Le bilan du 20

photo of brown painted church

Saint-Clair, bientôt! On en apercevait déjà le clocher, il était temps de sortir de sa torpeur, remettre un peu d’ordre dans sa coiffure, retoucher son maquillage, avant d’affronter le regard de sa belle-mère. Anne de la Trave, si fière de son nom, de ses hectares de rochers et de son fils. dans cet ordre-là. En elle-même, Thérèse ne l’appelait que par son nom complet, Anne de la Trave, par dérision. Sa présence était lourde à porter, au quotidien, et la jeune femme n’avait eu que trois semaines de répit, trois semaines à jouir de l’absence de sa belle-mère.

L’étrange est que Thérèse ne se souvient des jours qui suivirent le départ d’Anne de la Trave que comme d’une époque de torpeur. Un vide, comme la convalescence après une grave maladie. Elle en avait profité pour faire ce qu’elle aimait par-dessus tout depuis qu’elle était à Argelouse: rien. Traînasser. Fumer des cigarettes. Feuilleter des magazines. Se coucher tôt et se lever tard. Son mari était loin du compagnon agréable des vacances à la plage. Il se plaignait constamment de maux divers et avait finalement accepté de voir un médecin.

Bernard, sur le seuil, guettait le retour de Thérèse: « Je n’ai rien! » cria-t-il, dès qu’il aperçut sa robe dans l’ombre. Evidemment qu’il n’avait rien, elle le savait bien. Mais il fallait montrer de la joie et du soulagement. Elle se demanda si elle n’aurait pas préféré que le docteur lui ait trouvé quelque chose mais décida que non, un diagnostic différent aurait permis à Bernard de geindre toute la journée et de délaisser complètement sa maigre pratique.

Saint-Clair, enfin. Ce bout du monde où elle s’est enterrée à vingt ans et dont elle se demande quand et comment elle en sortira.

***

Ecrit d’après cette consigne de Joe Krapov, que je remercie, avec les incipits des quatre chapitres suivants du livre de Mauriac dont il était déjà question hier 🙂

Photo de Kai Pilger sur Pexels.com

22 rencontres (17 bis)

6b2f8-4073319178-2

Maintenant que les pharmacies vous offrent une carte de fidélité comme un vulgaire magasin à grande surface, que tous vos précédents achats se retrouvent répertoriés dans leur ordi ainsi que vos données personnelles les plus intimes, vous vous demandez si vous avez bien le droit de changer de fournisseur de pilules. 

Parce qu’au départ, il y a bien longtemps, vous aviez choisi le lieu pour sa pharmacienne, qui était une toute jeune ancienne élève venant de s’installer. Vous vous disiez qu’il fallait encourager les jeunes, surtout si c’étaient des anciens élèves, et vous y êtes devenue cliente. Non pas une de ces clientes qui rapportent gros, même si vele kleintjes maken een groot – et c’est évidemment tant mieux pour vous.

Au fil de quelques années, la pharmacie est passée de mains en mains et Madame ne sait plus très bien pourquoi elle y reste fidèle, alors qu’une demi-douzaine d’autres dans sa ville sont désormais tenues par des anciens élèves.

Alors mercredi dernier, Madame a poussé une porte différente et offert sa mince clientèle à A* et S*, les plus charmantes pharmaciennes du pays 🙂

Et croyez-le: ça fait du bien de retrouver leur sourire 🙂

*** 

vele kleintjes maken een groot, littéralement ‘beaucoup de petits font un grand’, l’équivalent des petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

20 miracles de la nature (3 bis)

DSCI7149

Bien sûr, il y a ce petit miracle annuel des premiers chants d’oiseaux, des premières fleurs, des bulbeuses qui sortent de terre ou des bourgeons qui grossissent.

Mais dans ce qui était – il y a quatre ans – le potager de l’Adrienne, des légumes continuent de germer et de pousser sans qu’une main humaine ne s’en soit occupée.

Il a suffi de laisser monter en graines quelques oignons, plants de mâche ou de roquette, et ils reviennent fidèlement pendant les trois années suivantes. 

Ce qui n’empêche pas vos voisins de croire que vous avez un jardin « de mauvaises herbes » 😉

 

20 miracles de la nature (20)

18-11-01 (2)

Quand des champignons géants se sont mis à pousser dans le parc, des gens sont venus de partout pour les admirer.

Et tout naturellement, sous les larges chapeaux rouges à pois blancs, des conteurs et des conteuses se sont installés pour faire rêver les enfants.

Et si le miracle était dans cette foule joyeuse qui a eu le bonheur de naître dans un des meilleurs endroits de la planète?

Cette photo prise à Ostende le premier novembre termine le cycle des 20 miracles de la nature 🙂

M comme météo

lakévio116

Ce n’est pas parce qu’on est promeneuse de chien qu’on doit manquer de style. Aussi, chaque fois qu’elle sort Blacky, Sally veille à sa propre toilette, y compris les gants et la pochette assortie.

Blacky étant lui-même un chien très Upper East Side, il a toujours la laisse et le collier dans les tons choisis par Sally, comme aujourd’hui ce vert émeraude.

Une chance, se dit Sally en passant devant l’hôtel The Mark, que ma patronne soit une dame qui a du goût, aussi bien pour ses vêtements et accessoires que pour son chien.

Car ses lectures et ses séances au cinéma la portent à croire qu’à force de se promener dans les beaux quartiers, vêtue avec élégance et accompagnée d’un chien sortant de chez le coiffeur, elle finira par rencontrer ‘la bonne personne’. Un homme qui aura la trentaine, du goût et un appartement avec vue sur Central Park.

Quelle surprise, ce lundi d’octobre, de se trouver presque nez à nez avec sa patronne! Sally en est toute saisie! Par bonheur, Blacky fixait une congénère et était pressé de poursuivre la promenade. Sa patronne est passée sans les remarquer: la pluie opportune, l’homme et le taxi requéraient toute son attention.

Mais quelle frayeur, quelle horreur et la fin de tous ses espoirs si sa patronne l’avait vue porter son imperméable rose, sa pochette émeraude, ses gants assortis et même ses escarpins!

Jamais plus Sally ne retrouverait un aussi bon job, si elle avait le malheur de le perdre. Non seulement sa patronne et elle ont du bon goût et la même taille mais aussi la même pointure.

***

photo et consignes chez Lakévio qui demandait de ne pas écrire d’histoire de mari, maîtresse ou amant, ce que je n’avais de toute façon pas l’intention de faire 🙂

J comme je (dé)bloque

367b5-2586804506

Comme le petit Prince sur la planète, il faut faire régulièrement la toilette de son blog. Chez WordPress, ça s’appelle les « commentaires indésirables ».

Alors parfois, comme le petit Prince devant la naissance d’une nouvelle brindille, on ne sait pas encore si ce sera une rose ou un baobab.  

« My family members every time say that I am killing my time here at net, but I know I am getting experience daily by reading such nice content. »

Bloquer ou débloquer?

Il me semble que sous ce parfum de rose se cache un baobab 🙂