Stupeur et tremblements

Il y en a qui ne savent pas quoi faire pour créer le ‘buzz’ sur internet et il y en a qui ne savent pas comment ça se fait qu’ils l’ont créé.

Comme Sander Bauwens et ses plus de 180 millions de vues pour une vidéo de 2017.

Une vidéo où il ne se passe rien d’autre, pendant sept minutes et septante-quatre secondes (oui ici c’est la Belgique :-)) que faire passer des poussins, un à un, d’une cage à l’autre.

Et un titre tout aussi peu racoleur, big clean up of the cages

Bref, son auteur, dont le hobby est d’élever des poules, en est le premier étonné.

Surtout, dit-il, que la qualité de l’image est mauvaise, il a simplement filmé d’une main avec un vieux gsm 😉

Stupeur et tremblements

Il vient d’avoir douze ans et depuis sa première année primaire, il s’occupe de programmation grâce à Coderdojo.

Il réalise d’année en année de « petites » inventions: un petit robot qui vous prévient que vous n’avez pas bu assez d’eau dans la journée, un autre qui scanne la voiture pour s’assurer que vous n’y oubliez ni le chien, ni le bébé, celui qui prévient lorsqu’un enfant tombe à l’eau dans votre étang ou votre piscine, celui pour un ami diabétique, permettant de se débrouiller tout seul pour lire son taux de sucre. Et même un système de gestion des absences pour son école en temps de covid.

Bref, un petit garçon heureux et créatif, qui n’a qu’une envie, dit-il, inventer des choses utiles pour aider les gens.

Cette forme d’intelligence suscite évidemment la plus grande stupeur admirative chez l’Adrienne, pour qui le plus grand exploit technologique récent a été l’autre jour de réussir à ouvrir dans le bon ordre les deux robinets permettant de régler la pression de l’eau pour sa chaudière au gaz.
Et de se pincer le doigt jusqu’au sang.

Ci-dessous une autre vidéo de Mauro à ses débuts, il y a quatre ans, avec sa petite sœur dans le rôle de l’assistante pour démontrer sa première invention, une barrière électronique qui s’ouvre avec un badge.

« En ik heb het helemaal zelf geprogrammeerd« , je l’ai entièrement programmé seul, dit-il fièrement du haut de ses huit ans, en avril 2017.

On lui souhaite de pouvoir garder la science heureuse encore longtemps.

Stupeur et tremblements

Photo de John Guccione sur Pexels.com

Quatorze milliards de dollars.
Dépensés.
Uniquement pour la campagne électorale.

Il serait peut-être bon de ‘plafonner’ les montants qu’on peut donner à un parti et qu’il peut dépenser en vue des élections.

Parce qu’il y a tout de même de meilleures sources d’information pour le public que le raccourci des spots télévisés.

Et parce que même avec des montants plafonnés par la loi, comme c’est le cas en Belgique, on peut considérer que c’est encore de l’argent jeté.

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Pour ceux qui aiment les chiffres et les graphiques: tous les détails sur les dépenses par média, par État et par candidat ici.

Stupeur et tremblements

Promenade dans la commune bruxelloise d’Uccle, où de nombreux Français fortunés ont élu domicile ces dernières années. Jean-Luc Flémal/BELPRESS/MAXPPP

« Le blues des évadés fiscaux« , titrait le Figaro il y a une dizaine de jours.

Ces pauvres Français « exilés » dans les quartiers huppés de Bruxelles, Genève ou Londres, pour profiter des avantages que l’on sait, choix qu’ils ont décidé de faire en toute autonomie et qui ne les a entraînés qu’à une paire d’heures de Paris?

Où ils ont toujours le droit d’aller 183 jours par an?

Sans blague?

Payer mes impôts, dit un des interviewés, « exilé » à Genève, je le ressentais chaque fois comme un coup de couteau dans le dos.

Bel exemple de renversement des valeurs…

Si on veut rester poli, on dira qu’ils sont déconnectés de la réalité.

On peut aussi cesser d’être poli 😉

Stupeur et tremblements

devoir de Lakevio du Goût_58 .jpg

– Alors? Tout va bien?
– Oui, ça roule! Et toi?
– Comme sur des roulettes!
– Hahaha! Mais encore?
– Une mosaïque… vingt centimètres sur vingt, à peu près…
– Pfffiouuu! Pas mal!
– Et toi?
– Cette fois, je crois bien que c’est moi le gagnant… un petit cavalier de bronze. Deuxième siècle avant notre ère. Et en parfait état!
– Bravo, mes compliments!

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Entre 1944 et 1977, environ 44 000 objets ont été volés dans des églises, musées et sites archéologiques italiens. Il faut bien sûr y ajouter ceux qui ont été volés avant et après ces deux dates…

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Texte écrit pour le 58ème devoir de Lakevio du Goût – que je remercie:

Mais que diable se disent-ils? Mais que diable ont-ils vu? J’espère que nous aurons une idée d’ici lundi…

Stupeur et tremblements

Comme de nombreux autres « classiques de printemps », le tour des Flandres avait été reporté à l’automne.

Il a eu lieu dimanche dernier et passait bien évidemment devant la porte de l’Adrienne.

Jusque-là, rien de nouveau.

Mais deux ou trois semaines avant l’événement, elle a trouvé dans sa boîte aux lettres un carton émanant du parti d’extrême-droite flamand, l’invitant à accrocher un certain drapeau à sa fenêtre.

Et le même jour – ou était-ce le lendemain – la même injonction fleurissait sur les réseaux sociaux, cette fois de la part de l’autre parti flamand.

Les deux s’offrant bien sûr à fournir la chose gratuitement, sur simple demande.

Et bien voulez-vous que je vous dise?

L’Adrienne a pris peur.

Pendant des jours – et surtout des nuits – elle a eu des visions de rues pavoisées où seules quelques maisons – dont la sienne – ne seraient pas aux bonnes couleurs.

Elle a eu des visions d’Allemagne années trente et d’une certaine nuit de novembre.

Même si les spécialistes vous disent qu’il n’y a pas de comparaison possible.
On ne contrôle pas son ressenti.

Bref, elle s’est dit je ne reste pas ici, ceci n’est pas ma Flandre, je déménage.

Elle s’est mise à chercher les prix des maisons et appartements en Wallonie.

Puis le jour J est arrivé.

Dimanche 18 octobre.

Et sur toute la longueur de sa rue, l’Adrienne n’a vu qu’un seul drapeau.

Un seul.

D’un type qui ne répond jamais à son bonjour.
Pourtant elle lui dit goedendag avec l’accent qu’il faut 😉

Tout n’est donc pas perdu, s’est-elle dit.

Et elle a décidé de rester.

Stupeur et tremblements

Nous le regrettons amèrement, disent-ils avec cynisme sur leur site internet , cette destruction n’aurait pas pu avoir lieu et nous avons la ferme intention de changer nos pratiques:

« We deeply regret the events at Juukan Gorge and have unreservedly apologised to the Puutu Kunti Kurrama and Pinikura people (PKKP). The destruction of the rockshelters should not have happened, and we are absolutely committed to listening, learning and changing. »

Cynisme, dis-je, puisque la société minière Rio Tinto prévoit la destruction d’encore 124 autres sites aborigènes, comme on peut le lire ici, avec toute l’info en français.

Comment un outil réalisé en os de kangourou il y a 28 000 ans et un site habité depuis 46 000 ans pourraient-ils rivaliser avec les tonnes de minerai de fer et les dollars que cela rapporte?

On demande gentiment à deux ou trois responsables de se retirer et on continue son business:

«Un exemple frappant de l’absence de véritable prise de conscience du problème de fond, c’est que, comme chaque fois qu’un scandale survient, les hauts dirigeants remerciés vont néanmoins recevoir une indemnité conséquente consécutive à leur départ. M. Jacques, comme peut-être les deux autres hauts dirigeants en question, va, en toute logique, sortir de l’entreprise sans trop de casse, grâce à son «parachute doré» [… et Rio Tinto va] reprendre le cours normal de [ses] activités.» (source ici)

Photo et article ici.

Stupeur et tremblements

Il y a plus fort encore que la banane scotchée au mur et vendue à 120 000 dollars: c’est le musée des œuvres invisibles, le MONA, à New York (précision sans doute inutile ;-)).

Les visiteurs sont priés de lire le carton avec le nom ou la description de l’oeuvre, par exemple Red Square (2011), puis de regarder un mur nu, tout blanc, et de faire travailler leur imagination.

Comme pour cette autre oeuvre qui s’appelait « Fresh Air » et qui a été vendue (?) 10 000 dollars en 2011, l’année du lancement du « musée ».

Ce qui revient à dire que vous achetez l’air que vous respirez – qu’il soit frais ou non – et qu’un petit carton en est la preuve.

Bref, on dirait bien qu’avec l’oeuvre invisible, on a atteint le dernier stade d’une démarche artistique de l’immatérialité, entamée dans les années 1960.

