H comme Henao

Vous le savez, quand on va à une expo, c’est pour découvrir des choses, les voir de près, les voir en « vrai », les scruter, se documenter.

Le plus souvent, on apprend aussi des choses auxquelles on ne s’attendait pas.

Par exemple à l’expo à la KBR on apprend que notre province de Hainaut, en espagnol, se dit Henao.

– Mais que diable… vous demandez-vous.

Et bien c’est simple: l’Adrienne aime avoir un fascicule explicatif sur papier.
Il y en avait en deux langues.
Allemand ou espagnol?
Vous avez compris 🙂

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Tout savoir sur les Chroniques de Hainaut? C’est ici.

Vous y trouverez également l’illustration ci-dessus, le document entier est numérisé et consultable ici.

Pour la « véritable histoire » de la succession du Hainaut, c’est ici.

H comme hoya carnosa

En pénétrant dans la pièce, on ne peut que la voir, énorme, occupant toute la cheminée de marbre gris, avec le grand miroir derrière, ses lianes touchant presque jusqu’à terre, en pleine floraison:

– Quel magnifique hoya carnosa! s’exclame spontanément l’Adrienne.
– Euh… Quoi? demande Barbara.
– Oh pardon! fait l’Adrienne, qui s’excuse quand les autres la bousculent ou lui marchent sur le pied, donc a fortiori quand elle emploie un mot qui peut sembler pédant.

Hélas, elle est ainsi faite, elle aime connaître le nom des choses et les mots exacts, mais il vaut souvent mieux garder toute cette « science » pour soi.

Heureusement, Barbara ne s’en formalise pas:

– Oh moi je n’y connais rien en plantes, j’essaie juste de ne pas les faire mourir, ce qui ne réussit pas souvent.

Mais là, avec le hoya carnosa, elle a de la chance: c’est vraiment très résistant. L’Adrienne le sait, elle en avait un dans la maison d’autrefois, où il y avait de la place pour des tas de plantes, même des géantes comme le philodendron ou l’araucaria, un exemplaire magnifique qu’elle avait reçu tout petit et qui touchait le plafond.

Puis il a fallu partir et elle a tout donné.
Dans la maison de ville, il y a à peine la place pour quelques orchidées.

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source de la photo ici.

H comme hier

Hier pour la première fois nous n’avons pas pu lui parler, la voir, l’embrasser pour lui souhaiter son anniversaire.
Elle nous manque beaucoup.
A son mari, à ses enfants, à ses petits-enfants et à l’Adrienne, qui l’appelait sa Tantine.

Hier chez l’ostéopathe, quand l’Adrienne expliquait que ses crampes d’estomac ont commencé la nuit où elle a été l’auditrice (très) involontaire d’une violente dispute entre ses voisins, dispute à laquelle assistait aussi une petite fille qui logeait chez eux, l’ostéopathe lui a demandé pourquoi ça la touchait tellement et la réponse « parce que c’est un enfant! on ne peut pas faire ça à un enfant, ça me déchirait le cœur de l’entendre éclater en sanglots » ne l’avait pas satisfaite.

Probablement, disait-elle, que ça touchait quelque chose de plus personnel, un souvenir de sa propre enfance, peut-être?

Évidemment que l’Adrienne a un souvenir d’enfance comme celui-là.
Qu’elle a été témoin d’une dispute violente, à l’âge de sept ans, assise dans un coin de la pièce où les trois adultes l’avaient apparemment oubliée et se lançaient les unes aux autres leurs « quatre vérités ».

Les trois adultes de la photo ci-dessus.
Et l’adorable Tantine est celle du milieu, bien sûr 🙂

H comme Haruki

La première fois qu’un élève a déclaré à Madame:

– Moi, je n’aime pas la poésie.

Il lui a bien fallu trois secondes pour déglutir et arriver à prononcer un:

– Ah bon?

Suivi de la question:

– En néerlandais non plus?

Après elle en faisait un défi personnel de réussir à trouver LE poème qui parlerait à l’élève imperméable à ses beautés.

Mais toujours, quelque part, et pendant de nombreuses années, il lui restait dans la tête une sorte de « comment peut-on ne pas aimer la poésie?« 

Bref, aujourd’hui elle comprend, bien sûr.

Prenez par exemple ces millions de gens qui adorent la littérature japonaise en général et Murakami en particulier.

Et Madame?

Et bien, elle continue à faire des efforts et à espérer qu’un jour, elle sera « touchée » 🙂

En ce moment, elle lit ceci.

F comme fin

– Ah! tout de même! tout de même quelqu’un!
– Maman, je te signale qu’on est là tous les jours…
– Ferme la porte!

Elle le sait bien, pourtant, que sa vieille maman « est perdue dans sa tête » comme elle-même le disait à propos de sa propre mère.
Que tous ses souvenirs des dernières décennies sont noyés dans un magma affolant.
Que le jour viendra où elle ne se souviendra plus du nom de ses enfants, elle qui les a tant aimés.
Que cette perspective effrayante l’attend sans doute aussi et qu’elle fera vivre à son fils ce qu’elle vit en ce moment: une vieille maman tout usée, qui ne trouve plus rien et s’effraye de tout.
Qui pleure quand elle a un moment de lucidité.
Et à d’autres moments ne sait plus que cette jeune femme attirante, brune et souriante sur la photo à côté de ce jeune homme aux yeux bleus, c’est elle.

