P comme Petit Poucet

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Petit Poucet est l’unique enfant de ses deux parents.
Le seul petit-enfant de ses quatre grands-parents.
Le seul neveu de ses quatre oncles et tantes.

Ça fait beaucoup d’amour à recevoir et sans doute aussi beaucoup d’attentes à combler.

L’Adrienne observe ce Petit Prince de quinze mois et ses premiers balbutiements. Chacun l’entoure avec empressement pour lui faire répéter les noms magiques: son premier mot sera-t-il maman? ou papa? tonton? ou tata?

Petit Poucet a mis tout le monde d’accord: son premier mot a été TRAIN 🙂

P comme poliment et prudemment

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Combien de fois l’Adrienne a eu la question, ces derniers jours: Vous étiez déjà venue en Angleterre? Votre maman a déjà vu l’Angleterre? Votre neveu a déjà visité l’Angleterre?

Chaque fois il faut essayer de répondre prudemment pour ne pas froisser les sentiments nationaux. Le plus facile, c’est quand il s’agit de l’Adrienne:

– Oui, il y a eu ce voyage scolaire à Londres, quand elle était en cinquième (en Première), des voyages dans la région de Canterbury, comme prof, avec les élèves de quatrième (la Seconde), un autre séjour à Londres avec Monsieur Mari et bien sûr Bradford, dans le Yorkshire, il y a plus de douze ans, chez l’amie qui se marie ces jours-ci.

Mais comment expliquer poliment à un fier sujet de Sa Majesté pourquoi sa mère n’a jamais mis les pieds en Angleterre – sauf un aller-retour d’un jour Ostende-Douvres avec les beaux-parents de l’Adrienne – malgré l’envie qu’elle en avait?

Car pour le père il n’y avait qu’une destination possible, c’était la France. L’Angleterre, il ne voulait pas y mettre les pieds, sous prétexte que « quand c’est chaud c’est de la bière et quand c’est froid c’est de la soupe ».

Et Monsieur Neveu? Après ses cours d’anglais au lycée et ses deux ans d’anglais en faculté de Droit, il n’est toujours pas capable de comprendre ni de parler cette langue. Il est venu en Angleterre pour un séjour linguistique dans une famille où probablement l’échange de connaissance des langues s’est fait dans l’autre sens, vu qu’il n’en a rien retiré.

– Il ne faut pas compter sur lui pour acheter un billet de train, dit la mère, qui a potassé son mini-dictionnaire d’anglais en vue de ce voyage, histoire de remettre à jour ses connaissances acquises en secondaire, au début des années 1950.

***

photo prise depuis la terrasse du cottage de tante Ginny à Runswick Bay, avec la silhouette reconnaissable de la falaise en forme de tête de crocodile.

P comme pétitions

Mercredi, midi dix. L’Adrienne reçoit un message dont le titre la surprend beaucoup, il commence par « Grâce à vous… »

Non, se dit l’Adrienne, ce n’est pas grâce à moi. Quarante mille Belges ont signé cette pétition. L’UCL s’est mobilisée. Deux cents personnes ont protesté devant l’ambassade du Nicaragua à Bruxelles.

C’est grâce à tous ces gens qu’Amalia Coppens est libérée.

Mais ça fait tout de même plaisir de savoir que les pétitions, ça peut aider.

Parfois, on en douterait…

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La photo vient du site d’Amnesty international, Belgique francophone.

 

P comme podium et privilège

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« Belgische fles bubbels is de beste ter wereld« , les bulles belges meilleures au monde, titre mon journal d’hier à sa page Life & Style, suite à un concours international où un mousseux (méthode traditionnelle) d’un domaine viticole belge, la Cuvée Prestige 2014 du Domaine du Chant d’Éole, a été primé.

Que nos amis français se rassurent, le vignoble belge est si peu étendu que sa production n’a aucun besoin de publicité, la demande dépasse largement l’offre. Et à ce même concours, on a aussi médaillé 261 vins français même si la concurrence internationale devient de plus en plus forte.

Pour ce qui est de la Belgique, il semblerait que le réchauffement climatique ait pour effet de faire ressembler toujours davantage le climat belge (ou plutôt wallon, dans ce cas) à celui de la Champagne. De plus, le Domaine du Chant d’Éole profiterait des bienfaits des éoliennes qui brassent l’air aux alentours.

Bref. 

L’illustration du billet vient du site du Domaine du Chant d’Éole où vous pourrez trouver toutes les infos qui vous intéressent.

P comme primeur

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C’est un malin, Ali, fort en maths, en sciences, bon en langues. Mais en quatrième, – l’équivalent de la Seconde, en France, – ça a foiré. On ne peut pas réussir en sciences et en maths fortes si on ne fait pas un minimum.

Pour sa cinquième – la Première, en France, si vous suivez toujours – il a donc bifurqué vers l’économie et les langues modernes. Et se retrouve sous l’aile de Madame.

– Je m’y attendais, lui répond-il, que vous alliez vouloir me parler de mes résultats. Ils ne sont pas très bons.

Moment de stupeur chez Madame: doit-elle en conclure que ceux qui se laissent aller attendent qu’elle les apostrophe pour qu’ils se remettent sur les rails du gai savoir?

Bref, Ali et Madame se sont mis d’accord pour quelques entretiens sur le travail et comment le planifier et ce que c’est, étudier.

Ne riez pas, ils sont nombreux à ne pas savoir ce que c’est.

– Donc, conclut Ali, je vais devoir faire des choix.

Il fait du bénévolat quatre jours de la semaine pour aider des enfants de l’école primaire à faire leurs devoirs et il fait du foot… sept jours sur sept, les matches, les entraînements, plus le footing, la musculation et ces choses-là, pour avoir la forme 😉

Alors, pour les vacances de Pâques, Madame a essayé une nouveauté: chaque matin, elle lui envoie un message sur son smartphone:

– Aujourd’hui, il y a trois chapitres de ton cours de néerlandais à revoir.

Et ainsi de suite.

On verra bien si ce P comme primeur ne sera pas P comme peine perdue 😉

P comme politesse

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Il est des hommes, lorsqu’on les aborde, avec lesquels les approches, les temps morts qu’exigent les règles de politesse, n’ont pas de sens, parce que ces hommes vivent en dehors de toute convention dans leur propre univers et qu’ils vous attirent aussitôt.

C’est une de ces contradictions que Madame relève chaque année chez ses élèves, quand il est question des relations entre les filles et les garçons, les hommes et les femmes: les filles se disent féministes et poussent de hauts cris dès que les garçons osent se croire supérieurs en l’un ou l’autre domaine. Puis, quand il est question de celui qui fera battre leur cœur, elle le rêvent bien fort en muscles, bien possessif et bien macho. Ce n’est pas le blondinet, le freluquet, le poussinet qui a la cote.

C’est exactement comme dans la chanson où Mireille Darc susurre « je ne serai jamais la femme d’un ange, les démons sont si beaux »

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Toile de Joshua Miels et consigne chez Lakévio« Il est des hommes, lorsqu’on les aborde, avec lesquels les approches, les temps morts qu’exigent les règles de politesse, n’ont pas de sens, parce que ces hommes vivent en dehors de toute convention dans leur propre univers et qu’ils vous attirent aussitôt. » extrait de  Le Lion de Joseph Kessel

Admiration, fascination, amour, amitié… Vous inclurez la phrase citée dans le portrait de votre choix.