E comme expo

Chaque année dès le lendemain de la fête nationale, le Palais royal s’ouvre gratuitement aux visiteurs pour une expo de quelques semaines, mêlant généralement l’art à une thématique scientifique.

Mais en 2020 elle ne sera que virtuelle, comme on peut le voir ici.

Et bien vous savez quoi?

L’Adrienne ne s’y fait pas, à ces expos virtuelles.
A ces concerts sur l’écran de l’ordi.
A ces visites de musée au travers de caméras.

Ça permet peut-être de voir les détails, de tout faire à l’aise chez soi sans la foule et quand on veut… mais il y manque l’essentiel.

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photos prises le 22 novembre 2009 devant les grilles fermées du Palais royal, un jour de fête d’étudiants 🙂

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W comme wombat

Par un de ces mystères du wwilfing, ce n’est que tout récemment que l’Adrienne a découvert ce scoop vieux de deux ans.

Fin 2018, Patricia Yang et son équipe de chercheurs ont enfin trouvé la réponse à cette grave question:

Pourquoi les wombats font caca en cubes (article canadien) – Pourquoi le caca carré des wombats intéresse autant la mécanique des fluides (article français) – Pourquoi les wombats font des cacas carrés ( Libération et Journal des enfants) – Le mystère des crottes cubiques enfin résolu (Futura sciences) – Le secret des crottes en cubes du wombat (Le Figaro)

Etc. etc.

Il est incompréhensible d’être passée à côté d’une telle avalanche, et pourtant…

Bref, le mal est réparé et si vous aussi étiez passés à côté de cette grande découverte scientifique, vous avez ci-dessus de quoi vous informer 🙂

Question existentielle

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Quand elle tenait la main de grand-mère Adrienne, là sur son lit d’hôpital, ou qu’elle lui passait un peigne dans les cheveux, elle lui parlait.

Elle lui disait « Marraine, marraine » du ton dont on parle à un enfant malade.

A l’infirmière qui passait parfois, elle disait, comme s’il fallait s’excuser:

– Je ne sais pas si elle m’entend, mais je continue à lui parler ».
– Vous faites bien, répondait généralement l’infirmière, on a déjà eu le cas d’un patient sorti du coma qui avait continué à entendre ce qui se disait. 

Alors même si elle savait que grand-mère Adrienne ne sortirait plus du coma, elle lui caressait la main et lui parlait avec un courage renouvelé.
Dans la « bonne oreille » et en détachant bien les syllabes.

Aujourd’hui en lisant les conclusions des chercheurs de l’université de British Columbia (Vancouver, Canada) elle est toujours aussi heureuse de l’avoir fait.

Ils démontrent par l’imagerie cérébrale que l’ouïe est la dernière faculté que nous gardons, même si nous ne sommes plus capables de répondre ou d’interagir: jusqu’à notre dernier souffle, nous entendons. 

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photo du dessus, grand-mère Adrienne entourée de ses parents, juste avant la guerre de 14 – photo du dessous, grand-mère Adrienne et son époux, juste avant la guerre de 40.

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7 contre 1?

On avait expliqué à mini-Adrienne que pour se faire une idée de l’âge d’un chien, il fallait multiplier par sept le nombre de ses années. Ce qui voudrait dire que Chien Parfait (photo de droite) serait mort vers ses 84 ans.

Or une étude récente faite sur 104 labradors golden retriever – comme Ted sur la photo de gauche – démontre que ce n’est (évidemment) pas aussi simple.

On peut voir sur le graphique ci-dessous que l’évolution du chien est beaucoup plus rapide que chez l’homme en début de vie. Le chien d’un an a son génome qui peut être comparé à celui d’un homme de 30 ans. Par la suite, cette évolution va fortement et graduellement ralentir. Le génome d’un chien de quatre ans correspond à celui d’un homme de 54 ans et à 14 ans à celui d’un septuagénaire. L’étude estime que l’espérance de vie du labrador est de seize ans.

Chien Parfait est donc mort trop jeune.

Mais ça, l’Adrienne le savait déjà 😉

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U comme Urbs, urbis

photo et article de Daily Science:

BIENVENUE À FALERII NOVI, LA VILLE ROMAINE SOUS LES CHAMPS

Durée de lecture : 4 min

Inutile d’écarquiller les yeux. On ne voit que des champs et des arbres à la cité antique de Falerii Novi. Pourtant, des chercheurs belges et britanniques viennent de mettre au jour tout un nouveau quartier dans cette une cité romaine qui a vu le jour en 241 av. J.-C.

Cette découverte, réalisée dans la vallée du Tibre, à une cinquantaine de kilomètres de Rome, repose sur l’usage d’une technologie qui avait déjà fait ses preuves à Bruxelles, en 2018. A l’époque, François Blary, professeur d’histoire de l’art et d’archéologie à l’ULB et co-directeur du Crea-Patrimoine, le centre d’archéologie de l’Université Libre de Bruxelles, avait passé la Grand-Place de Bruxelles au radar de sol. Ces scanners avaient permis de discerner dans le sous-sol des structures archéologiques anciennes.

