C comme coquelicot

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C’est aujourd’hui, si tout se passe comme prévu, que l’Adrienne passe du coquelicot de sa rue aux poppies du Yorkshire.

Ce qui veut dire que si vous n’avez plus de réponse à vos commentaires, c’est qu’elle sera privée d’Internet.

Sur le bateau entre Zeebrugge et Hull – une douzaine d’heures de traversée, principalement de nuit – seulement 30 minutes de wifi sont comprises dans le prix.

Que peut-on faire en trente minutes sinon marcher tout doucement vers une fontaine 😉

Chez l’amie, à peine sera-t-on installée qu’il faudra repartir: le mariage et les fêtes ont lieu sur la côte est, dans un endroit très beau et très sauvage où paraît-il l’internet n’a jamais mis les pieds.

(paraphrase d’une expression paternelle, il faisait toujours sourire l’Adrienne quand il disait « un endroit où la main du bon dieu n’a jamais mis les pieds » 😉 )

Bref, quelques billets sont prévus et pour le reste, on verra!

Portez-vous bien 🙂

C comme coiffeur

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Depuis que son coiffeur philosophe a pris sa retraite, l’Adrienne va chez ses successeurs. Qui ne sont pas du tout philosophes, et c’est déplorable. Surtout pour eux…

La dame est bien douce mais toujours triste, limite déprimée, c’est l’Adrienne qui lui remonte le moral et lui arrache un sourire.

L’homme… l’homme est un horrible macho de la race supérieure du plus blanc que blanc, donc vous devinez aisément quel est son sujet de conversation préféré.

Quand il s’adresse à l’Adrienne, elle a du répondant et ça s’arrête là.

Mais quand c’est avec un autre client, il faut l’entendre et le supporter jusqu’à la lie.

Alors voilà, l’Adrienne aimerait bien trouver un vrai successeur à son coiffeur philosophe. Tant pis s’il coupe mal les cheveux, du moment qu’on y passe un quart d’heure philosophique 🙂

***

photo prise à Louvain samedi dernier – l’enseigne comporte deux jeux de mots: kapper (coiffeur) avec le N en plus fait knapper (plus beau) et Leuven (Louvain) dont les ciseaux coupent le U fait leven (vivre) – kapper Leuven, knapper leven, vivre mieux.

C comme causerie parisienne

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Hier matin, les élèves ont apporté un objet qui « symbolise le séjour à Paris » et Madame est impatiente d’entendre des impressions un peu plus circonstanciées que le premier jet qu’elle a recueilli jeudi.

Bien sûr, la plupart ont joué à fond « les touristes » et se sont offert un porte-clé tour Eiffel, un briquet Montmartre, une « boule de neige » Notre-Dame, un sweater Hard Rock Café Paris.

Très nombreux aussi ceux qui veulent conserver en souvenir de cet « inoubliable voyage » chaque ticket des lieux visités. Malheureusement, ceux qui ne les avaient pas encore mis en lieu sûr ont eu une maman qui est passée par là et qui a tout jeté à la poubelle avant de mettre le linge en machine 🙂

Il y a, évidemment, des tas de photos avec le groupe d’ami-e-s pour la vie, principalement devant la tour Eiffel illuminée dans la nuit – tant pis si les ami-e-s pour la vie sont un peu flou-e-s ou à peine reconnaissables – et devant le mur des « je t’aime ».

– Moi, dit F*, j’ai apporté mes baskets, parce que j’ai vraiment eu mal aux pieds.

Il avait eu deux bonnes idées: se commander des baskets neuves par Internet et les étrenner à Paris 🙂

Photo de Marta Siedlecka sur Pexels.com

C comme challenge

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Vous l’aurez sans doute aussi remarqué, on dit de moins en moins ‘défi’ et de plus en plus ‘challenge’ 🙂

Celui que par chez nous on propose pour le mois d’avril, c’est comme l’an dernier à la même époque « dertig dagen zonder klagen« : essayer de vivre tout un mois sans se plaindre.

Dans l’hebdo féminin que lit ma mère, on incite ces dames à un challenge maison propre et bien rangée: « en 21 jours, nous allons faire souffler un vent de fraîcheur dans votre habitat« .

D’où le choix de l’illustration qui a servi de consigne un jour chez lakévio 😉

C comme canne à pêche aux souvenirs

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Impossible, impensable, de laisser filer tout un printemps et tout l’été sans la traditionnelle excursion d’un dimanche dans les Ardennes.

