X c’est l’inconnu

81341-4046410092-4

Assise derrière sa table, avec son ordi et ses trois gros classeurs, portant le badge avec son nom, Madame reçoit des parents d’élèves.

Elle aime beaucoup ces entretiens qui lui font souvent voir l’élève sous un jour nouveau, et mieux le comprendre.

Parfois, le ‘parent’ est un grand frère, une grande sœur, une voisine.
Parfois c’est un beau-père, une belle-mère, un grand-père.

Et parfois c’est un type qui se met à vous draguer…

Alors Madame choisit de se métamorphoser en Reine des neiges et lui dit du ton le plus réfrigérant possible:

– On se connaît?

***

écrit pour le Défi du samedi de cette semaine, pour lequel Walrus proposait le mot ‘quidam’ – un quidam est un terme familier pour désigner celui dont on ne peut pas – ou ne veut pas – dire le nom.

Un grand merci, Walrus!

La photo d’illustration est un dessin humoristique qui a longtemps orné notre bureau des coordinatrices… La question que le collègue pose au coordinateur casqué est plus ou moins celle-ci: ‘Et alors, ça se passe bien?’

X c’est l’inconnu

lakévio117

Vous savez que l’Adrienne est un pseudo.
Choisi en hommage à une grand-mère tant aimée.
Vous savez aussi comme ce pseudo – ainsi que quelques autres précautions – doit garantir un anonymat jugé très important.

Alors vous imaginez la stupéfaction de l’Adrienne, l’autre jour.
Le téléphone sonne.
Elle décroche.

Petit silence au bout du fil puis une voix d’homme un peu hésitante dit:

– Je suis bien chez Adrienne?

PAF! stupéfaction, horreur et incompréhension, mille questions se bousculent à la fois dans la petite tête de l’Adrienne – qui? comment? etc. – mais heureusement, au moment où elle est en train de décider qu’elle va répondre oui – c’est si difficile de mentir – la voix pose une deuxième question:

– Je suis bien à Anderlecht?

Alors là, grand ouf:

– Non, monsieur, vous n’êtes pas à Anderlecht.

Quel bonheur, c’était une erreur.

Il y a donc encore des gens qui portent ce prénom, devenu bien rare, et pas encore réadopté par les jeunes parents d’aujourd’hui, qui apprécient pourtant les Oscar, les Léon et les Maurice de la même époque.

X c’est l’inconnu

2019-02-23 (1)_LI

« Comment servir de la meilleure musique à vos hôtes », titrait un article de journal vendredi dernier.

Voyons cela, se dit l’Adrienne, que le chapeau de l’article emballe déjà: « Het meest onderschatte ingrediënt bij een goede maaltijd? Dat moet de muziek zijn. », L’ingrédient le plus sous-estimé d’un repas réussi? C’est sûrement la musique. 

En effet, qui ne s’est jamais senti énervé ou irrité par certaines musiques au restaurant? 

D’autant plus emballée, l’Adrienne, que la personne interviewée est une spécialiste de la musique dite classique, qui a travaillé plusieurs années pour la chaîne classique flamande (Klara).

L’article est long, plein de conseils, d’exemples et d’anecdotes, mais de musique ‘classique’… point.

Jusqu’à la fin, au dernier paragraphe, où on peut lire ceci:

« En klassieke muziek, haar biotoop? ‘Wordt totaal niet gevraagd. Alleen voor de Leuvense Faculty Club, ’s ochtends, heb ik een lijst gemaakt, omdat de historiek van deze plek dat dicteert. Maar klassiek, vroeger het etiket van chic en rijk, wordt nu ­geassocieerd met dikke nekken, met onuitstaanbare mensen die in das en kostuum uit eten gaan. De tijden veranderen.’ »

Et la musique classique, son biotope? ‘On n’en demande absolument pas. Ce n’est que pour le Faculty Club de Louvain, en matinée, que j’ai fait une liste [classique], parce que l’histoire du lieu l’impose. Mais le classique, qui avait autrefois l’étiquette chic et riche, se trouve associé aujourd’hui aux grosses têtes, à ces gens insupportables qui se mettent en costume cravate pour aller manger. Les temps changent.’

Traduction de l’Adrienne, qui ne s’en est pas encore remise et essaie de se consoler avec un proverbe, « Onbekend maakt onbemind« , on n’aime pas parce qu’on ne connaît pas. Ou comme disent nos voisins hollandais: « Wat de boer niet kent, dat lust hij niet« .

Mais les temps changeront sûrement encore, Monsieur Neveu, qui n’a pas tout à fait vingt ans, se met en costume cravate pour aller au resto 🙂

photo prise au printemps dernier pour la réunion des anciennes élèves

X c’est l’inconnu

DSCI7323 (2)

Des vélos, des cathédrales de sable, une œuvre d’art moderne en métal rouge, qui soulève la polémique depuis son installation – elle doit représenter notre société de consommation et de fait, elle montre déjà des taches de rouille – la digue, une mouette, et puis cette tête de personnage de manga (?) qui reste inconnu au bataillon… 

DSCI7221

X c’est l’inconnu

Un secret, c’est l’histoire d’une conspiration familiale destinée en principe à protéger le narrateur mais qu’on finit par lui dévoiler.

