mains sur la table…
– Ben oui sinon je tombe, grommelle Nadine en se réinstallant derrière ses piles de livres.

C’est vrai quoi, est-ce que j’ai encore l’âge de me mettre à croupetons!

Et puis d’abord, est-ce que je n’ai pas le droit de lire tranquille? De lire ce que je veux, sans que Marie-Paule me dise un dédaigneux « c’est n’importe quoi! »
De lire où je veux?

Et sans avoir à en faire un rapport commandant!

Non mais!!!

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Merci La Licorne pour le jeu de juin, Comme un roman.

Petit rappel des « droits imprescriptibles du lecteur« :

1. le droit de ne pas lire
2. le droit de sauter des pages
3. le droit de ne pas finir un livre
4. le droit de relire
5. le droit de lire n’importe quoi
6. le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
7. le droit de lire n’importe où
8. le droit de grappiller
9. le droit de lire à haute voix
10. le droit de nous taire

C comme Chio

L’anglais de Jef est si mauvais qu’il a du mal à comprendre le guide. Mais comme il a sa fierté, il préfère se moquer de l’accent du guide et prétendre que c’est de sa faute s’il n’y comprend rien.

– Désolé, fait le guide, ça fait deux ans que je n’ai plus parlé l’anglais, ces derniers temps je n’ai eu que des groupes de touristes turcs.

Puis il reprend le fil de ses explications, où les Ottomans interviennent beaucoup, au cours des siècles, et rarement en bien.
Destruction par-ci, massacres par-là, même si parfois le sale boulot est exécuté par des mercenaires qui se paient sur la population.

Nihil novi sub sole.

Il en vient incidemment à parler des tensions actuelles, à propos des îles grecques que les Turcs réclament.

– Moi je suis natif de l’île de Chio, explique-t-il.

Et là, bien sûr, on connaît la suite

Pour lui, pour sa famille, c’est du concret, jusqu’à la génération de ses grands-parents.

Alors pendant que les autres finissent de déguster leur vin, l’Adrienne lui pose la question qui lui trotte dans la tête depuis le début:

– Mais alors à vous, personnellement, qu’est-ce que ça vous fait de montrer et de raconter tout ça à des groupes de touristes turcs? et eux, comment ils y réagissent?

Bref, pour ce qui le concerne, vous le devinez aisément.

Et les Turcs?

– Il y a deux possibilités, explique-t-il. Soit ce sont des intellectuels, d’Istanbul par exemple, et ils « comprennent ».
Soit ce sont les autres. Et pour ceux-là, tout ici leur appartient: ils considèrent que ça fait partie de la grande Turquie.

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photo des coquelicots: en Grèce aussi, les « poppies blow »

C comme coloquintes

J’aime bien Charles. Il me fait rire. Et il est plein d’idées. De surprises, aussi. Comme ce pique-nique, par exemple.

– Je m’occupe de tout, il m’a dit, et ce sera à toi de décoder!
– Décoder? qu’est-ce que tu veux dire?
– Et bien, trouver les messages cachés… la symbolique… tu verras bien!

Je dois dire que pendant le pique-nique, je n’y ai pas trop réfléchi. Il faisait beau. On riait. Ou plutôt: je riais à toutes ses blagues. Je ne me posais pas trop de questions…

Les roses, oui. Une rouge et deux blanches? Rouge pour l’amour passion, mais les deux blanches? Plus d’amitié que d’amour?

Ce n’est qu’au retour que j’ai compris.
Grâce aux coloquintes: c’est beau, mais ça ne se mange pas.

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Merci à Monsieur le Goût pour ce 119ème Devoir de Lakevio du Goût:

Qu’est-ce qui les met de si joyeuse humeur ? Je vous dirai lundi ce que j’en pense. J’espère surtout lire ce que vous en pensez…

C comme chanter

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Mardi matin, l’Adrienne découvre un joyeux message de Sofie (quelle Sofie? qui est cette Sofie? connais pas cette Sofie!) l’invitant à chanter ensemble:

« Ik voel me heel gelukkig dat ik samen met u de komende weken mag zingen en plezier maken. » Je me sens si heureuse de pouvoir chanter et m’amuser avec vous dans les prochaines semaines.

