K comme krapoverie

Tout était en l’air au château de M**l*ns*rt. Dupont et Dupond, le capitaine et Tintin, allaient et venaient, montaient et descendaient l’escalier, couraient dans les corridors, heurtaient, Nestor, dérangeaient le professeur Tournesol, cherchaient Milou. Bianca Castafiore et Irma soupiraient devant toute cette agitation, qu’elles ne partageaient pas, habituées qu’elles étaient aux séances d’habillage, de maquillage et à l’effervescence des plateaux de cinéma; elles étaient assises dans un salon qui donnait sur le chemin d’arrivée et pouvaient voir que chevaux, calèches et figurants étaient déjà en place.

De minute en minute, Tintin ou un de ses amis passait la tête à la porte et demandait :

« Eh bien ! toujours pas de nouvelles de Milou ?

– Rien de ce côté, répondait le Rossignol milanais sans même regarder.

Elle était plongée dans un magazine, assez satisfaite de la façon dont le journaliste avait repris ses mots sur l’art et le travail: mon travail, c’est de l’art, lui avait-elle dit, et la rédaction avait choisi de mettre cette petite phrase en gros titre, accompagné d’une photo de son meilleur profil.

Oui, elle était satisfaite.

Finalement, le seul à n’avoir pas été à la hauteur, c’était son violoncelliste.

Mais elle en avait l’habitude.

***

écrit d’après la consignes de Joe Krapov, Problèmes.
Merci à lui!

Les fans de la Comtesse auront reconnu l’incipit des Vacances, le livre préféré de l’Adrienne quand elle avait onze ans 🙂

18 commentaires sur « K comme krapoverie »

  1. Bravo à vous pour cette nouvelle Krapoverie et à Joe Krapov pour son énoncé.
    Apprendre que Bianca est contente du travail du journaliste me remplit de joie.

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  2. Une photo du Métro de Paris et ses rames Sprague !
    Tu aurais pu en trouver une en couleurs !
    Les rames étaient super chouettes avec leurs quatre wagons verts le cinquième, au milieu était rouge.
    Mais bon, c’est une krapoverie, pas une étude sur le Métropolitain. 😉
    Chouette note !

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    1. le violoncelle resté sur le quai, c’est même inimaginable!
      je connais un violoncelliste (professionnel), il emporte son instrument partout, comme d’autres leurs clés ou leur portefeuille, c’est juste un peu plus encombrant 😉

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  3. Adolescente tête en l’air, j’avais oublié ma guitare dans le train…
    Heureusement c’était à une époque où en Suisse tout finissait par se retrouver au guichet des objets trouvés.
    Mais le préposé à la gare, un musicien sans doute, m’avait sermonnée!
    ‘Un instrument, c’est précieux, faut le soigner et y faire plus attention’.
    Il avait raison bien sûr!
    😉

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    1. ah oui, quelle chance!
      oublier un truc dans le train, ça peut arriver facilement, surtout si c’est un objet qu’on n’emporte généralement pas (dans mon cas, un parapluie 😉 je ne prends jamais de parapluie et le jour où j’en avais emporté un, j’ai failli l’oublier dans le train, j’ai eu de la chance, la rame est restée juste assez longtemps à quai pour que je me rende compte de mon oubli et retourne le chercher avant que les portes ne se referment :-))

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  4. Quelle effervescence… Entre Tintin, l’art et les violoncelles…
    A propos de travail et et d’art on trouve de l’art même dans des métiers censés être scientifiques comme la médecine…

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