Qui veut qu’on ferme la porte quand elle est ouverte et qu’on l’ouvre quand elle est fermée.

– Vieillir comme ça, disait-elle à propos de sa propre mère, mieux vaut mourir!

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Merci à Monsieur Le Goût pour son 134e devoir:

Encore une histoire de porte. Celles qui donnent sur de nouveaux mondes. Celles qui donnent sur des mondes anciens. Ce qui serait chouette, c’est que vous réussissiez à y mettre les mots: attirer – affoler – effrayer – fermer – ouvrir – trouver – aimer – perdre – mourir – noyer.

Peu importe le temps, le mode, ou que ces verbes soient usés de façon pronominale ou non.

H comme histoire musicale

Dominique nique nique chantait mini-Adrienne à une époque où les moins de vingt ans ne connaissaient pas encore le terme argotique, devenu si banal aujourd’hui qu’on peut entendre une jeune maman parlant de sa fille de dix mois: « Elle a complètement niqué sa robe! »
*soupir*

Réflexe de prof, sans doute, Madame aurait préféré entendre « Elle a sali sa robe » ou « sa robe est bonne à jeter » et toutes les gradations entre ces deux.

Misère de la langue française! Petit frère s’est bien adapté et dit désormais lui aussi « Donne-lui pas ça! », histoire de se fondre dans le décor ambiant.

Fatalement, les oreilles de l’Adrienne ont tinté toute la journée, à cette fête avec 120 personnes 😉

Solécisme, c’est comme ça que ça s’appelle, quand on emploie de manière fautive une forme grammaticale existante.
Mais bien sûr on a gardé le silence. On n’a pas fait sa prof 😉

La faute à qui ou à quoi, si tous là-bas disent « mets-toi pas là! » au lieu de « ne te mets pas là »? Pourquoi de telles erreurs alors que c’était parfaitement à la portée des petits Flamands de Madame?

Si vous avez une idée, n’hésitez pas à le dire 🙂

Écrit pour l’Agenda ironique de juillet 2022.

Chaque paragraphe commence par une des sept notes de musique, dans l’ordre, et il y a les mots imposés: silence, soupir et portée.

H comme Herzmuskelschwäche

C’est la recherche généalogique qui a fait apprendre ce mot à l’Adrienne et c’est la vue du mot ‘Mauthausen’ à propos du grand-père de Thomas Gunzig qui le lui a tout à coup rappelé. En plus de la mort toute récente, le 31 mai, de madame Andrée Geulen.

Herzmuskelschwäche: Herz veut dire cœur, muskel, c’est évidemment muscle et Schwäche signifie faiblesse.

C’est ce mot-là que l’on trouve le plus souvent sur la fiche de décès des résistants torturés à mort par la Gestapo: faiblesse du muscle cardiaque.

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Pour ceux qui en veulent un exemple, voir par exemple cette page du site Mémorial de Mauthausen

H comme hymne

Χαίρε, ω χαίρε, ελευθεριά, peut-on lire sur un monument de marbre blanc, en bord de mer à Nafplio.
Aucune autre inscription pour aider à comprendre.

On se souvient juste qu’ελευθεριά signifie ‘liberté’, donc une petite recherche s’impose.

Elle mène à Dionýsios Solomós, auteur de l’Hymne à la liberté, en 158 quatrains! Les 24 premiers forment l’hymne national grec, mis en musique par Nikólaos Mántzaros.

Jugez vous-mêmes ci-dessous, vous y avez le texte et la musique des deux premiers quatrains, et ensuite une version plus glamour 🙂

H comme Hulda

Cette année, on fête le bicentenaire de la naissance du compositeur né à Liège, César Franck.

L’occasion pour les deux grands orchestres liégeois – l’orchestre philharmonique royal de Liège et l’opéra royal de Liège – de faire entendre des œuvres souvent peu ou mal connues.

Comme cet opéra dont l’Adrienne ignorait l’existence 🙂

Pour ceux qui voudraient se rafraîchir la mémoire musicale, trente minutes avec Martha et Renaud:

H comme Hop

– Vous cultivez le houblon? demande l’Adrienne à la dame chez qui elle vient d’arriver.

Elle s’était laissé prendre à l’aspect du lieu – grande ferme entourée de champs hérissés de perches à houblon – mais elle se trompait: la dernière génération a transformé la ferme familiale en ‘Bed and breakfast‘.

En visitant le musée du houblon on en voit la confirmation sur une grande carte du monde: en Belgique, il ne reste plus que 181 hectares en exploitation, répartis sur 23 producteurs dont 18 autour de Poperinge.

Tout savoir sur le houblon belge: c’est ici.
Pour voir les activités des douze mois de l’année dans une ferme en culture biologique du houblon de Poperinge (Proven), c’est ici.

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photo prise à Poperinge le 9 mars – on peut voir les gens au travail et le chien qui surveille la photographe.

Le titre ‘hop‘ veut dire houblon – le ‘bed & breakfast‘ est situé dans l’ancien ‘hopast‘, séchoir à houblon.