W comme winkelhieren

Woensdag 18 december

Comme chaque année, le dictionnaire Van Dale a organisé le concours du néologisme (de l’année, donc) et le gagnant pour la Flandre est le mot ‘winkelhieren‘.

Il est formé à l’aide du verbe ‘winkelen‘ (faire les magasins, faire des courses) dans lequel on a intercalé l’adverbe ‘hier‘ (ici).

Le néologisme ainsi formé veut donc dire ‘acheter local’.

C’est ce mot-là qui a remporté le plus de voix en Flandre, avec en seconde position ‘klimaatspijbelaar‘, mot inventé pour désigner les jeunes qui vont manifester le jeudi au lieu d’aller à l’école.

Les Hollandais ont choisi ‘boomer‘, un mot dépréciatif pour qualifier la génération née après-guerre (les baby-boomers) dans ce qu’elle a de plus négatif: vieux fossile, personne arriérée, aux idées conservatrices. Chez eux aussi ‘klimaatspijbelaar‘ vient en deuxième position.

J’aime bien le dessin de Lectrr dans le journal De Standaard. Marie s’interroge à propos des cadeaux apportés par les Mages: de l’encens et de la myrrhe, passe encore, mais des chicons? (endives)

Et Joseph lui répond que Melchior tenait absolument à acheter local 😉

source de l’image ici.

le dictionnaire Van Dale ici.

un article en français ici.

W comme wagon de train

confucius

Après la bonne nouvelle des trains de nuit entre Bruxelles et Vienne qui seront remis en service dès janvier 2020 – la seule inconnue étant le prix qui sera demandé pour une couchette – voilà qu’on peut lire qu’un train de marchandises relie désormais Yiwu (Chine) à Liège.

Ce n’est pas le premier, dit l’article: un autre relie la Belgique à la Chine pour le transport de Volvo.

Deux fois par semaine, le train de Yiwu devrait transporter principalement des produits cosmétiques et de l’électro-ménager. Ce qu’il transporte dans l’autre sens n’est pas précisé. Sur des plate-formes comme Alibaba, les Européens achètent des tas de produits made in China. Et les Chinois? Achètent-ils européen? 

Mais alors mais zalors, se demande l’Adrienne, pourquoi ne pas aussi laisser un ou deux wagon à des voyageurs? Ce serait super de traverser l’Allemagne, la Pologne, la Biélorussie, la Russie, le Kazakhstan… et toute la Chine jusqu’à Yiwu 🙂

Puis de revenir tranquillement en sens inverse.

Pakjestrein tussen Luik en China

Vanuit de stad Yiwu, in het oosten van China, is gisterochtend een vrachttrein vertrokken richting Luik. De trein met 200.000 pakjes wordt binnen tien tot vijftien dagen in Luik verwacht, na passages door Kazachstan, Rusland, Wit-Rusland, Polen en Duitsland.

De verbinding zal normaal twee keer per week worden uitgevoerd door Cainiao, de logistiekafdeling van de Chinese internetreus Alibaba. Er zullen vooral cosmeticaproducten en huishoudtoestellen mee naar Europa worden vervoerd.

Alibaba bouwt in Luik zijn eerste Europese hub uit, een eerder aangekondigde investering van 75 miljoen euro.

Het is niet de eerste vrachtverbinding per trein tussen België en China. Er worden al langer Volvo-wagens over het spoor vervoerd van en naar China. (blg)

Source de l’illustration sur wikipédia: Confucius, gouache on paper, c. 1770. Encyclopedia Britannica. Elle a déjà servi pour un autre billet.

W comme wetiko

DSCI7612

Dans la boite aux lettres ce matin, comme chaque jour depuis la mi-septembre, des publicités qui prédisent la grisaille de l’automne et incitent à jeter l’ancre dans des archipels paradisiaques, à l’autre bout du monde.

Trajets en avion, bien sûr, et pour cinq cents euro à peine on retrouve le grand soleil, des palmiers, des cascades cristallines du plus bel azur, comme dans la pub pour un gel douche.

Voilà, se dit l’Adrienne au moins dix fois par jour, ce que les Indiens d’Amérique appellent le wetiko, une sorte de virus qui rend l’homme destructeur et par conséquent autodestructeur.

Alors elle repense à son arrière-grand-père Edmond, dont le seul cadeau, pendant son enfance, était une orange venue d’Espagne – ô merveille, lui qui à soixante ans n’avait même pas encore vu la mer – et qui n’aurait jamais gaspillé une goutte d’eau, ne serait-ce que parce qu’il fallait la transporter dans deux arrosoirs, un pour chaque bras, sur les cinq cents mètres qui séparaient la maison du potager partagé, au bout de la rue.

***

Un article en français sur le wetiko ici. Deux en anglais ici et ici.

Billet écrit pour Olivia Billington – que je remercie – avec les mots imposés suivants: arrosoir – automne – trajet – ancre – retrouver – indien – cascade – orange – grisaille

W comme WWILF

La chose a dû vous arriver aussi, vous commencez une recherche internet et de fil en aiguille vous passez d’un site à un autres, vous finissez peut-être même par regarder des trucs sur YouTube, un vieux film, une chanson, une recette, des  chats mignons… et par ne plus savoir ce que vous cherchiez au départ.

Figurez-vous que ça porte un nom, c’est WWILF, acronyme pour « what was I looking for? », qu’est-ce que je cherchais?

