X c’est l’inconnu

Elle a envoyé une photo par google photos et l’Adrienne n’a pas réussi à l’ouvrir, malgré toutes les étapes effectuées pour se faire admettre puis reconnaître par l’engin qui finit par lui envoyer un message tout fiérot annonçant qu’il a bloqué quelqu’un qui essayait de se faire passer pour elle.

Bref.

Le seul message accompagnant la photo était « Noi și nepotelul« , nous et notre petit-fils, donc on devine ce qu’on n’a pas pu voir, une heureuse grand-mère, un heureux grand-père, et un petit garçon blond âgé de quatre ans qu’ils ne voient que deux ou trois semaines par an.

Et bien tout ça est beau et triste à la fois, comme d’avoir une amie à deux mille kilomètres dont on ne sait pas si on la reverra un jour.

L’année du X

Si on le traduit littéralement, ‘stokstaartje‘ veut dire ‘petite queue en forme de bâtonnet’, mais en français on l’appelle suricate, comme en anglais.

Surprise au zoo d’Anvers ce mois-ci: quatre petits suricates sont nés.
Comme l’explique la jeune femme de la vidéo, les petits naissent chauves et aveugles et restent sous terre les premières semaines de leur vie.
D’où l’effet de surprise.

Il faut à présent leur trouver un nom.
Or c’est l’année des noms en X 😉

Et voilà que la semaine dernière, deux petites hyènes tachetées naissent à Planckendael – tous les détails et les photos ici, en français – qui devront aussi recevoir un nom en X.

L’Adrienne a comme l’impression que ça pourrait devenir amusant 😉

X c’est l’inconnu

Il y a des jours comme ça, qui s’annoncent bien, on a le matin tôt une bonne conversation avec le marchand de légumes, on se réjouit de voir Hajar l’après-midi et peut-être de bons amis le dimanche suivant.

Puis la voisine vient sonner, très remontée, et vous accuse de l’avoir dénoncée à la police, ce qui est totalement faux mais comment le lui prouver?

En passant elle vous apprend encore tout le mal qu’on dit de vous, en particulier sur votre façon très personnelle de voir le jardinage 😉

Et le soir, Hajar partie, vous constatez que votre billet du jour a fâché quelques personnes et que vous auriez mieux fait de garder vos petites opinions pour vous.

Puis la voisine revient, tout sucre tout miel, elle vous appelle « zoetje » (1) comme si vous étiez meilleures copines, et elle vous annonce qu’en janvier, son mari, le chien, le chat, les poules, le coq et elle déménagent.

– On n’en peut plus de vivre ici, dit-elle, ça me rend malade un voisinage comme ça!

***

photo prise à Ostende: la façade arrière de la gare, toujours barricadée, était tout à fait inconnue de l’Adrienne jusqu’au matin du 18 juillet dernier.

(1) mot gentil équivalent au ‘sweetie’ anglo-américain

X c’est l’inconnu

Photo de suntorn somtong sur Pexels.com

C’est incroyable le nombre de choses qui peuvent se passer en deux ans!

Ainsi par exemple, les deux filles de belle-sœur numéro 2 ont trouvé un compagnon et ont fait un bébé.

L’Adrienne n’a vu bébés et compagnons qu’en photo sur whatsapp.

Et chez Monsieur Filleul est né un petit garçon qui a déjà quinze mois.

Bref, sur la centaine de personnes qui seront à la fête, l’Adrienne en connaîtra moins de dix.

Huit, si elle compte bien 😉

X c’est l’inconnu

Il paraît que dans la Creuse, il n’y a rien à voir.

Ne tirez pas sur l’Adrienne, c’est un Français qui le lui a dit.
D’ailleurs ça a suffi pour lui donner envie d’aller vérifier à quoi pouvait ressembler Guéret (23), une préfecture qui compte moins de la moitié du nombre d’habitants de sa propre ville, que chacun ici s’accorde à considérer comme « petite ».
Très petite même.

