H comme heures exquises

Constater au réveil qu’on a bien dormi
Prendre le café avec une amie qui est à 1500 km
Rire
Recevoir un message, une carte, une lettre
Entendre des chants d’oiseaux, une belle musique
Rire
Voir des amis et fêter une amitié au restaurant
Rencontrer un(e) ancien(ne) élève
Rire
Marcher dans la nature
S’installer confortablement pour un bon livre, un bon film
Rire
Aimer les enfants des autres
être heureuse quand après de longues explications le petit s’écrie « ça a fait ding ding dans ma tête! J’ai compris! C’est facile, en fait! »
Et rire.

***

écrit d’après la consigne suivante de Joe Krapov, qu’on remercie vivement d’avoir repris les krapoveries!

Le Sel de la vie

Vous étiez en vacances ou vous êtes resté·e chez vous cet été. Vous avez vécu ces deux derniers mois des moments que vous n’avez pas volés.

A l’instar de Françoise Héritier, listez donc sous la forme d’une liste de verbes à l’infinitif suivis de leurs compléments ceux dont vous vous souvenez et qui pourraient constituer, selon vous, le sel de la vie.

H comme Hongrois

Épépé

Figurez-vous un garçon de 17 ans qui n’a jamais vu Bruxelles.
Sa capitale.
A seulement une heure de route en voiture.

Vous comprenez qu’il fallait y remédier.
Montrer la Grand-Place.
Le Mont des Arts et l’Albertine.
Le parc et le palais royal.

Justement il est ouvert à la visite, ces jours-ci.

La galerie de la Reine.
Prendre un café chez Mokafé.
Et rentrer dans la merveilleuse librairie Tropismes.

– Je n’achète plus de livres! a déclaré l’Adrienne.

Et elle est ressortie avec celui-ci 🙂

Premières pages à lire ici.

H comme Hond!

Mini-Adrienne et son petit frère auraient bien aimé avoir un chien, mais leur père était inflexible : aucun animal, pas même un poisson rouge !

Alors, jusqu’à l’arrivée de Chien Parfait dans sa vie, en novembre 1987, elle a dû se contenter des chiens des autres.

à commencer par Gita, la grande chienne noire de monsieur Redon, de l’Hôtel de la Plage à Saint-Jean-le-Thomas, qui l’escortait tranquillement à travers prés jusqu’au bord de mer, puis s’en retournait chez elle.

Ensuite il y a eu le chien d’Anna, la voisine de grand-mère, une sorte de corniaud à poils ras qu’Anna avait appelé Sijske.

– C’est quoi, ça, comme nom ? lui avait dit grand-mère Adrienne, mais Anna avait tenu bon et chaque fois qu’elle appelait son chien « Sijske ! Sijske ! », grand-mère haussait les épaules et bougonnait « C’est pas un nom pour un chien, ça ! », ce que Sijske confirmait en ne répondant jamais aux appels de sa maîtresse.

Grand-mère elle-même avait eu un chien au cours de l’été 1944 et l’avait appelé Maquis. On pourrait en conclure qu’elle avait des idées bien à elle sur ce qui était – ou pas – un nom de chien.

Celui-là, mini-Adrienne ne l’a connu qu’en photo, petite boule de poils blancs qui se glissait dans la manche du battle-dress de Bob, un des soldats anglais qui logeaient chez grand-mère à la Libération.

Mais aujourd’hui que l’Adrienne habite en ville, elle aimerait qu’il y ait un peu moins de chiens dans sa vie, surtout de ceux qu’on laisse aboyer dehors toute la nuit, ou les bouledogues des voisins, qui aboient dès six heures du matin 😉

***

écrit pour le Défi du samedi 671 où Walrus proposait la photo d’un chihuahua 🙂

La photo ci-dessus vient d’une carte postale envoyée par Colo l’an dernier, quand on était privés de coiffeurs.

Merci à tous!

H comme hyménée

ça t’embêterait si je partais une semaine en vacances à la fin du mois?

Moi toute seule, précise-t-elle.

Il émet un grommellement.

– Je te laisserais de quoi manger au frigo.

Là, par bonheur, les chiens se sont mis à aboyer et il a pu se défouler en leur criant de se taire.