Et autres gentillesses.

Ce n’est que tout en bas de la page qu’on peut lire que chacun de ces « heureux moments où on chantera et s’amusera ensemble » coûtera 15 €.

Le bonheur a un prix 🙂

C comme Christie

Il paraît qu’il vaut mieux les lire dans l’ordre de parution, mais à la bibliothèque, l’Adrienne ne disposait pas de cette information, et de toute façon elle avait envie de se dépayser avec le Bertram’s hotel 🙂

In the heart of the West End, there are many quiet pockets, unknown to almost all but taxi drivers who traverse them with expert knowledge, and arrive triumphantly thereby at Park Lane, Berkeley Square, or South Audley Street.
If you turn off on an unpretentious street from the Park, and turn left and right once or twice, you will find yourself in a quiet street with Bertram’s Hotel on the right-hand side. Bertram’s Hotel has been there a long time. During the war, houses were demolished on the right of it, and a little farther down on the left of it, but Bertram’s itself remained unscathed. Naturally it could not escape being, as house agents would say, scratched, bruised, and marked, but by the expenditure of only a reasonable amount of money it was restored to its original condition. By 1955 it looked precisely as it had looked in 1939–dignified, unostentatious, and quietly expensive.
Such was Bertram’s, patronized over a long stretch of years by the higher echelons of the clergy, dowager ladies of the aristocracy up from the country, girls on their way home for the holidays from expensive finishing schools. (« So few places where a girl can stay alone in London but of course it is quite all right at Bertram’s. We have stayed there for years. »)

On ne peut pas dire que ça commence sur les chapeaux de roue 😉

Trois pages de description avant que n’apparaisse un personnage ou deux, et un dialogue:

On this particular day, November the 17th, Lady Selina Hazy, sixty-five, up from Leicestershire, was eating delicious well-buttered muffins with all an elderly lady’s relish.
Her absorption with muffins, however, was not so great that she failed to look up sharply every time the inner pair of swing doors opened to admit a newcomer.
So it was that she smiled and nodded to welcome Colonel Luscombe–erect, soldierly, race glasses hanging round his neck. Like the old autocrat that she was, she beckoned imperiously and in a minute or two, Luscombe came over to her.

« Hello, Selina, what brings you up to Town? »

Version française à lire en ligne ici.

https://ennalit.wordpress.com/2021/12/01/challenge-petit-bac-2022-qui-veut-jouer/

C comme Calouste

Voilà exactement le genre de légende sous photo qui met en branle l’usine à rêve dans la tête de l’Adrienne: Calouste a 27 ans quand il fuit Istanbul à bord de l’Orient-Express en emportant son fils caché enroulé dans un tapis.
Son fils n’était qu’un bébé de quelques semaines, né en juin de cette année-là: 1896.

N’est-ce pas que c’est digne d’un album de Tintin?

Évidemment, l’Adrienne a voulu en savoir plus sur ce monsieur Gulbenkian, alors elle est arrivée , sur France culture, et sur l’inévitable wikisaitout.

Bref, la conclusion de tout ça, c’est qu’elle devrait se rendre au Portugal, à Lisbonne, pour aller admirer le musée qui réunit toutes les œuvres d’art collectionnées par cet intéressant personnage au fil de sa vie.

Vivement qu’il soit possible de le faire en train 🙂

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photo prise à l’expo Orient-Express, au Train World de Schaarbeek.

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« Heel leuk hoe u er in slaagt om mij na al die jaren nog wat Franse lectuur mee te geven » rigole Araz après que Madame lui a envoyé toute l’info concernant son compatriote arménien.

Sa famille à elle aussi a une histoire « intéressante » qui l’a menée dans une diaspora entre le Liban, la Syrie (Alep, où Araz est née) et la Belgique.

« Très amusant comme vous réussissez à me faire lire du français, après toutes ces années »

Vous l’aurez compris: ce n’était pas du tout sa matière préférée 😉