W comme Wasted Rita

C’est tout à fait par hasard qu’au détour d’une rue l’Adrienne a remarqué ces panneaux au message humoristique.

Une petite recherche effectuée le lendemain a permis de découvrir que l’auteur en est Wasted Rita, dans le cadre de la manifestation annuelle The Crystal Ship, dont il a déjà souvent été question ici.

Pour une raison inexpliquée sur le site, les deux plaques ne se trouvent plus sur leur lieu d’origine – installation en 2019 au coin Sint Sebastiaanstraat / Christinastraat – mais comme vous pouvez le voir sur la photo, c’est au coin Amsterdamstraat / Stockholmstraat.

L’artiste portugaise a aussi sévi à Besançon, de sorte qu’il existe au moins une vidéo d’elle en français 🙂

W comme wablieft?

98ème Devoir de Lakevio du Goût

devoir de Lakevio du Goût_98.jpg

Wablieft? semble dire Frédéric à Camille, qui marmonne quelque chose en regardant ailleurs.

Puis on se rend compte qu’elle lorgne le pique-nique étalé sur un drap blanc.

Et qu’elle a apparemment très, très envie d’une part de ce gâteau au chocolat.

Ben quoi?
Elle n’a que dix-huit ans, la gamine, et le grand air, ça creuse!

Claude Monet - Le dejeuner sur l’herbe.JPG

***

Texte écrit pour le tableau et la consigne de Monsieur le Goût – merci à lui:

Que diable Bazille est-il en train de dire à Camille ? Cette toile de Monet, dite « Les promeneurs » me pousse à me demander pourquoi Camille semble se détourner de Bazille. Et Bazille ? Pourquoi semble-t-il faire tant d’efforts pour être convaincant ? Vous vous demandez ce qu’il dit et je me demande où il veut en venir mais lundi nous en saurons peut-être plus…

W comme Watts

Aucune description de photo disponible.

Quand le grand-père voyait un chanteur maltraiter son micro et hurler dedans, il soupirait que de son temps, « ils avaient de la voix et pas besoin de tout ça ».

– Sauf Tino Rossi, relevait mini-Adrienne, lui qu’elle entendait régulièrement susurrer et dont elle savait que le grand-père avait toujours été un peu jaloux, parce que grand-mère l’admirait tant 😉

– Sauf Tino Rossi, c’est vrai, disait-il.
– Oui, mais il chantait bien! réaffirmait grand-mère.

Quand les chanteurs montaient sur scène en T-shirts ou maillots de corps, le grand-père s’énervait que « de son temps, on avait plus de respect pour le public » et « qu’on prenait la peine de s’habiller ».

Alors depuis toujours, quand l’Adrienne voit un chanteur, elle se demande ce qu’aurait dit son grand-père 🙂

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(excellent) dessin de Hugues Hausman sur son compte fb.

W comme wagon de train

La dame avait visiblement envie de papoter, et après un échange de regards par-dessus les sourires masqués, elle s’est lancée dans l’anecdote dès que l’Adrienne était assise:

– Il y avait là une femme qui voyageait sans billet.
– Ah bon!
– Et elle a sorti toutes sortes d’excuses… mais la conductrice a tenu bon… elle a dit qu’il fallait payer…
– Ah oui, bien sûr!
– Alors elle a dit qu’elle avait oublié son portefeuille.
– Faut oser!

Dix minutes plus tard, l’Adrienne savait tout sur les principes éducatifs de la dame, appliqués à son fils et à sa fille aujourd’hui adultes.

Puis elles ont beaucoup ri en discutant de leurs petites manies, dès qu’elles sortaient de chez elles, à vérifier si elles avaient bien pensé à tout, et à toutes les « choses utiles » qu’elles trimbalaient dans leur sac, comme des stylos et du papier au cas où il faudrait écrire quelque chose et des masques en réserve au cas où…

Au cas où quoi, au fait?

Bref, ça a bien rigolé pour peu de chose 🙂

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l’image a déjà servi mais elle me plaît toujours autant 🙂

W comme Wilma

Les joies du wilfing ont mené l’Adrienne de plus en plus loin de son exercice d’écoute sur les Jeux olympiques de Rome en 1960, où il était question de l’athlète italien Livio Berruti qu’on voyait amoureusement main dans la main avec la vedette américaine du 100 mètres, 200 mètres et 4 X 100 mètres: Wilma Rudolph.

C’est ainsi que l’Adrienne est tout naturellement arrivée chez les Flintstones, comme vous pouviez vous y attendre, vu que c’était la seule Wilma qu’elle connaissait à ce jour 🙂

Mais entre-temps, elle a beaucoup appris sur Livio, sur Wilma, et ne peut s’empêcher de rêver à ce qu’aurait donné la suite de l’histoire si ces deux-là étaient restés ensemble après les Jeux.

source ici

W comme wagonnets

Les continents, les océans,
l’Europe, la Belgique,
les « périodes conventionnelles », les dates historiques,
les sortes de mots, l’analyse de la phrase,
le circuit électrique, les expériences scientifiques,
l’appareil digestif, l’appareil respiratoire,
le cycle de l’eau, le cycle de vie,
les nombres premiers, les nombres carrés…

Madame n’a plus le temps d’écrire ses petits billets: Léon ne cesse de rajouter des wagonnets à la locomotive 🙂

W comme walkyries

Madame de B*** était mécontente.

Mécontente d’être là, dans le salon-salle à manger de Nadine, la voisine du dessous.
Mécontente d’avoir accepté son invitation à boire un café et de constater que Nadine avait encore invité quatre autres voisines de l’immeuble, alors qu’elle croyait s’être engagée pour une agréable conversation à deux.
Mécontente de la présence d’Evelyne, qui se permettait de la tutoyer sous prétexte qu’elles habitaient sur le même palier.