Une technique perfectionnée… depuis 1910

Cette fois, c’est une équipe de l’université de Gand et de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, qui a ausculté le sous-sol, en Italie. Pendant trois ans, avec leur radar de sol, ils ont ratissé les champs qui entourent l’abbatiale de Sainte-Marie, tout à côté de l’actuel village de Falerii Novi.

Ces archéologues ont pu cartographier complètement l’antique ville romaine. Leur radar de sol  fonctionne comme un radar ordinaire, en faisant rebondir les ondes radio sur les objets et en utilisant l’”écho” pour construire une image. La différence est qu’il détecte ici des objets souterrains.

Bien que ce principe soit utilisé depuis les années 1910, ces dernières années, les progrès technologiques ont rendu l’équipement plus rapide et plus performant.

Découvertes de plusieurs bâtiments

Cela a conduit à la découverte de plusieurs nouveaux bâtiments, dont un complexe de bains, un marché et un temple. Les chercheurs ont également découvert ce qui semble être une sorte de monument public, différent de tout ce qui avait été observé auparavant dans de telles cités.

« La ville est bien documentée dans le registre historique et ne se trouve pas sous des bâtiments modernes, ce qui en fait un excellent endroit pour mener ce genre d’études », indiquent les chercheurs. « En tant que telle, elle a fait l’objet de décennies d’analyses à l’aide d’autres techniques non invasives, comme la magnétométrie. Celle-ci permet de mesurer le modèle magnétique du sol qui est influencé par l’activité antique ».

Le radar de sol de dernière génération utilisé ici peut sonder le sol à diverses profondeurs.  Les relevés réalisés à Falerii Novi ont été effectués tous les 12,5 cm, sur l’ensemble du site. De quoi éclairer les chercheurs sur la façon dont les villes ont été construites et sur leur évolution dans le temps. L’occupation du site s’est effectivement étendue sur plus de neuf siècles.

Semi-automatisation du traitement des données

Le travail d’interprétation des données récoltées a été semi-automatisé. Une innovation dans le domaine. “L’utilisation des données du radar de sol à haute résolution génère des quantités massives d’informations, rendant l’analyse manuelle très longue”, explique le professeur Martin Millett, un des chercheurs anglais du projet.

Il faudra encore un peu de temps avant que la carte de Falerii Novi ne soit entièrement analysée. Néanmoins, cette recherche a déjà révélé beaucoup de choses sur la ville. « Elle semble notamment moins standardisée que celle de nombreuses autres villes bien étudiées, comme Pompéi, révélant la complexité et la variation de l’urbanisme romain », estime l’équipe scientifique.

Une équipe pour laquelle l’objectif principal de cette recherche était de disposer de nouvelles données sur les villes romaines en Italie, afin de répondre à des questions concernant les processus d’urbanisation, les diversités régionales de l’urbanisme romain, l’évolution des populations, les relations entre villes et campagnes à l’époque romaine…

Question existentielle

Peut-on avoir deux langues maternelles? demandait le titre de l’article.

Ben, évidemment! s’exclame l’Adrienne.

Mais rares sont ceux qui sont d’accord avec elle sur ce point, alors elle a lu et écouté… et s’est trouvée fort satisfaite des réponses données par la chercheuse universitaire 🙂

Le bilinguisme, explique-t-elle, peut être le résultat d’une éducation dès le berceau par deux parents parlant une langue différente. Il peut aussi survenir plus tard, si la langue de l’école n’est pas celle de la maison, par exemple.

Parfois les deux langues seront à égalité parfaite – on maîtrisera aussi bien l’une que l’autre – parfois l’une des deux sera plus dominante: tout dépendra de nombreuses circonstances. Selon toute logique, la langue dominante sera celle à laquelle on a été le plus confronté. 

Est-ce positif ou négatif?
Absolument positif, puisque tous les tests ont démontré qu’une éducation bilingue est un excellent entraînement pour le cerveau, qu’elle rend meilleur en raisonnement abstrait (et qu’elle permet de repousser l’oncle Alzheimer ;-))

Madame s’est donc empressée d’envoyer la vidéo à des anciens élèves élevant leurs enfants dans le bilinguisme et qui sont souvent pleins de doutes sur le sujet 🙂

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pour ceux qui maîtrisent le néerlandais, encore un bon article ici de nos voisins du dessus 😉

Il n’est jamais trop tard pour apprendre une langue, même après 75 ans, concluent-ils 🙂

F comme Fallen Astronaut

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Si vous demandez à la mère de l’Adrienne ce qu’évoque pour elle le 21 juillet 1969, elle vous dira que c’est la Fête Nationale belge et que ce jour-là, Eddy Merckx a remporté le maillot jaune… puis le Tour de France. La meilleure fête nationale du siècle 😉

Si vous le demandez à l’Adrienne, elle se souvient que cette année-là, à cause de la maison que les parents étaient en train de faire construire, la famille n’est pas partie en vacances en France.

Mais que le 21 juillet 1969, parents, enfants, oncle, tante et cousin étaient réunis dans l’appartement à la mer pour regarder la télé, où sur un petit écran en noir et blanc on entrevoyait plus ou moins un astronaute marcher sur la lune.