Il faut dire que plus elle scrute cette carte, plus la conclusion s’impose: c’est vraiment le seul département par où elle ne soit jamais passée.

Elle a du mal à le croire elle-même, pourtant il faut se rendre à l’évidence: elle a eu dans sa vie deux encyclopédies vivantes des vins et vignobles de France, d’abord son père, puis son mari, qui l’ont emmenée dans tous les recoins de ce pays.

Donc que ce soit le but du voyage ou le chemin à suivre pour y arriver, elle a vraiment tout traversé au moins une ou deux fois.

Tout.

Sauf la Creuse.

***

Merci à Joe Krapov pour cette consigne:

Reprenons la carte distribuée et publiée ici la semaine dernière.

Cette fois-ci vous choisissez dix villes de départements différents dans lesquelles vous n’avez jamais mis les pieds et dans lesquelles vous iriez volontiers. Dites ce qui vous attire en elles ou ce que vous avez envie d’y faire.

X c’est l’inconnu

Le 28 avril, dit l’affiche, est la journée de la sécurité et de la santé au travail, comme le rappelle sur le mode humoristique cette affiche de la campagne de l’an dernier:

Dix doigts, dix orteils, qui sait combien il t’en restera si tu ne fais pas attention?

Mais comme le dit en conclusion la petite phrase du dessous: la sécurité au travail, il n’y a pas de quoi rire.

Et c’est très vrai, évidemment.
Beau-frère numéro 3 y a perdu tout un bras à l’âge de 18 ans.

X c’est l’inconnu

C’était un 14 juillet mais ce jour-là serait son épiphanie.

Au moment de partir, il ne le savait pas encore.
Il ne savait pas non plus combien de fadaises il sortirait en la charmante, l’ensorcelante compagnie de Cécile.
Lui qui d’habitude valait Shéhérazade et vous servait des histoires à n’en pas finir, avec ou sans sultan et eunuques… ce jour-là, rien.

Ce jour-là, il en était réduit à meubler les premiers silences de la promenade par des « il fait si beau, Louison aura mis le linge à sécher dehors, j’aime ce parfum-là, pas vous? » ou « vous savez que quand il pleut elle sort les plantes vertes ? »

Bref, des choses aussi intéressantes que savoir ce qu’on mangera le midi ou boira le soir, qu’on prend un parapluie quand il pleut ou son chapeau de soleil et l’ombrelle s’il fait un temps comme ce jour-là, où il valait mieux être enfermé dehors que coincé dans un ascenseur.

Car oui, il était même allé jusqu’à lui raconter cette histoire qui lui était arrivée dans son immeuble parisien, doté depuis peu de cette magnifique machinerie qui faisait si peur à Louison qu’elle avait menacé de faire sa valise et d’aller porter ses services de cuisinière-lingère-bonne à tout faire dans l’immeuble voisin qui n’était pas encore doté de cette invention du diable.

Ils auraient pu faire une balade à cheval en forêt – Cécile était bonne cavalière – ou marcher sur le sentier côtier, comme c’était à la mode depuis peu, mais ils avaient préféré faire le tour du jardin, lentement, très lentement, et il était difficile de savoir vraiment lequel des deux était le loup, et lequel l’agneau.

Lequel, le premier, avait réduit la distance polie entre eux deux.
Lequel, le premier, avait été pris de cette fièvre qui donne soudain envie de se rouler dans le foin avec le soleil pour témoin.