Deux jours, s’est dit l’Adrienne en éclatant de rire!

Deux jours exactement qu’ils ont gravé leurs noms au bas d’un parchemin, devant l’échevin de l’état-civil et leurs témoins 🙂

***

Toute la soirée l’Adrienne a remercié mentalement ses voisins de lui procurer tant de raisons de rigoler.

Les entendre vivre, c’est du sketch de six heures du matin à dix heures du soir 🙂

H comme haar

Il y avait comme un air de griserie dans le parc, dimanche matin. Depuis la veille, les terrasses étaient ouvertes et on voyait des gens installés sous les parasols, bien sagement espacés avec un maximum de quatre par table.

D’autres marchaient pressés, un bouquet de fleurs à la main, pour une épouse, une maman.

Bref, un air de fête.

Madame avait décidé de s’offrir un cappuccino à la terrasse d’une ancienne élève que son Bac+5 en sociologie n’avait pas empêchée de se lancer dans la reprise d’un café.
Juste avant la pandémie.
Vous comprenez donc la sympathie de Madame.

Il faisait un temps à lunettes de soleil, aussi se promenait-elle en jupette et sandalettes.
Erreur fatale.

– Tu me reconnais avec le masque? demande-t-elle à Marie, puisque ça fait tout de même une paire d’années qu’elles ne se sont plus vues.
U bent geen haar veranderd! (1) répond-elle.

Ce qui a beaucoup fait rire Madame, parce que si quelque chose a bien changé, ce sont ses cheveux, qui ont cessé d’être courts.

Le cappuccino ressemblait à un latte – avec la pandémie, Marie n’a pas eu l’occasion d’exercer ses talents de barista – mais la conversation était fort agréable.

C’est au moment de payer que Madame a compris que le temps chaud lui avait été fatal: son portefeuille et sa carte de banque étaient restés dans la poche de son manteau.

Par bonheur, il lui restait un billet de 5 €.

Sans cela, le geste de sympathie aurait dû s’appliquer en sens inverse 🙂

***

(1) littéralement, l’expression en néerlandais se traduit par « vous n’avez pas changé d’un cheveu » (haar = cheveu)

Merci à Monsieur le Goût pour ses consignes:

M. Caillebotte n’a pas peint que le pont de l’Europe, la gare Saint Lazare, des « racleurs de parquet » ou les trottoirs parisiens. Non, il a peint aussi de la verdure. Et pas que celle de sa propriété d’Yerres. Je vous soumets cette toile qui me prouve que là où je me suis promené il y a peu était beaucoup plus touffu il y a 150 ans qu’aujourd’hui. Les bancs n’ont cependant pas changé. Que vous dit cette toile ? Un souvenir de parc bien loin de celui-ci apparaît dans ma cervelle noyée dans son habituel « cafouillon » matinal…

H comme Habsbourg

Juan de Flandes, portret van een infante

Ah! si l’Adrienne osait, il y en aurait, des expos où elle se rendrait!

Comme celle-ci, par exemple, à Malines, d’où vient la photo d’illustration: Les enfants de la Renaissance.

Dans sa version en néerlandais, le texte pose la question à zéro franc: Les petits princes de Habsbourg avaient à Malines les meilleurs professeurs, les plus beaux vêtements, les plus jolis jouets, les meilleurs livres… mais étaient-ils heureux?

Ci-dessous, une petite vidéo explique qu’à Malines, ils aimeraient bien récupérer l’armure que l’empereur Maximilien avait fait faire pour son petit-fils, le futur Charles Quint. Fabriquer l’armure, à Vienne, avait pris tellement de temps, que l’enfant avait trop grandi pour la porter et qu’elle est restée à Vienne 🙂

H comme horribilis

A l’époque des faits, l’Adrienne s’était retenue d’en parler.
Trop proche.
Trop concernée.
Trop horrifiée.

En classe, jusqu’à il y a un peu plus d’un an, elle a toujours eu des élèves de toutes les confessions.
Des athées et des musulmans.
Des catholiques plus ou moins convaincus.
Des orthodoxes grecs. Russes.
Une famille juive.
Elle en oublie sûrement.

En classe chaque année elle faisait lire Voltaire.
Et chaque année ce beau poème d’Abdellatif Laâbi: Les tueurs sont à l’affût.

Puis hier matin elle lit que tout cet horrible engrenage qui a conduit à l’assassinat d’un prof français a été mis en branle à cause d’un mensonge.

Qu’une gamine de 13 ans a menti à son père.

Et que c’est sur la base de ce mensonge que tout le battage est parti.

Jusqu’à ce que mort s’en suive.

***

Enseigner l’esprit critique, qui fait qu’on vérifie, qu’on réfléchit, qu’on ne saute pas sur la première rumeur venue… Il n’y a rien de plus difficile.

H comme humour

<img src="https://static.standaard.be/Assets/Images_Upload/2021/02/09/c1319e8a-684d-11eb-b49f-69a5c31b7ebc_web_scale_0.1058201_0.1058201__.jpg?maxheight=600&maxwidth=938&scale=downscaleonly&quot; alt="<P>Zaterdag 6 februari

Vlaamse kapper, coiffeur flamand – source ici

Le râleur sachant râler a eu de la matière à foison, ces dix derniers mois et depuis novembre, ce qui tient le haut de l’affiche, c’est la fermeture/réouverture des salons de coiffure.

La coiffeuse de l’Adrienne, qui n’a déjà « pas le moral » en temps ordinaire, a de quoi faire.

Elle a très mal vécu la fermeture du premier confinement.
Elle a très mal vécu les investissements qu’elle a dû faire pour pouvoir rouvrir l’été dernier: la coupe coûtait quelques euros de plus, à cause du gel hydroalcoolique qu’elle devait fournir.
Elle a très mal vécu les trois mois de fermeture cet hiver.

Pensez-vous qu’elle soit heureuse de pouvoir rouvrir samedi?

Détrompez-vous: elle devra servir la clientèle en gardant ouvertes les portes et les fenêtres.

L’Adrienne attendra encore un peu avant d’y aller 😉

***

le dessin humoristique de Lectrr lui plairait sûrement 🙂

H comme homothétie

L'homothétie | Alloprof
source ici

Est-ce que ça vous arrive aussi de vous réveiller le matin avec un mot en tête qui vous vient vous-ne-savez-d’où-ni-pourquoi?

L’Adrienne, elle a ça très souvent.

Ainsi l’autre jour au réveil, elle avait en tête le mot ‘homothétie’.

Elle l’a tourné et retourné plusieurs fois en bouche comme s’il s’agissait d’un chocolat.
Elle aime les mots.

Elle ne savait plus du tout ce que ça voulait dire.
Croyait vaguement que ce devait être une figure de style…

Et bien non.

Comme vous le savez sûrement.

C’est un truc qu’elle a dû voir au cours de maths quand elle avait à peu près quatorze ans.

Et plus jamais, jamais rencontré depuis.

Jusqu’à ce matin-là, au réveil.

Quelqu’un a dit bizarre?

H comme horribilis

tintin
Flobert

Nestor avec sa raclette, sa lavette, sa ramassette, sa loque à poussière, son torchon… était contraire.

Oui, l’année avait été mauvaise et ce n’était pas avec un ballotin de pralines à Noël qu’on allait l’amadouer.

J’en ai ma claque de leurs carabistouilles, grommelait-il entre ses dents, et tant pis le ménage sera fait rouf-rouf, qu’ils tirent leur plan!

Au milieu de son bazar on a toqué à la porte.

Milliardidju, ce sera encore ce marticot de Séraphin Lampion qui vient nous vendre son brol!

– Bonjour tout le monde! a crié Tintin, une main sur la clenche et l’autre portant ses filets à commissions.
Je nous ai rapporté des couques au beurre et du filet américain!

A la bonne heure, a soupiré Nestor, ils vont encore me mettre des miettes partout! Moi, le 31 décembre, je prends ma pension!

***

écrit pour l’agenda ironique de décembre qui demandait de combiner le thème de l’annus horribilis à des régionalismes, dont au moins un juron.

J’ai été très heureuse de pouvoir lâcher un maximum de belgicismes, chose que j’évite de mon mieux en temps normal 🙂