C’est à l’occasion de ce cinquantenaire que l’Adrienne a incidemment appris qu’il y avait sur la lune une œuvre d’art unique, due à un Belge: Fallen Astronaut, en hommage aux astronautes décédés, comme on peut le lire ci-dessous sans un article Wikipédia: 

Fallen Astronaut (littéralement l’« Astronaute tombé ») est une petite sculpture en aluminium représentant de façon stylisée un astronaute dans sa combinaison spatiale. Cette statuette, qui mesure environ 8,5 cm de haut, est l’unique œuvre d’art se trouvant sur la Lune, où elle a été déposée par Apollo 15 en 1971.

La sculpture a été réalisée par l’artiste belge Paul Van Hoeydonck à la suite de sa rencontre avec l’équipage d’Apollo 15 (dont David Scott) au début du mois de juin 1971. Cette statuette a trouvé une fonction trois semaines plus tard lorsque l’équipage, marqué par la mort de trois cosmonautes russes, a proposé à la NASA de s’en servir pour commémorer nominativement les astronautes et cosmonautes morts pour et pendant l’exploration de l’espace. Un certain nombre de consignes avaient été données à l’artiste : la sculpture devait être légère, solide, capable de supporter les variations de températures extrêmes à la surface lunaire ; elle ne devait pas permettre d’identifier en elle un homme ou une femme, ni même aucun groupe ethnique. De plus, en accord avec le souhait de Scott d’éviter une commercialisation de l’espace, le nom de Van Hoeydonck ne serait pas dévoilé au public.

source du texte en bleu (et suite) sur Wikipédia et source de l’image wikimedia commons

Stupeur et tremblements

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C’est chez Liborio Butera, le 15 décembre dernier, que j’ai appris le mot et la chose: i terrapiattisti, ceux qui croient mordicus que la terre est plate. Aujourd’hui encore, oui.

Le 16 janvier, les Cafards relayaient sur leur blog un article de l’Express où il était question de la préparation d’une croisière en bateau dans le but de prouver que la terre est plate et entièrement bordée d’une sorte de mur de glace.

Ils ont leur site, la Flat Earth Society, et sont fiers d’être ce qu’ils appellent eux-mêmes « la voix de la raison ». Ils ont leur merchandising, bien sûr, et une ahurissante page wiki pour prouver, par exemple, par quelle conspiration on essaie de faire croire aux gens que la terre est ronde.

Bien. Bien, bien.

Ça donne évidemment très envie de se moquer, et je ne serai pas la dernière à m’esclaffer d’un ‘comment est-ce possible!’

Puis je relis ce que Liborio reprend d’un copain qui dit ceci (je résume un peu):

« Ils sortent toujours du lit avec le même pied et du même côté. Changent de trottoir pour un chat noir. Ne passent jamais sous une échelle. Se touchent les parties génitales quand passe un corbillard. Font une dépression quand ils cassent un miroir. Lisent l’horoscope. Jettent une pièce par-dessus l’épaule dans la fontaine de Trevi. Mangent des lentilles le dernier jour de l’an. Accrochent des fers à cheval au mur et une queue de blaireau dans leur auto. N’ouvrent jamais un parapluie dans la maison. Jettent du sel sur le bord de la fenêtre ou derrière le dos, à table. Font un vœu devant une étoile filante. Et bien sûr se moquent des terrapiattisti. »

On risque toujours d’être la risée de celui qui se croit plus malin que nous, c’est vrai. Mais quand même…  ça va fort, chez la Flat Earth Society. Très fort.

Juste un exemple: « Antarctica is sealed off from the rest of the world by ‘red tape’ […] that make exploration of Antarctica virtually impossible for anyone. »

CQFD 🙂

H comme horreur du vide

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Dans le silence très relatif de la nuit chilienne, elle a senti avec terreur la terre gronder et trembler pendant de longues minutes, ne parvenant à se décider s’il valait mieux sortir de la chambre ou attendre tranquillement que ça passe.

Dans le silence très relatif de la nature finlandaise, en fond sonore parmi d’autres bruits et cris divers, le ‘zonzon’ de milliers de moustiques l’a finalement décidée à retourner se coucher à l’abri d’une maison et de sa moustiquaire.

Et là, devant le spectacle grandiose de l’infinité de l’océan, elle se demande quel idiot a été effrayé par « le silence éternel des espaces infinis ».

Le fracas assourdissant des vagues sur les rochers, les grondements de l’orage, voilà ce qui l’effraie et l’attire en même temps.

Bien campée sur ses deux jambes, les mains dans les poches de sa grosse vareuse au col relevé, elle admire le spectacle et se dit qu’il n’y a pas de meilleur endroit que cette bonne vieille terre.

Pour le silence éternel des espaces infinis, elle préfère passer son tour…

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Tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie. Il fallait utiliser cette citation de Blaise Pascal: « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie »

Pour ceux qui veulent tout savoir sur Pascal et sur la nature qui n’a pas du tout horreur du vide…

Et pour ce qui est du silence sur Mars, voir ici 🙂

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