H comme Hond

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Le voilà, l’animal dont il faut prendre soin pendant que ses maîtres sont en voyage de noces.

Il est grand et bien élevé. Il aime poser pour les photos.

Il s’appelle Ted.

– C’est grâce à moi qu’ils ont leur chien, m’a confié un homme à la fête, en guise de préambule et présentations.

Il semblait considérer que ça lui valait ses lettres de noblesse.

Ou que ça justifiait sa présence en ce lieu puisque le chien était là avant que le couple n’existe 🙂

H comme heureux évènement (bis)

Il y avait déjà eu une naissance dans la famille des éléphants en février et ce 8 juin un deuxième bébé est arrivé.

La maman s’est débrouillée toute seule, dit le soignant, le bébé a très vite réussi à se mettre sur ses quatre pattes et les autres femelles forment un solide cercle de famille. Tout va donc très bien.

Faudra que l’Adrienne finisse par aller faire un tout à Pairi Daiza 🙂

Longue vie à cette jolie – et touchante – petite bête!

article ici.

 

H comme horticulture

DSCI7286L’Adrienne, vous le savez, est allée écouter Monsieur l’Ingénieur des Travaux publics, un jeudi soir de fin avril.

– La phase 1 et la phase 2 des travaux sont à présents terminées, a-t-il déclaré en montrant un PowerPoint où tout était soigneusement listé, les aspects administratifs (expropriations et permis divers, analyse de terrain, fouille archéologique) et les travaux préparatifs (eau, gaz, téléphone, électricité). Prochaine étape, lundi 20 mai, début des gros travaux…

Etc., vous connaissez la suite.

Par conséquent, vous pouvez imaginer la surprise de l’Adrienne quand, le lundi suivant, vers les sept heures du matin, elle voit une petite pelleteuse qui s’amuse à arracher ses hortensias.

Oui, vous avez bien lu, ces précieux hortensias sauvés du précédent carnage

L’Adrienne en aurait pleuré. Le gars à la pelleteuse a dû voir son désarroi.

– Mais alors, a dit l’Adrienne, ce bout de terrain, il est à moi ou pas? Vous pouvez y faire des trous, comme ça, sans prévenir?

Elle fait de grands gestes pour expliquer que les hortensias sauvés de là (elle tend les deux bras vers la droite) elle ne les aurait pas replantés là (grand geste vers la gauche) si elle avait su que c’était pour les voir arrachés quelques mois plus tard.

Le type était un peu embêté mais pas contrariant:

– On va faire attention, a-t-il dit, comme ça vous pourrez les replanter, après.

C’était l’heure de l’école, alors l’Adrienne a essayé de ne pas trop penser à ses hortensias, ses belles tulipes, ses ruines-de-Rome, ses jacinthes…, qu’il y avait des choses bien plus graves que ça, ce qui est fait est fait, etc. etc.

Hier matin, quand les collègues arrivent dans le bureau des coordinatrices, elles disent à l’Adrienne:

– Des types sont en train de ratisser ton jardin…

– Ratisser mon jardin? fait l’Adrienne hébétée.

Et oui, en rentrant chez elle, elle a constaté que les gars de l’eau avaient replanté eux-mêmes ses hortensias…

***

photo ci-dessus: le « brol » que les gars de l’eau ont dû retirer du jardin pour le remplacer par du matériel neuf…

H comme heure d’été

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En ce début d’avril, on réinstalle les cabines de plage. Bien blanches, pimpantes et rangées sur une ligne droite, toutes à égale distance les unes des autres, comme on les aime 🙂

Plus loin, de grosses pelleteuses brassent des tonnes de sable qui ont tendance chaque hiver à envahir la digue. En de nombreux endroits, les escaliers qui descendent vers la plage sont devenus des ornements inutiles.

Une petite fille, armée d’une pelle d’enfant, s’acharne à creuser pour arriver jusqu’aux marches, mettre au jour la balustrade de métal. On lui souhaite bien du courage.

Du matin au soir, c’est la passeggiata. Tous les âges, toutes les langues, toutes les couleurs, à pied, à vélo, en trottinette, en patins à roulettes…

Une seule constante: l’odeur des gaufres qui donne à toute heure des envies de nourriture; les queues sont longues devant les échoppes où bizarrement, les gens se laissent surtout tenter par des glaces.

C’est l’heure d’été 🙂

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digue d’Ostende, 7 avril, 7 heures du soir.