A quoi bon, en effet, et jusqu’à quand continuer à lui taire un truc dont il aurait de toute façon eu vent, un jour ou l’autre? N’avait-il pas, à l’âge de cinq ans à peine, découvert dans sa cachette un jouet ayant appartenu au premier né? Ne s’était-il pas inventé un grand frère, clin d’œil ironique à l’histoire qu’on lui cache, comme s’il avait percé le secret tout seul, sans qu’aucun des initiés ne l’ait trahi?

Mais chut! je n’en dirai pas plus 🙂 C’est un livre à lire!

***

écrit avec quelques jours de retard pour les Plumes d’Asphodèle chez Emilie, avec les mots imposés suivants: coffret, cachette, conspiration, dévoiler, principe, chut, clin d’œil, initié, vent, trahir, taire, truc, polichinelle, percer, protéger. On peut laisser de côté les trois derniers.

X c’est l’inconnu

06627-4175417217

Mini-Adrienne a une Tantine qu’elle aime beaucoup ainsi qu’un tout nouveau Tonton qui ne parle pas le français mais qui est gentil quand même.

C’est avec le sérieux qu’on lui connaît qu’elle a porté les deux anneaux d’or, noués sur un coussinet blanc, de la maison jusqu’à l’église et pendant toute la cérémonie, jusqu’au moment où il a fallu les confier au prêtre pour la bénédiction. Elle n’a d’ailleurs lâché le coussinet qu’après avoir reçu l’accord formel de sa Tantine.

Mini-Adrienne a été heureuse et soulagée de voir enfin briller les précieux anneaux au doigt des mariés, qui avaient l’air très heureux aussi.

Puis il y a eu la fête et bien d’autres émotions dont il ne sera pas question aujourd’hui.

Quinze jours plus tard, Tantine est revenue de son voyage de noces. Elle avait un cadeau pour mini-Adrienne.

– Ça vient d’Espagne, lui dit-elle, mais la petite n’avait que cinq ans et aucune notion de géographie.

Dans la boîte, il y avait deux machins noirs d’une forme bizarre, noués par une cordelette. Tous les adultes présents ont voulu faire une démonstration sur la façon de bien les tenir en main pour les faire claquer. Aucun n’y est vraiment parvenu.

Mini-Adrienne était impatiente de pouvoir essayer, elle aussi, mais elle a dû attendre que parents, grands-parents, oncles et tantes les aient eus entre les mains.

Elle a même eu peur qu’on ne les lui abîme, tant la tension et l’émulation allaient grandissantes.

– Les grandes personnes sont décidément très bizarres, s’est dit mini-Adrienne, chose que lui a confirmée sa lecture du petit Prince, six ans plus tard.

***

Sur la photo ci-dessus, on repère aisément la Tantine 🙂 le nouveau Tonton est le jeune homme du deuxième rang, qui donne le bras à sa mère. On n’est encore qu’à l’hôtel de ville – le mariage civil doit légalement avoir lieu avant le mariage religieux – mais mini-Adrienne porte déjà le fameux coussinet 🙂

***

Consignes de Walrus au Défi du samedi: Pour vous proposer ces sujets que vous appréciez certainement à leur juste valeur, j’ai pris l’avance et établi une liste qui couvre encore une cinquantaine de propositions à venir.

Régulièrement bien sûr, au moment de poster le sujet, je change d’avis et en choisis un autre, on ne se refait pas.

Ce sera le cas aujourd’hui encore jugez-en plutôt : la liste stipulait « Cathèdre ». Comme je ne veux pas foutre le feu au blog, je vous laisse choisir :

Castagne ou castagnettes

Et si vous pouvez associer les deux, ce sera encore mieux.

5563

X c’est l’inconnu

DSCI7186Il est déjà arrivé à Madame de rêver d’un séjour dans un hôtel de luxe. Ne serait-ce que pour voir ce que ça apporte de plus: y dort-on mieux? y déjeune-t-on mieux? s’y douche-t-on mieux? qu’est-ce qui justifie la différence de prix et est-ce que ça en vaut la peine? Madame ne le saura que si elle l’essaie, se dit-elle, il suffit de trouver la bonne occasion et de casser sa tirelire.

Une ancienne élève lui recommande chaudement l’hôtel Amigo: elle y a effectué un stage lors de ses études d’hôtellerie et en garde un souvenir reconnaissant et enchanté. L’accueil et le professionnalisme y sont de telle qualité, dit-elle à Madame, que ça a été le meilleur stage de toute sa carrière d’étudiante: avec des maîtres de stage qui ne l’ont pas considérée comme une moins que rien, qui l’ont entourée, secondée, et lui ont beaucoup appris.

Voilà un pan de la cuisine interne qui rend l’établissement bien sympathique à Madame.

***

Photo prise à Bruxelles le 23 mars: détail de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule