B comme Bruno

Si dans votre G**gl* France vous tapotez Bruno, on vous proposera d’abord Mars, Guillon et Fernandes – l’Adrienne ne connaît aucun des trois, c’est dire si elle est à la page – et en quatrième position celui qui vous intéresse: Bruno Latour.

En effet, hier c’était la fête annuelle de l’Alma Mater chère au cœur de l’Adrienne et à cette occasion a lieu, normalement, la réception des nouveaux doctores honoris causa, parmi lesquels cette année il y avait donc ce philosophe, sociologue et ethnologue français.

Cette année bien sûr tout est ‘virtuel’ et à distance mais si ça vous intéresse, le point de départ est .

Pour ceux qui préfèrent juste écouter, il y a ces 33 minutes de France Culture du 25 janvier dernier.

F comme formidable!

Biobest

C’est hier seulement que l’Adrienne a pris le temps de lire son journal du 3 décembre pour y trouver cette merveilleuse et rassurante nouvelle: une entreprise originaire de la Campine est leader mondial dans ‘l’élevage’ des insectes utiles.

Des milliards d’insectes par an qui sortent de leurs serres ou chambres climatisées pour être utilisés dans la lutte contre les pucerons, pour polliniser des cultures, ou pour d’autres choses encore comme on peut le lire ici.

Or, en choisissant d’utiliser des insectes, on fait coup double, puisque dans ce cas on s’interdit forcément les traitements chimiques qui les tueraient.

Une entreprise créée en 1987 par un vétérinaire campinois qui au début ‘produisait’ uniquement des bourdons, principalement pour la pollinisation des plants de tomates: grâce aux bourdons, la production augmentait de 40%.

On comprend que c’est exactement ce genre d’argument qui convainc les producteurs 😉

Bref, voilà une lecture qui fait du bien.

O comme odorat

En ces temps un peu particuliers, certaines choses prennent une importance… particulière!

Ainsi par exemple, le moment où on ouvre le paquet de café, chaque matin, et où on met le nez dedans, pour en inspirer goulûment les effluves…

et se dire que tout va bien, on a encore un odorat en parfait état de fonctionnement 🙂

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Une étude a révélé que les troubles du goût touchent 88 % des personnes infectées et 86% présentent des troubles de l’odorat, comme on peut le lire ici. Où on explique que la cortisone pourrait être un traitement efficace.

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je vous ai remis la photo de la dernière expérience cappuccino, depuis je ne l’ai plus retentée 😉

Stupeur et tremblements

« Les particules fines nous rendent plus bêtes », Fijn stof maakt ons dommer, titrait le journal de mercredi dernier, suite à des études prouvant leur impact sur les prestations du cerveau.

Des chercheurs des universités de Maastricht et de Bonn ont mesuré leur effet sur des joueurs d’échecs:

Voor elke bijkomende 10 microgram per kub steeg het aantal zware fouten met bijna 10 procent. Onder tijdsdruk was de impact van fijn stof nog ­nefaster. CO2 en temperatuur hadden geen effect op de foutenlast.

Pour chaque augmentation de 10 microgrammes de particules fines par mètre cube, le taux de fautes graves augmentait de près de 10 pour cent. Sous la pression du temps, cet impact était encore plus néfaste. Le taux de CO2 ou la température n’avaient aucun effet.

Les mêmes influences ont été notées dans d’autres études, comme les erreurs de l’arbitre (étude réalisée aux USA) ou les résultats des examens de fin d’études secondaires (étude réalisée en Israël). Un chercheur de l’université de Hasselt/KULouvain était déjà arrivé aux mêmes conclusions en 2016 avec des enfants de l’école primaire.

La plus mauvaise nouvelle est que si les effets sont réversibles sur le court terme, ils deviennent un véritable problème si on y est exposés de manière plus continue, réduisant par exemple les capacités cognitives des enfants.

Voilà qui devrait nous motiver à attaquer le problème, qui ne concerne donc pas seulement les affections pulmonaires ou les maladies cardio-vasculaires, mais aussi notre cerveau.   

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article et source de l’image ici (copyright Rhonald Blommestijn) – un autre article ici.

K comme Kénya

Depuis fin mars, les scientifiques se disputent au sujet de la faille énorme apparue dans le paysage kényan. Est-elle due au mouvement des plaques tectoniques ou aux fortes pluies? 

Ce que l’Adrienne aimerait plutôt savoir, c’est si Eliud Njoroge Mbugua et sa femme ont trouvé à se reloger. Et comment les villageois, qui travaillent cette terre, pourront continuer à y vivre. A en vivre.

Mais ce qui intéresse les journalistes, c’est de savoir dans combien de millions d’années il y aura un continent de plus, et si la circulation est rétablie sur l’autoroute de Nairobi.

kenya

source de la photo: https://www.instagram.com/p/Bgfhdr8DJS6/?taken-at=886210120https://www.instagram.com/p/Bgfhdr8DJS6/?taken-at=886210120

article Le Parisien sur la discussion entre scientifiques ici

F comme Ferrari

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Vous aviez vingt-trois ans et c’est là, sur cet îlot désolé où ne pousse aucune fleur, qu’il vous fut donné pour la première fois de regarder par-dessus l’épaule de Dieu. Il n’y eut pas de miracle, bien sûr, ni même, en vérité, rien qui ressemblât de près ou de loin à l’épaule de Dieu, mais pour rendre compte de ce qui s’est passé cette nuit-là, nous n’avons le choix, nul ne le sait mieux que vous, qu’entre une métaphore et le silence. Pour vous, ce fut d’abord le silence, et l’éblouissement d’un vertige plus précieux que le bonheur. 

Jérôme Ferrari, Le Principe, éd. Actes Sud, 2015, page 11 (incipit) 

Ainsi s’adresse le narrateur au physicien allemand Werner Heisenberg (1901-1976), un des « pères de la mécanique quantique », celui qui a élaboré le « principe d’incertitude« , jeune homme de génie dont il retrace scrupuleusement le parcours de ses vingt-trois à ses quarante-trois ans. Parallèlement, on apprend aussi peu à peu des éléments sur la vie du narrateur, et comment elle est liée à celle du savant allemand. 

Passé et présent sont étonnamment semblables, toujours il y a les mêmes choix de vie à faire: rester ou partir? accepter ou refuser les évolutions politiques, les guerres, les exclusions? Seule la « supériorité de l’âge » permet de savoir quel choix aurait été le bon: pour celui qui est en plein dans les évènements, il est impossible d’en prévoir l’issue ou les conséquences. Celui qui est dans les évènements, comme Heisenberg dans l’Allemagne des années vingt et trente, peut s’illusionner, penser que cette folie s’arrêtera. Le jeune homme de 2009 sait quels choix il aurait fallu faire en 1929, en 1933. 

Rien n’est simple, ni tout blanc ni tout noir, qu’on soit un jeune physicien de génie lors de la montée du nazisme ou un jeune homme au tournant de notre siècle, entre actions indépendantistes corses, invasion du Koweït et écroulement des marchés financiers. 

Une sorte de roman sur la perte de l’innocence, illustrée par vingt années cruciales dans la vie d’un des scientifiques qui ont permis l’invention de la bombe atomique. 

« Ils ne peuvent cependant oublier qu’Oppenheimer, malgré son penchant regrettable pour les formules sentencieuses, a parfaitement raison: les physiciens ont connu le péché, un péché bien trop grand pour eux. 

Ils ont chuté, d’un seul coup, tous ensemble. » 

Jérôme Ferrari, Le Principe, éd. Actes Sud, 2015, page 141

Un très beau roman, même lisible pour quelqu’un comme moi qui n’ai pas fait maths sup cool  

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photo, info et lecture des premières pages sur le site des éditions Actes Sud

20 miracles de la nature (8)

La bière des étoiles, c’est la trappist. 

Pourquoi? 

Parce que le télescope est belge et tant qu’à lui fabriquer un nom qui est un acronyme, pourquoi pas un acronyme qui fait sens … et qui a une forte connotation belge? TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope, vous voyez quelles lettres ont été choisies dans ce tas? Vous voyez où il a fallu pêcher un I? 

Parce que c’est l’équipe belge qui a découvert les exoplanètes, avec leur télescope trappist (LOL), on les a appelées Trappist-1. De 1-a à 1-g. 

L’article de l’université de Liège ici 

Comme les Belges sont des petits comiques, leur projet suivant est baptisé Spéculoos. 

Et oui, c’est aussi un acronyme. Ça vient de Search for habitable Planets ECLipsing ULtra-cOOl Stars

La conférence donnée à Liège en avril dernier est ici, la page de l’astronome liégeois, Michaël Gillon, est ici et son parcours ici 

actualité,belge,belgique,nature

source de la photo (ULg)

 

 

Stupeur et tremblements

Ce ne sont pas les causes de « stupeur et tremblements » qui manquent, même pour quelqu’un qui suit l’actualité de très très loin. Le triste soap-opera Hillary Trump à lui seul pourrait remplir la rubrique pendant de nombreux mois. 

Mais il y a aussi les faits divers, comme cette nouvelle qui m’est parvenue le 11 octobre. 

Une femme « de chez nous », âgée de 90 ans a déboursé environ 50 000 € pour être « cryogénée« . 

Le premier moment de stupeur passé, les questions se bousculent…  

Ne pouvait-elle rien faire de mieux avec ces 50 000 €?
Quelle sorte de foi (en l’homme, en la science, en l’avenir…) faut-il avoir pour être tenté(e) par ce genre de procédé de conservation du corps?
Quelle sorte de résurrection attend-elle, dans son corps de femme de 90 ans?
Quelle sorte de vie espère-t-elle pouvoir mener, quand, où, avec qui, dans quelle sorte de monde? 

En allant voir à gauche et à droite quelques articles sur le sujet, je me dis que vraiment, les Anciens avaient raison: Mundus vult decipi, le monde veut être trompé. 

Il y a toujours quelqu’un qui en tirera profit, comme cet entrepreneur de pompes funèbres qui a eu l’honneur de préparer le corps et l’explique avec sérieux devant les caméras de la télévision flamande: rinçages, vitrification, six cents kilos de neige carbonique pour amener le corps à -80°, transport spécial jusqu’à Michigan, refroidissement supplémentaire et conservation à -196°, étonnez-vous après ça qu’on ait besoin de quatre planètes et demie pour subvenir à nos insensés besoins… 

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source


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C comme cheveu

“J’ai commencé à écrire une scène où une astronaute se brosse les cheveux le matin du départ.

   C’est plus important qu’on ne pense, les cheveux.

   J’ai lu, il y a quelques semaines, que c’est grâce à ses cheveux, très bien conservés, et longs d’une vingtaine de centimètres, qu’on avait pu raconter l’histoire des dernières années d’une jeune femme préhistorique découverte dans le petit village danois d’Egtved.

   L’analyse chimique des cheveux, ai-je appris, permet, grâce à ce qu’on appelle des techniques de traçage, de révéler la mobilité d’un individu. Voici comment on procède : on divise le cheveu en plusieurs segments, et on dose pour chacun de ces segments le niveau de strontium, de carbone, de nitrogène, de protéines, etc., puis on examine les variations (ou la stabilité des constantes) d’un segment à l’autre. On compare le dosage de chaque segment avec ce qu’on sait de la géologie, en particulier, et, en gros, l’affaire est faite, on devient capable de vous donner l’emploi du temps du propriétaire des cheveux, de vous énumérer ses déplacements les plus récents. En l’occurrence, disait l’étonnant biographe, un voyage, depuis la Forêt-Noire vers le Danemark, où madame aurait passé neuf mois, puis un retour vers sa région natale (cette fois, pour un séjour de quatre à six mois), puis un retour au Danemark – madame circulait pas mal, mais il paraît que de tels voyages n’étaient pas rares à l’époque (je vous parle de ça, c’était l’âge du bronze).

   Plus besoin même d’archives, pour écrire la vie de ceux qui nous ont précédés : il suffira désormais d’un cheveu, qu’on décryptera dans l’ordre, de l’extrémité jusqu’à la racine, comme le témoin tranquille d’une existence linéaire. Vos cheveux sont comme un journal de vos jours, que n’importe quel savant peut venir lire, se penchant sur vos voyages, détaillant vos menus, décrivant les paysages que vous avez traversés.”

Christine Montalbetti, “Les Astronautes”, in L’Humanité, jeudi 2 juillet 2015, citée par Philippe Didion dans ses Notules dominicales de culture domestique 713 (19 juin 2016)

actualité,littérature,coiffeur

salon de coiffure ostendais – photo prise en décembre 2015