V comme Venise

banksy venise

Banksy est donc à Venise… un petit film qu’on peut voir sur son compte instagram, Venice in oil et repris sur le site de nombreux journaux et médias, devrait le prouver – Voir la source de la photo ci-dessus, ainsi que l’article et une autre possibilité de regarder la vidéo.

Du joli travail, comme toujours, et percutant. 

En même temps, c’est fort comique de le voir chassé comme un malpropre, quand on sait quelle valeur atteignent ses œuvres 🙂

Voilà des années qu’on incrimine – à raison – la présence de ces énormes bateaux de croisière dans les eaux de la lagune. Mais rien ne change.

J’avais déjà fait un billet là-dessus en 2016…

V comme voyager avec Villejean

2019-01-04 (1)

Sapristi! s’écrie-t-elle, pensant jurer comme un charretier.

Elle loge chez l’habitant. Trois barbus la regardent. Elle n’avait jamais vu trois barbus aussi blonds ni aussi baraqués. 

En route! Explorons le coin avant la tombée de la nuit.

Elle oublie qu’en cette saison, le soleil ne se couche quasiment pas. 

En chemin, elle croise un type qui se promène avec un sac à dos en forme de globe terrestre. Chaque continent est une poche. Il est en baskets et en chemisette. Bleue.

La chasse aux guillemots, j’espère que c’est interdit! dit-elle tout haut.

Elle se souvient de Maupassant en voyant trois oiseaux au bec noir souligné de blanc, là-haut sur un rocher, la tête tournée vers la gauche, sans bouger. Des guillemots, peut-être? Impossible de le demander aux autochtones.

Un avion vrombit dans le ciel. Il vole à si basse altitude qu’elle a envie de saluer les passagers d’un grand coup de mouchoir blanc. Par bonheur, elle n’en a pas.

Un crayon, un calepin, une boussole… énumère-t-elle en les remettant en poche. Aurait-elle oublié quelque chose d’essentiel?

« Six slips chic. Six slips chic. Six slips chic. » Elle le répète à chaque pas, de plus en plus vite, jusqu’à ce que sa langue fourche.

Alors elle rit toute seule.

Tant pis pour ce que peuvent penser les trois barbus blonds 🙂

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Consignes chez Joe Krapov, que je remercie:

On écrit la première phrase du roman qu’on aimerait lire enfin.
Dans un guide de voyage on choisit sept images. Pour chacune d’entre elle on écrit un début de phrase.
On liste sept titres possibles à ce roman.
On repart de la première phrase et on poursuit le texte en intégrant tous les titres et tous les débuts de phrases qu’on a écrits.

finlande

J’ai utilisé mon vieux Routard Finlande-Islande donc faute d’illustrations – à part quelques publicités – j’ai dû me limiter à cinq images et cinq titres 🙂

La photo en tête du billet a été prise début janvier, lors du retour d’Islande.

V comme vie mondaine

de-munt-nzm4ota5odm3Ah! quel excellent poste d’observation qu’une activité organisée par la Monnaie pour ses « amis » et abonnés! Quelle merveilleuse étude de cette faune et flore constituée d’individus ayant en commun – en plus de l’amour de l’art de l’opéra – l’art de tenir proprement la tasse de café, sa sous-tasse, un mini-croissant et une serviette. L’art de se ruer poliment sur le buffet de cupcakes. L’art de s’intégrer civilement dans une conversation entre inconnus – que ce soit en néerlandais ou en français – autour d’une table de viennoiseries.

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source de l’illustration à découvrir avec le programme de la saison prochaine

V comme vies possibles

majdalani

Poursuivre sa lecture, ne pas arriver à s’en arracher malgré l’heure tardive et le manque de sommeil, y a-t-il plus beau compliment pour l’auteur et pour son livre? 

C’est en effet un ‘page turner‘, par ses courts chapitres qui incitent à passer au suivant et qui nous mènent à grandes enjambées dans le parcours de toute une vie, à travers le déjà vaste monde du 17e siècle. 

Et c’est en même temps une belle évocation de ce monde, de cette époque, racontée sans érudition inutile, au travers de la trajectoire d’un homme d’exception, Raphaël Arbensis, dont c’est la biographie fictive. 

Fictive ou non, on s’en moque, la vie de l’époque, ses circonstances, ses lieux, ses hommes influents y sont si bien dépeints qu’on est heureux de suivre le héros depuis son enfance jusqu’à sa vieillesse.

