K comme krapoverie

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Une foule d’anonymes avait protesté sur les réseaux sociaux, menaçant de descendre dans les rues, même sous haute surveillance.

Pour éviter ce bras de fer, l’échevin des festivités était monté au créneau.

C’est clair, a-t-il affirmé, que le bourgmestre devra revoir sa copie. Cependant, comme vous le savez, un couac n’est pas permis. Du coup, dans l’entourage de l’échevinat, on s’est penchés sur la question. Faut-il avoir peur ou est-ce du grand n’importe quoi? Non! Ces festivités sont inscrites dans notre ADN et nous prenons votre grogne très au sérieux!

J’hallucine! a réagi l’un.
Que du bonheur! a fait l’autre.

Alors, entre improbable et incontournable, il fallait trouver le juste milieu.

Non, le carnaval n’aurait pas lieu, mais le char avec le roi et la reine des fous ferait le tour de la ville.

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Merci à Joe Krapov pour sa consigne des mots en toc et formules en tic 🙂

Je n’ai utilisé que la première moitié des mots proposés – ils sont mis en gras – et évité soigneusement de nommer ce mal qui répand la terreur, comme il était demandé. Gardons le reste sous le coude pour une prochaine fois:

Une foule d’anonymesSous haute surveillanceBras de ferMonter au créneauC’est clairComme vous le savezRevoir sa copieUn couac – Décalé – Au chevet – Du coupDans l’entourage – Fameux – Faut-il avoir peur – C’est frais – ADNDu grand n’importe quoiGrogneJ’hallucineQue du bonheurImprobableIncontournableJuste – Jeune femme – J’ai envie de rebondir – A la maison – Reprendre la main – Perdre la vie – Le dernier des grands – C’est énorme – Ou pas – Ne bougez pas – Vous êtes en train de me dire – Plutôt – Le Quotidien – Revisiter – J’ai le sentiment – Et en même temps – Surréaliste – J’ai envie de vous demander – En effet – Tout à fait – C’est pas faux – Très attendu – Merci infiniment – On vient de l’apprendre – J’adore – Vrai – Voilà – Jeune loup – Cocher toutes les cases.

K comme Kerstpiemels

‘Kerstpiemels’ Oudenburg zijn plots wereldnieuws
Oudenburg

Cette année ils avaient voulu faire quelque chose de spécial, de neuf.
De différent.
De festif.

Les temps sont durs, n’est-ce pas.

Alors les employés communaux de la petite ville d’Oudenburg (Flandre occidentale) ont eu l’idée d’installer ces lumignons en forme de bougies géantes.

Hélas, vous, moi, tout le monde et chacun y a vu ce qu’on appelle depuis leur installation en novembre des ‘kerstpiemels‘, des zizis de Noël.

Le bourgmestre assume entièrement la chose – les images ont fait le tour du monde, d’abord dans la presse anglo-saxonne – et réplique avec humour: « Nous ajouterons les boules plus tard. »

K comme krapoverie

La célèbre Sophie dévoile ici celui qui a été sa source d’inspiration pour le personnage du général Dourakine: il s’agit de son oncle préféré, le général Krapovine.

Dépêchez-vous de commander le livre qui vous dira tout sur une des plus belles figures de son œuvre romanesque!

Une petite mise en bouche?

On arriva à Gjatsk à sept heures. L’auberge était mauvaise : des canapés étroits et durs en guise de lits, deux chambres pour cinq voyageurs, un dîner médiocre, des chandelles pour tout éclairage. Le général allait et venait, les mains derrière lui ; il soufflait, il lançait des regards terribles. Personne ne lui parlait, de crainte d’amener une explosion de colère; mais, pour le distraire, on causait entre nous.

« Le général ne sera pas bien sur ce canapé, mon ami ; si nous en attachions deux ensemble pour en faire un lit ? »

Le général se retourna d’un air furieux. Je m’empressai de dire :

« Quelle folie, ma chère ! le général, ancien militaire, est habitué à des couchers bien autrement durs et mauvais. Crois-tu qu’à Sébastopol il ait eu toujours un lit à sa disposition ? La terre pour lit, un manteau pour couverture ! Et même parfois la neige pour matelas, le ciel pour couverture ! Le général est de force et d’âge à supporter bien d’autres privations. »

Le général était redevenu radieux et souriant.

« C’est ça, mon ami ! Bien répondu. Ces pauvres femmes n’ont pas idée de la vie militaire. »

Sophie de Ségurine, Le général Krapovine, éd. Fotofunia, 2020, p.12 (incipit).

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sur une idée de Joe Krapov, que je remercie:

Pendant ce confinement d’un mois, il vous est possible d’écrire un roman, un essai, un livre de recettes de cuisine, de beauté ou de santé.
Simplement votre éditeur a besoin :
Du titre du livre (pas trop long, SVP) ;
Du pseudonyme sous lequel vous allez le publier (c’est obligatoire, tout le monde doit sortir masqué ces temps-ci) ;
De l’illustration de couverture ;
Du texte de la quatrième de couverture.
Si en plus de cela vous pouvez lui envoyer le début du livre il sera le plus heureux des hommes !

K à profusion

Si jamais vous étiez en manque de K pour votre abécédaire, ouvrez le livre de Fiston Mwanza Mujilla à n’importe quelle page.

Les rivières s’y appellent Kwango, les villes Kiala, Kolwezi, Kinshasa, Kisangani, Kikvit, Kananga, les provinces Kasaï, Katanga, la prison Kasapa, l’hôtel Karavia, l’avenue Kimbangu, la chaussée de Kasenga, le quartier Kamalondo, le lac Kipopo, le petit séminaire Kabwe, la base militaire Kamina, les enfants soldats « kadogo », ‘petit bout de chou‘, le poste frontière zambien Kasumbaleza, l’instrument de musique kora, le musicien Kouyaté, les personnages fictifs Kalombo, Kabuya, Kavungu, Kasongo.

Et comme un des protagonistes est un écrivain autrichien, il va au café Kaiserfeld et aime Kleist, Keats et Kosovel.

CKFD!

K comme Kaavan

Free Kaavan the Elephant - Home | Facebook

Né en 1985, Kaavan a passé quasiment toute sa vie en captivité, dont une vingtaine enchaîné.

Ces cinq dernières années, l’opinion publique s’est émue de son triste sort et mobilisée pour qu’il puisse quitter ce zoo d’Islamabad et vivre dans un lieu plus adapté à ses besoins.

Cela devrait enfin avoir lieu…

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L’Adrienne aime les éléphants depuis qu’elle a neuf ans et qu’une copine de classe a fait un exposé sur cet animal merveilleux.

K comme Kaap

De campagne van de Oostendse cultuurhuizen.

A Ostende, dans les lieux de culture, on peut voir une série d’affiches qui posent la question de l’utilité de l’art.

Et si la musique, le théâtre, si toutes les formes d’art étaient le vaccin? nous demande-t-on, au moment où de plus en plus de gens s’insurgent contre le fait qu’on peut passer deux ou trois heures en avion, mais pas dans une salle de spectacle, où le gouverneur d’Anvers a fermé les théâtres, mais pas les cinémas et où les musiciens sont juste bons à jouer gratuitement sur les pelouses devant les maisons de retraite.

D’annulation en annulation, le monde artistique s’inquiète de n’avoir à ce jour encore aucune perspective en ce qui concerne la saison 2020-2021.

La culture, dit-on à KAAP, nous apporte réconfort, espoir, délassement et nous aide à vivre au quotidien.

Ce qui est vrai, bien sûr, comment survivre au confinement sans musique, sans livres…

Mais aujourd’hui le secteur culturel fait appel aussi au public: à lui de se manifester, par exemple en écrivant aux responsables politiques, pour faire bouger enfin quelque chose de positif.

photo de l’affiche ©rv De campagne van de Oostendse cultuurhuizen

K comme Karamat

Karamat est née en 2011 dans un zoo de Grande-Bretagne et est arrivée en Belgique deux ans plus tard, dans le cadre d’un programme international pour la sauvegarde et la reproduction du rhinocéros indien, dont l’habitat naturel – en Inde et au Népal – est de plus en plus menacé. En liberté ils seraient encore environ 2200.

Sans compter la menace des braconniers, en plus de la perte de leur habitat. 

Fin 2015, Karamat a eu son premier bébé, un petit mâle qui est aujourd’hui dans un zoo à Édimbourg.

Cette semaine elle a donné naissance à un bébé femelle pour lequel on cherche un prénom commençant par la lettre V.

Voyez comme Jolien [prononcer yoline], la dame qui soigne les trois rhinocéros de Planckendael, est heureuse d’avoir pu assister en direct à cet évènement 🙂

La naissance s’est passée en quelques minutes, nous explique-t-elle, le bébé de soixante kilos se porte bien, il était sur ses pattes en moins d’une demi-heure.

C’est maman Karamat qui décidera du moment où elle et son bébé sortiront prendre l’air et se montrer aux visiteurs.

 

K comme krapoverie

Jacques et Hubert Froidevaux, et leur ami Miguel Morales, ont inventé un humour suisse, dont les cibles sont l’armée, le Cervin et les nains de jardin. Rencontre avec Plonk et Replonk à La Chaux-de-Fonds. Plonk Et Replonk, Costume Traditionnel, Girafes, Insolite, Belles Images, Humour, Photographie, Rien, Trucs

– Tu as déjà une idée de ce que tu veux faire quand tu seras grande? demande Madame – jamais en panne de questions idiotes – à Hourya, 7 ans.