***

Merci à Monsieur le Goût pour cette toile de Caillebotte et son 118e devoir de lakévio et à Joe Krapov pour ses consignes.
J’ai utilisé les mots du numéro 3:

Un sultanUn eunuque
Un loupUn agneau
Le 14 juilletL’Épiphanie
Sainte-Barbe ou Sainte-CécileLe diable
Etre coincé·e dans l’ascenseurEtre enfermé·e dehors
Faire une balade à cheval en forêtMarcher sur le sentier côtier
Faire sa valiseDéfaire sa valise
Qu’est-ce qu’on mange ce midi ?Qu’est-ce qu’on boit, ce soir ?
Il fait beau, je mets le linge à sécher dehorsIl pleut, je sors mes plantes vertes
On prend un parapluie quand il pleutOn prend sa casquette quand il fait soleil

X c’est l’inconnu

On entend les sabots et la montée lente, laborieuse, de la vieille Octavie.

Elle ne sait pas si elle tiendra encore longtemps à l’usine et comme souvent, c’est à la fin de l’hiver ou au début du printemps que la situation est la plus tendue.
Les patrons grignotent pour diverses raisons un centime par-ci par-là, précisément au moment où tout est au plus cher, que ce soit le charbon, l’huile ou le pain.

Les bobineuses commencent à parler de grève.
Octavie a haussé les épaules.
Elle a connu la toute première, celle de 1895, quand les gendarmes ont tiré sur la foule. Il y a eu des morts et des blessés.

Trois mille, ils étaient, à avoir arrêté le travail. Les tisserands en tête, bien sûr. Et pourtant, à l’époque, personne n’était syndiqué.

– Tout ça pour quoi? a-t-elle dit aux plus jeunes.
Parmi elles, il y a Maria. Elle a parlé de la grève de 1900.
C’est vrai que cette fois-là, ils ont tous obtenu quelque chose.
– Et les fileuses en 1905! a crié Eugénie.
Sa mère et sa tante en étaient.

Les patrons aussi se sont réunis en syndicat et se tiennent les coudes. Parlent de crise. De concurrence. D’impossibilité de donner plus.

Octavie est fatiguée de se battre.

En atteignant le second palier, elle s’arrête pour souffler.
– Comment tout ça va encore finir, se demande-t-elle.

On est au printemps de 1913.

Dans sa petite ville, plus de quatre mille ouvriers vont faire la grève, soixante-deux fabriques seront en arrêt de travail pendant quinze jours pour qu’on remplace le droit de vote plural par le suffrage universel simple: één man, één stem.

***

écrit pour le 115e devoir de Lakevio du Goût – merci Monsieur le Goût – avec un tableau qui a déjà reçu une autre histoire .

Publié dans X

X c’est l’inconnu

Astrofysicus Vincent Van Eylen: 'We staan aan het begin van een sterrenkundige revolutie'

Il n’y a pas plus inconnu ni plus fascinant que l’étude de l’univers et l’Adrienne – qui n’y connaît rien – lit avidement tout ce qui se publie là-dessus dans la presse.

C’est ainsi qu’elle a fait la connaissance de ce jeune homme, Vincent Van Eylen (31 ans), qui enseigne l’astrophysique au Mullard Space Science Laboratory de l’University College London (UCL).

Le journaliste ajoute avec fierté qu’elle est l’une des dix meilleures au monde, mais ça n’apporte rien au sujet qui nous occupe 😉

Vincent Van Eylen enseigne mais étudie aussi les planètes en dehors de notre système solaire, comme on peut le lire dans cette courte présentation sur le site de son université.

Il a déjà découvert une dizaine d’exoplanètes mais se consacre désormais plutôt à leur étude: leur composition chimique et leur « architecture », comme il l’explique dans la vidéo ci-dessous.

Pour ceux que ça intéresse:

X c’est l’inconnu

Vous savez quoi?

L’Adrienne n’a toujours pas écrit ses cartes de vœux.

Bonne année, bonne santé?

Elle ne sait pas quoi y mettre qui ait un peu plus de sens qu’abracadabra.

***

« Tout n’est pas encore perdu » dit l’inscription de la photo prise à Bruxelles le 7 août 2021 – oui, elle a déjà servi ici précédemment pour une krapoverie – mais il est douteux que la formule convienne à des cartes de nouvel an 😉