Comme dans un conte.

En à peine 180 petites pages 🙂

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photo, résumé et infos sur le site de la maison d’édition Le Seuil, lire les premières pages ici.

V comme vent!

mère poulard

Le premier voyage dont le petit frère se souvienne, c’est dans la baie du Mont-Saint-Michel. Il se souvient qu’il était si petit que sa mère lui donnait son bain quotidien dans le bidet. Il venait d’avoir trois ans.
Mini-Adrienne, qui a cinq ans de plus, a évidemment un tas d’autres souvenirs de ce voyage. De la plage immense où la marée peut être si brusque et imprévisible qu’elle engloutirait facilement deux petits enfants. Du Mont qu’on n’a pas visité parce que le père a dit qu’on irait le voir un jour qu’il fait mauvais, et qu’il a fait beau tout le temps. De la grande chienne noire Gita qui l’accompagnait spontanément en promenade. C’est parce que tu n’arrêtes pas de la caresser, dit le père. De la voix de monsieur R, l’hôtelier, qui est montée en volume quand le père a prononcé le nom de la mère Poulard. Mini-Adrienne ne savait pas qui était cette dame mais elle a clairement entendu monsieur R s’exclamer et répéter plusieurs fois: « La mère Poulard! c’est du vent! c’est du vent! je vais vous en faire, moi, de la mère Poulard! »
C’est ce soir-là que la famille a soupé (1) d’une omette qu’il a fallu trouver mirifique 🙂

Texte écrit pour le marathon d’écriture 2019

(1) j’ai décidé de faire dans la couleur locale pour ce marathon et de dire septante pour soixante-dix ou souper pour dîner 🙂

source de la photo ici (site de la Mère Poulard)

V comme vierge

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Noël chez mémé Jeanne, Marie l’en a bien prévenu, ce n’est pas la fête de la tempérance. On est prié d’absorber force alcool – l’eau, c’est pour se laver, a-t-on coutume de dire dans sa belle-famille – et si on est pompette après trois verres, on a droit aux rires de la tablée et au mépris de belle-maman. Alors non, elle ne lui conseille pas la fuite à pas feutrés mais de développer une manière agile d’esquiver les remplissages de verre.

Quand ils arrivent chez mémé Jeanne, ils sont accueillis par des arômes mélangés de tout ce qui constituera le menu du réveillon. Et par Dries, le plus jeune des petits-fils, qui a tenu à venir « aider » sa grand-mère: il s’essaie aux percussions sur les tabourets rangés en cercle devant l’âtre avec les deux paniers d’osier pleins de bûches. Tu t’arrêteras quand les gens seront là, lui dit mémé Jeanne. Marie, Pierre et Muanza ne sont donc pas des gens mais sans doute quelque rameau ancillaire…

Deux heures plus tard, la fête est à bonne température et les quatorze petits-enfants ont tous un rôle à leur mesure dans la reconstitution – souvent très personnelle – de la nativité. L’aînée des petites-filles fait une vierge fort présentable, enveloppée dans un drap blanc comme un linceul.

Quatre mois plus tard, elle meurt dans un accident de voiture.

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écrit pour Treize à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 agile 2 température 3 tempérance 4 percussion 5 arôme 6 fuite 7 rire 8 absorber 9 feutré 10 linceul 11 osier 12 ancillaire et le treizième pour le thème : Noël 

Photo prise à Ostende

V comme vacarme

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C’est quand le vacarme a cessé depuis trop longtemps que Romane s’inquiète.

Pourquoi n’entend-on plus rien, derrière la porte? Devrait-elle ouvrir et aller voir?

Elle reste là un long moment, la main sur la hanche, à essayer d’entendre ce qui se passe de l’autre côté.

Va-t-elle prendre la clé? Attendre encore? Appeler?

Elle colle son oreille à la porte. Rien. Absolument rien. C’est tout à fait étrange. Tout à fait inhabituel.

Que s’est-il passé, cette fois?

D’habitude, la petite crie et pleure un peu, puis se résigne et mange sa soupe.

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source du tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie.

Le mot ‘vacarme’ a une étymologie assez surprenante, il vient du moyen néerlandais – « wacharme », correspondant à l' »ocharme » encore employé en Flandre aujourd’hui – qui exprime apitoiement et compassion.