– Je ne suis pas encore sûre, fait Hourya avec le plus grand sérieux, mais je pense maîtresse d’école.

– Ah! fait Madame. Et tu t’entraînes avec ta petite sœur?

Regard de commisération chez Hourya:

– Non, fait-elle en haussant les épaules. Avec mes poupées!

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inspiration : consigne 1920-32 chez Joe Krapov –  source de l’illustration ici la peigneuse de girafe – merci à Joe Krapov pour toutes ces krapoveries 🙂

K comme krapoveries

Au moment où le photographe déclenche, elle est encore en train d’appeler ses deux autres fils pour que la fratrie soit au complet. La fille des voisins tient fermement le plus petit, qui braille et veut s’échapper pour retourner jouer au revolver. C’était bien la peine que les cloches de Pâques lui aient apporté un si beau jouet s’il ne peut même pas le garder sur la photo! Et la mère qui a passé l’hiver à leur tricoter un joli pull rayé à tous les quatre… Ce sont de bons garçons, pourtant, et ils l’aiment bien, leur maman. Mais en ce moment ils aiment mieux les œufs en chocolat.

***

Moi qui suis fille unique, j’adore aider ma voisine à s’occuper de ses enfants. Elle a quatre fils et je peux vous dire qu’ils lui en font voir! Surtout le plus petit! Faut tout le temps qu’il braille et trépigne, il a un sacré caractère! Mais il me fait bien rigoler. Avec le plus grand aussi je rigole bien, c’est le plus gentil des quatre. La seule chose qu’il dit tout le temps c’est « Quand est-ce qu’on mange? » C’est pour ça qu’il n’est pas sur la photo. William est en train de le tirer par la manche, leur mère l’appelle tant qu’elle peut… « Souriez! » a dit le photographe. Alors Jack et moi on a souri, Joe a continué à brailler, William et Averell sont arrivés juste trop tard.

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Merci à Joe Krapov pour cette consigne: Les Inconnu·e·s sur la photo

Que faire des photos ratées ? Des photos sur lesquelles vous ne reconnaissez personne ? Deux solutions : soit les mettre à la poubelle, soit les donner à un atelier d’écriture avec la consigne suivante.

Vous choisissez une personne sur une des photos ci-dessous. Vous parlez d’elle « de l’extérieur » en utilisant le pronom « il » ou « elle » pour parler d’elle et raconter où elle se trouve, à quelle époque, et pourquoi elle figure sur la photo.

Puis vous reprenez votre texte et vous le réécrivez une seconde fois « de l’intérieur », à la place de la personne, en disant « je ».

K comme kakemono

devoir de lakevio du gout_34.jpg

L’air était moins étouffant que la veille et j’ai même cru sentir la caresse d’une brise, en marchant sous les arcades, jusqu’à la place de la Concorde. Je suis resté immobile à contempler la place et les Champs-Elysées déserts.

Aux abords du jardin des Tuileries, il n’y avait personne. Sauf les statues. Pas d’autre bruit que celui du jet d’eau du bassin et le piaillement des oiseaux au-dessus de moi, dans les feuillages des marronniers.

Là-bas, émergeant de la brume de chaleur, le kiosque de bois vert, où j’achetais des sucreries du temps de mon enfance, attendait le client. J’ai décidé d’y acheter un journal.

Le type était particulièrement loquace, sans doute à cause de l’actualité.

– Ici on va tous fermer, m’a-t-il dit. Les uns après les autres. Moi je vais m’installer à Pleyel, dans la nouvelle gare.

La presse écrite va mal. Paradoxalement, malgré son succès ces jours-ci. Les annonceurs se débinent. Ils préfèrent installer quelques kakemonos à des endroits stratégiques et délaissent les journaux.

J’ai dit au type que je lui souhaitais bonne chance.

Malheureusement je ne crois pas qu’il suffise de traverser la Seine.

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Merci à Monsieur le Goût pour ce 34e devoir de Lakevio du Goût:

Dites quelque chose sur ce printemps magnifique dans une ville déserte. Une histoire qui commencerait par : « L’air était moins étouffant que la veille et j’ai même cru sentir la caresse d’une brise, en marchant sous les arcades, jusqu’à la place de la Concorde. »
Et dont les derniers mots seraient : « Malheureusement je ne crois pas qu’il suffise de traverser la Seine. » Oui, ces mots sont empruntés à « Patriiiick !!! »

L’incipit vient de Quartier Perdu (Patrick Modiano) où le mot « étouffant » se retrouve pas moins de huit fois. Il ne doit pas aimer la chaleur, cet homme-là 😉