Les grands-parents, parents et enfants embarquent dans deux voitures et les voilà en route. Tôt le matin, parce qu’il faut profiter de sa journée et que de nombreuses étapes sont prévues. D’abord pour les dévotions de grand-mère, puis pour la soif de grand-père. C’est dans l’ordre des choses, après les cierges et les prières, c’est tout juste l’heure de l’apéro et on se trouve pile-poil dans une ville où la bière trappiste est excellente: Rochefort.

La petite, évidemment, a choisi de voyager dans la voiture de grand-père, ses conversations sont plus rigolotes. Même quand il parle de ciment blanc, de brouettes ou de truites.

Dans sa voiture on rit tellement qu’on en oublie presque d’avoir la nausée.

Alors quand on lit Une partie de pêche. Un jeudi, de bon matin, debout sur une roche, je laissai flotter ma ligne dans le tourbillon des belles eaux claires. Ah, quel bonheur, quand au bout de quinze à vingt minutes, en allongeant et retirant lentement l’amorce sur l’eau agitée, tout à coup une secousse répétée m’avertit que le poisson avait mordu et qu’ensuite le bouchon descendit comme une flèche habilement lancée.

C’était un gros ! Je le laissai filer, et puis, relevant la gaule à la force du poignet, une truite colorée fila dans les airs et se mit à sauter au milieu des ronces coupées et des herbes pleines de rosée.

On ne peut que se souvenir de grand-père, qui nous faisait nous tordre de rire chaque fois qu’il disait: Vu que la truite coûte cent francs de moins dans les Ardennes que chez nous, je fais des économies en allant les manger là-bas. Alors je vous invite tous, comme ça j’économise six cents francs 🙂

Sacré grand-père.

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Truite arc-en-ciel par Jon Q. Wright et consignes chez Lakévio, que je remercie: 

Une partie de pêche.

Un jeudi, de bon matin, debout sur une roche, je laissai flotter ma ligne dans le tourbillon des belles eaux claires. Ah, quel bonheur, quand au bout de quinze à vingt minutes, en allongeant et retirant lentement l’amorce sur l’eau agitée, tout à coup une secousse répétée m’avertit que le poisson avait mordu et qu’ensuite le bouchon descendit comme une flèche habilement lancée.

C’était un gros ! Je le laissai filer, et puis, relevant la gaule à la force du poignet, une truite colorée fila dans les airs et se mit à sauter au milieu des ronces coupées et des herbes pleines de rosée.

(d’après Erckmann-Chatrian)

Doublez le texte (au moins !) grâce à l’ajout d’adjectifs, adverbes, conjonctions, propositions conjonctives, relatives, etc… Bref, noyez le poisson !

 

C comme colère

leo-putz autumn-1908

S’il croit que je vais lui demander la permission! Non mais! Pour qui se prend-il? Je fais ce que je veux!

Ce sont mes cheveux, après tout! J’ai bien le droit de les couper, si ça me chante! On n’est plus au dix-neuvième siècle!

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tableau de Léo Putz – Autumn -1908 (détail) et consignes chez Lakévio, que je remercie: « Mais qu’a donc bien pu écrire Saul Smitger à Miss Sarah pour que celle-ci soit si en colère ? » 

C comme chaud!

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Oui, vous avez bien vu, on se baigne en plein air, il fait -4° C et il y a un vent à déraciner les arbres (c’est peut-être aussi pour ça qu’il n’y en a pas à des kilomètres aux alentours, il n’y pousse que de la mousse ;-)) mais on fait trempette: l’eau est à 38°, elle sort de terre plus chaude encore et passe d’abord par la centrale électrique d’à côté (centrale géothermique).

Vous comprenez alors d’où vient ce flou de la photo: on se baigne dans des vapeurs d’eau chaude qui ont en prime une légère odeur d’œuf pourri et ça vous rappellera sûrement ce jour-là, où au cours de chimie votre prof vous en aura fait profiter aussi, de préférence en fin de cours, sauf s’il est sadique 😉

L’eau est bleutée et opaque, à cause des minéraux qu’elle contient, la silice pour l’aspect laiteux, et des algues bleues. Tout ça est paraît-il excellent pour la peau.

Se non è vero… è ben trovato, parce que commercialement ça marche du tonnerre, il faut réserver sa place longtemps à l’avance et on y arrive par bus entiers…

Photo prise le premier janvier 2019 et info ici.