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Si le but est de faire travailler l’imagination, se dit l’Adrienne, je préfère lire un livre 😉

Stupeur et tremblements

Déjà dans le « jardin d’avant », l’Adrienne s’efforçait de respecter au maximum le bien-être écologique: pas de pesticides, uniquement des engrais naturels, du compost, la rotation des cultures en quatre parcelles…

Avec des plans de jardinage de plus en plus compliqués au fil des ans s’il fallait aussi tenir compte des légumes qui apprécient la compagnie de certains autres ou au contraire la détestent. Ceux qui aiment la présence de tagètes ou de capucines. Ceux qui détestent les glaïeuls 😉 Mettre les rangs d’oignons à côté des carottes ou du persil, pas auprès des fèves, des pois ou des haricots…

Maintenant qu’elle n’a plus qu’un petit jardin de ville, la situation est différente. Mais la volonté de respecter la nature est toujours intacte.

Alors l’idée lui est venue de se lancer dans la permaculture.

Il existe de nombreux tutoriels sur le sujet et des tas de vidéos pour aider pas à pas ceux qui sont désireux de « monter une planche » pour y cultiver des fraisiers ou des tomates. Mais s’il s’agit du concept total pour le jardin, il vaut mieux faire appel à un spécialiste.

L’Adrienne en a trouvé un pas loin de chez elle et l’a contacté pour lui expliquer son souhait et sa situation.

– Je vous recontacte dès la fin du confinement, lui a-t-il répondu.

De sorte que début juillet, elle a reçu une offre.

Le spécialiste s’occuperait de faire son plan de jardin et proposait un premier rendez-vous pour en discuter, prendre les mesures, vérifier l’ensoleillement etc.

Mais là où l’Adrienne a failli tomber à la renverse, c’est en voyant le prix de ce premier rendez-vous, au bas du feuillet:

Le prix de cette visite et de la rédaction du rapport de visite s’élève à 450 EUR HTVA, soit 544,50 EUR TVAC, dont 50% seront payés à la signature de la présente offre pour accord et dont le solde sera dû à la remise du rapport de visite.
Deux fois.
Deux fois elle l’a lu et relu, espérant qu’il y avait un zéro en trop.
Une fois la stupeur passée, elle a poliment répondu au spécialiste que si déjà la première visite coûtait plus de cinq cents euro, elle se rendait bien compte que la permaculture n’était pas faite pour un budget comme le sien.
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les photos ci-dessus sont du « jardin d’avant », sauf les deux premières avec la mâche, les tomates cerises et les figues, qui sont du jardin actuel.

Stupeur et tremblements

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En quelques endroits du pays, une école primaire ou maternelle à peine rouverte depuis le 8 juin a déjà dû renvoyer tous les enfants dans leur foyer.

Après détection d’un élève présentant l’un ou l’autre symptôme.

Mais il ne faut pas s’inquiéter, c’est une simple mesure de précaution et de toute façon, la contamination est venue de l’extérieur, pas de l’école.

Rassurant, en effet!

Chaque soir de la semaine, une émission consacrée à l’actualité débrouille pour nous l’écheveau des destinations de vacances possibles. Avec l’expert pour rassurer le consommateur et le remettre dans l’avion à destination de la Grèce: on y sera au coude à coude mais l’air est renouvelé en permanence et les filtres sont si performants qu’ils ne laissent passer aucun virus.

C’est formidable!

Si le coude à coude dans l’avion pendant une paire d’heures ne pose aucun problème, demandent quelques anciens élèves actifs dans le secteur culturel, pourquoi n’a-t-on pas pu rouvrir les salles de spectacle, alors qu’elles ont tout adapté en fonction d’une distanciation garantie d’un mètre et demi?

Il est trop tôt pour prendre l’avion, dit une autre experte.

Ik ben ongerust dat dit alles tot doel heeft om zo snel mogelijk terug te keren naar een maatschappij die als ‘normaal‘ beschouwd wordt. Ik maakte me namelijk, eerlijk gezegd, vóór de coronacrisis al wat zorgen over deze maatschappij.

Je m’inquiète (écrit une psychiatre dans une lettre ouverte du 12 juin) que tout soit mis en oeuvre pour un retour rapide ‘à la normale’. En réalité, je m’inquiétais déjà avant la crise du corona, de ce qu’était l’état ‘normal’ de notre société.

Et c’est ainsi que les jours se succèdent avec leur lot infini de stupeurs et de tremblements…

***

sur les réseaux sociaux fleurissent des dessins comme celui en illustration, où on se demande pourquoi les salles de concert ne sont pas accessibles alors que les avions peuvent voler avec chaque siège occupé.