 

H comme Honduras

Combat – Clementina Suárez (Honduras, 1902-1991)
Je suis une poète, 
une armée de poètes.
Et aujourd’hui je veux écrire un poème, 
un poème sifflets,
un poème fusils 
pour le coller sur les portes,
sur les cellules des prisons, 
sur les murs des écoles.
Je veux aujourd’hui construire et détruire, 
élever un échafaudage d’espoir.
Réveiller l’enfant, 
archange des épées, 
être éclair, tonnerre,
avec une stature d’héroïne
pour trancher, ravager
 les racines pourries de mon peuple.
(Trad: Colo chez qui j’ai aussi pris l’illustration ci-dessus)
Combate
Yo soy un poeta,
un ejército de poetas.
Y hoy quiero escribir un poema,
un poema silbatos,
un poema fusiles
para pegarlos en las puertas,
en la celda de las prisiones,
en los muros de las escuelas.
Hoy quiero construir y destruir,
levantar en andamios la esperanza.
Despertar al niño
arcángel de las espadas,
ser relámpago, trueno,
con estatura de héroe
para talar, arrasar
las podridas raíces de mi pueblo.
Gevecht
Ik ben een dichter
een leger van dichters.
En vandaag wil ik een gedicht schrijven,
een gedicht als fluitsignaal,
een gedicht als geweer
om op te hangen aan de deuren,
in de cellen van de gevangenissen,
en aan de muren van de scholen.
Vandaag wil ik bouwen en afbreken,
de steigers van de hoop oprichten.
Het kind wakker maken
aartsengel van de zwaarden,
bliksem zijn, donder,
met de gestalte van een held
om te snoeien en te hakken
in de rotte wortels van mijn volk.
(traduction de l’Adrienne)
Première femme du Honduras à avoir publié un livre et pourtant, dit la notice wikipédia qui lui est consacrée,  « la gente se interesaba más por sus amantes que por su poesía« . Inutile de vous le traduire, je pense 😉
D’autres poèmes de cette femme libre ici et un bon article de fond ici.

H comme heureux

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Le vieux petit monsieur à longue barbe grise a de vieilles baskets trouées rafistolées avec du fil de fer. Mais il a toujours l’air heureux.

Maintenant que les jardinets ont été remplacés par de la boue et de la pierraille – cinq fois déjà que les dernières fleurettes, les derniers vers de terre rescapés ont été dérangés pour divers travaux préparatifs – il se tient dans l’ouverture de sa porte et hèle l’Adrienne si l’échange doit être plus important qu’un bonjour météorologique.

Comme c’était le cas hier matin: il s’approche, une enveloppe blanche à la main, pour la faire lire à l’Adrienne. C’est l’annonce d’une naissance et une invitation à un ‘babyborrel‘. Quelle bonne nouvelle, s’écrie-t-elle, toutes mes félicitations! vous avez un petit-fils? Non, dit-il, c’est chez mon frère. Mais vous serez de la fête, dit-elle, c’est super!

Le vieux petit monsieur à longue barbe grise a de vieilles baskets trouées rafistolées avec du fil de fer. Mais il a toujours l’air heureux. Et toujours une bonne nouvelle à annoncer.

H comme heures bleues

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Que ce soit le 31 décembre, le premier, deux ou trois janvier, toutes les photos baignent dans une lumière bleutée, à part quelques-unes du matin gris à Reykjavik.

Neige ou blocs de lave, mer, ciel ou rivière, en photo tout a l’air bleu.

Comme celle-ci, prise le 31 dans le parc national (naturel) Þingvellir. (1)

Les Islandais sont très fiers de ce lieu, non seulement pour ses nombreuses particularités géographiques – on se trouve sur une faille nettement visible entre les plaques tectoniques eurasienne et américaine, par exemple, qui se creuse paraît-il un peu plus chaque année – mais peut-être encore plus pour sa valeur historique.

Au 10e siècle déjà, cet endroit a été choisi pour le rassemblement annuel des chefs, probablement parce qu’il était le plus central. Lieu de rencontres et de débats: on avait quinze jours pour prendre des décisions politiques, trancher des questions juridiques, faire la fête, se trouver un partenaire.

Ce système a fonctionné pendant environ huit cents ans, jusqu’à la dissolution du parlement islandais par la couronne danoise.

Certains pensent que c’est aussi grâce à ces rencontres annuelles que la langue est restée une, sans variantes dialectales, avec le même accent partout sur le territoire.

(1) Le Þ se prononce comme le th anglais.