Autour de la table, ça jacassait dur.
Tout ce que Mme de B*** détestait.
Insinuations. Médisances. Lieux communs.
Le tout sous une légère couche de politesse mondaine, – Vous prendrez bien encore une part de gâteau? – Je vous en prie! Avec plaisir! – Vous désirez encore un petit café?

Elle étouffait dans cet appartement surchauffé.
Et plus elle s’énervait, plus elle manquait d’air.

– Je ne vais tout de même pas leur faire le plaisir de tourner de l’œil, se dit-elle, avec la ferme intention de se lever et de rentrer chez elle en prétextant une fatigue.

Quand elle revint à elle, elle était étendue sur le tapis avec les cinq têtes au-dessus d’elle, Nadine lui tapotant les joues, une autre triturant ses mains et Evelyne qui voulait appeler les urgences.
Toutes parlant en même temps.

– Pourquoi criez-vous de la sorte? Vous croyez que je suis sourde? Aidez-moi plutôt à me relever!

Mécontente, vraiment mécontente.

***

écrit pour le jeu d’Annick SB – merci à elle – en réponse à la question 13: Pourquoi criez-vous de la sorte?

Les autres épisodes de ce feuilleton sont ici.

W comme wallon

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image de la consigne du Défi du samedi – merci à Walrus!

Ce devait être au début des années septante quand le téléphone a été installé: les nouveaux voisins ne s’appelaient plus Albert et Julia et ils n’avaient pas le téléphone.

On avait quitté le numéro 17 et la rue de grand-mère pour une maison où mini-Adrienne ne s’est jamais sentie chez elle.

Mais on avait le téléphone 😉

Ainsi qu’une porte de derrière et une porte de devant.

Sauf que ni l’une ni l’autre n’était située à l’avant ou à l’arrière – vu qu’elles étaient toutes les deux sur les côtés – et que tout le monde utilisait la porte de derrière, même les visiteurs, alors que seule celle de devant avait une sonnette.

Bref, un jour le voisin frappe à la porte de derrière et demande s’il peut utiliser le téléphone.

Bien sûr qu’il peut.

Le brave homme parle si fort dans le combiné que dans la pièce d’à côté, on peut suivre la conversation.

Sauf que mini-Adrienne n’y comprend rien du tout.

– Allô? ici c’est Devlé-Chauvert! répétait-il.

– Pourquoi il dit Devlé-Chauvert? demande-t-elle à sa mère.

– C’est parce qu’il téléphone en Wallonie.

C’est ainsi que mini-Adrienne a appris trois choses: que le voisin, qui ne connaissait pas un mot de français, s’exprimait assez couramment en wallon, qu’il adaptait son nom de famille – Devleesschouwer – à son public, et que s’il était maigre comme un clou et crachait ses poumons, c’est parce qu’il avait travaillé dans le Borinage comme mineur de fond.

W comme wearables

Un des beaux côtés du métier de prof de FLE aux 16-18 ans, c’est qu’on peut (faire) lire en classe absolument tout ce qu’on veut.
Du moment que ça permet d’exercer les cinq compétences.

Or, tout, absolument tout peut s’y prêter.

C’est ainsi que Madame, dans les années 1990, s’était amenée en classe avec un article intitulé « Le textile intelligent« .

On y prédisait que bientôt notre chemise enverrait notre bulletin de santé à notre médecin et que sur la manche de notre veste, nous aurions un clavier intégré.

Cette semaine, un autre article lui a rappelé ces prédictions: on y disait que bientôt le téléphone portable disparaîtrait du paysage et serait remplacé par un ‘wearable‘. Mot pour lequel il faudra donc de toute urgence trouver un bon équivalent français, parce que « technologie mettable » ça ne va pas le faire.

Et la même semaine, c’est une banque qui faisait sa pub pour des ‘wearables‘ avec lesquels on pourrait directement payer nos achats. Bague, montre, bracelet ou porte-clé ‘intelligents’ remplacent la carte bancaire.

Alors qu’il y a des gens qui en sont encore à faire leurs virements avec papier et stylo, parce que le ‘home banking’, ce n’est pas leur truc.

Vers une société à combien de vitesses nous dirigeons-nous, se demande l’Adrienne.

W comme Waterloo

Dans l’appartement, il ne restait que l’escabeau au milieu du salon, là où on avait décroché le lustre en cristal de Venise.

Pour le reste, il était totalement vide: la capricieuse montre rococo en bronze doré, les tableaux aux sombres vernis, les figurines en biscuit, tout était prêt à être acheminé vers les dépôts de la salle de vente.

Leur émissaire, qui avait patrouillé dans la rue malgré le gel et le grésil de janvier, de peur que l’affaire lui passe sous le nez – les vieilles personnes changent parfois si vite d’avis – espérait bien en toucher une jolie part, vu qu’il était payé à la commission.

Il surveilla lui-même jusqu’au dernier chargement de la camionnette. Il remarqua l’outillage épars, le manque de sangles, et le fit remarquer au chauffeur. Qui lui répondit avec lassitude, les traits creusés par la fatigue, « Bah… on ne va pas bien loin… »

Fatigue, grésil, verglas, allez savoir pourquoi la camionnette s’est retrouvée ratatinée entre deux poids lourds. Qu’on en ait sorti le chauffeur quasiment indemne ne lui a été d’aucune consolation.

***

écrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: appartement – escabeau – gel – montre – acheminer – toucher – grésil – totalement – outillage – creuser – émissaire – patrouiller – consolation.

Photo prise à la BRAFA (Bruxelles) il y a deux ans.