– Tu as fait quoi, hier soir?
– Du wilfing!

C’est expliqué ici 🙂

Et l’Adrienne, qu’a-t-elle fait, hier soir?

Du walrussing 🙂

***

photo 1 le bureau et l’ordi dans la maison d’autrefois, photo 2 l’ordi, première chose à avoir été déménagée et installée 😉

Le walrussing est le même procédé que le wilfing: tu commences par lire un billet, tu y découvres un lien, tu suis ce lien… heureusement que ton estomac crie famine sinon tu y serais encore 😉

W comme wablieft?

Stiff Upper Lips: waarom zijn die Engelsen zo Engels ...

L’Adrienne est arrivée en fin de lecture de l’ouvrage déjà mentionné au D comme Daft, précisément le jour où la nouvelle lui est parvenue que Boris devenait Premier ministre.

Or, de Boris justement il est question aux pages 208 et suivantes, à propos de son rôle de journaliste anti-européen. Rôle qu’il joue tellement à fond, qu’il n’hésite pas à écrire les plus grosses fadaises et autres grossières fake news… et que ça passe!

Wie in deze nieuwsstroom een aanzienlijke rol heeft gespeeld, is niemand minder dan ene Boris Johnson. Lang voor de flamboyante Johnson burgemeester van Londen en minister werd, was hij Europa-correspondent van de conservatieve krant The Daily Telegraph in Brussel. […] ‘Boris heeft het nepnieuws uitgevonden,’ zegt Martin Fletcher, voormalig buitenlandredacteur van The Times. […] Die artikelen speelden een rol bij het Deense referendum over het verdrag van Maastricht. […] Johnson besefte tot zijn eigen verbazing dat wat hij vanuit Brussel schreef een explosief effect had […] Het gaf hem een vreemd soort macht. […] Ook de tabloïds hadden snel door dat dit soort verhalen voor hen gesneden koek was en de kassa deed rinkelen. Wat leerling-tovenaar Boris Johnson in gang had gezet, was niet meer te houden. (p.209-211)

C’est Boris Johnson lui-même qui a joué un rôle prépondérant dans ce flux d’informations. Avant d’être maire de Londres et ministre, il était à Bruxelles comme correspondant pour l’Europe du Daily Telegraph, un journal conservateur. […] ‘C’est lui qui a inventé le fake news’, dit Martin Fletcher, l’ancien responsable des nouvelles de l’étranger pour le Times. […] Ces articles ont influencé le referendum danois sur le traité de Maastricht. […] A son grand étonnement, Johnson s’est rendu compte de l’impact explosif qu’avait ce qu’il écrivait depuis Bruxelles. Ce qui lui a donné une étrange forme de pouvoir. La presse à sensation a vite compris quel parti elle pouvait en tirer et quels avantages financiers. Ce que l’apprenti sorcier Boris Johnson avait mis en route était impossible à arrêter. (traduction de l’Adrienne) 

Sur le site de la communauté européenne, un Anglais « s’amuse » à les noter et à les commenter toutes, histoire de remettre les pendules à l’heure.

Mais il semblerait bien que les pendules, de part et d’autre de la Manche, ne marcheront plus ensemble.

Voir ici ce florilège ahurissant: Euromyths.

 

W comme wolken

DSCI7312

Isa a peint le bleu du ciel.

Elle a dessiné des nuages blancs et doux comme du coton.

De sa plus belle écriture, elle a tracé un joli message pour son papa: Papa, ik ben in de wolken voor jou! (1)

Puis elle a signé son œuvre.

Le vendredi avant la fête des pères, la peinture était sèche et le cadeau prêt à être emporté à la maison pour être offert au papa le jour J.

Et puis… et puis il s’est passé quelque chose. Qui a fait que le joli travail a été abandonné sur le seuil d’une maison vide, juste à côté de l’école.

***

(1) l’expression en néerlandais ‘in de wolken zijn’ veut dire ‘être aux anges’, être très heureux.

W comme Wolfie

Quand trois canes vont au champ, la première va devant! chante le petit frère.

Il a trois ou quatre ans et son institutrice lui a appris cette comptine que mini-Adrienne trouve un peu bête. Jugez-en vous-même 🙂

La seconde suit la première, la troisième vient la dernière, quand trois canes vont au champ, la première va devant.

Et ainsi de suite, ad libitum.

Bien sûr, mini-Adrienne ne se souvient pas de ce qu’elle a appris à chanter elle-même, à trois ans. Et ça vaut sans doute mieux, parce que très certainement les paroles étaient tout aussi bêtes. On a tort de prendre les enfants pour des demeurés.

Elle croyait avoir oublié tout ça quand bien des années plus tard, elle a entendu son cher Wolfgang:

Alors elle a chanté, le cœur en joie et la tête pleine de souvenirs:

Quand trois canes vont au champ, la première va devant. La seconde suit la première, la troisième vient la dernière. Quand trois canes vont au champ, la première va devant.

Après quoi elle a été très étonnée – que dis-je, étonnée? choquée! – d’apprendre que ça ne s’appelait pas du tout comme ça 🙂

***

Aquarelle de Trevor Waugh et consignes chez Lakévio: Trois canes dans un pré. Les canes, ça cancane… Elles sont trois, ce sera donc le sujet à trois « personnages ». Festival de Canes… lundi !

Ici le festival est plutôt musical et les trois personnages sont Wolfgang, mini-Adrienne et le petit frère 🙂